Ces reproches ignorent deux faits majeurs. D’abord, ces entreprises s’inscrivent dans les règles de marché qu’elles ne contestent en rien, dit autrement, elles fonctionnent «dans le capitalisme». Ensuite, elles répondent d’une logique économique qui leur est propre : sociétés de personnes, elles ont pour priorité le service et la création de valeur pour leurs clients. Territoriales ou sectorielles, elles sont attachées au développement de leur marché dans la longue durée. Administrées par leurs clients sociétaires, elles ont le souci d’investir pour leur être utiles et pour valoriser leur patrimoine commun.
Utilité aux sociétaires, développement du territoire, vocation à durer, sont bien les fondamentaux qui influencent leurs façons de faire et de gérer, et qui déterminent leur style particulier d’entreprises. Mais il est clair que ces fondamentaux ne peuvent s’exprimer réellement et durablement que si ces entreprises ont la capacité d’agir avec suffisamment d’autonomie et d’initiative. D’où l’attachement fort de leurs dirigeants à la responsabilité et à la diversité des initiatives, donc au fonctionnement décentralisé de leurs organisations. Certes, ce modèle d’entreprise a des limites. Mais on ne peut passer sous silence ses avantages concurrentiels, notamment ceux de susciter l’innovation, de s’adapter au marché et ses particularités locales, de responsabiliser les décideurs à de nombreux niveaux. Au total, il n’est pas surprenant que ce modèle permette un niveau élevé de motivation des dirigeants et des managers.
Dans un monde où l’économie est mondiale, où les citoyens considèrent les entreprises comme de plus en plus lointaines tout en attendant d’elles qu’elles assument de nouvelles responsabilités, où la préoccupation du durable, et plus généralement du futur, est plus présente, les entreprises coopératives apportent des réponses à la fois par leurs priorités et par leurs pratiques. Encore faut-il qu’elles soient conscientes de ces atouts pour les cultiver, et qu’elles osent rompre avec une longue tradition de discrétion pour les faire connaître. C’est justement le sens des nouvelles ambitions de nos Caisses régionales, et c’est d’ailleurs à l’initiative d’une d’elles, de Pyrénées Gascogne justement, qu’un premier colloque mutualiste s’est tenu en région, à Pau, le 15 décembre 2006.
Dans le monde de l’économie de marché où nous vivons, le mutualisme est pour ainsi dire un élément de «biodiversité», notamment par sa capacité à gérer des registres différents de préoccupations et d’horizons temporels. C’est un modèle différent, mais ce n’est pas un modèle figé. Il a su et il sait intégrer des outils et des éléments venus d’entreprises typiquement capitalistes ou de la société civile. Il sait entendre les critiques, y répondre en se réformant, si nécessaire. Il n’est pas fermé aux «métissages», le mot « mutualisme » signifiant d’ailleurs, dans son sens originel, biologique, le bénéfice tiré de la coopération de deux organismes. Il est différent. Devrait-il pour cela rougir de ses succès ? Devrait-il renier ses raisons d’être spécifiques ? Devrait-il pour cela arrêter son développement ?
Les Caisses locales de Pyrénées Gascogne tiennent en ce moment leurs assemblées générales. Les cadres de direction, les administrateurs, vont aller au devant de centaines de sociétaires. René Carron, président de Crédit agricole S.A. sera avec nous pour l’Assemblée générale de notre Caisse régionale, début avril à Tarbes. Le mutualisme, c’est aussi ça !



Bonjour,
Aujourdhui, un candidat béarnais à la présidence de la république a dit :
“Je voudrais également souligner l’apport, à notre société, de l’économie solidaire, des mutuelles, des coopératives. Voilà un modèle coopératif qui a une longue histoire et que nous voulons défendre pour aujourd’hui et pour demain.
Il y a dans ce modèle une visée humaniste et responsable, un ancrage territorial qui nous paraît à encourager.
Ce n’est pas un modèle qui appartient au passé : c’est un modèle qui appartient à l’avenir.”
Keep up the good work.