D’abord, pour toute société comme pour toute famille, le capital garantit un certaine sécurité, une pérennité. Il est à la fois assurance et héritage. Il est condition pour durer, ce qui est justement une des premières vocations de l’entreprise coopérative : offrir l’usufruit de ses services au delà des générations. Elles a pour cela besoin de capital, ce qui explique que le premier acte du coopérateur (du sociétaire) consiste justement à en souscrire des parts.
Elle est également tournée vers le développement, viscéralement, génétiquement, naturellement (choisissez l’adverbe qui vous convient), puisque son ambition est de servir le plus possible de clients, de leur offrir le plus de services possibles, sur le plus grand nombre de marchés et de territoires. Et ce tempérament un peu “conquérant” nécessite d’investir, d’innover, d’anticiper, de grandir, ce qui demande beaucoup de capitaux.
Constatez que si elle verse des intérêts aux parts de capital (parts sociales), la coopérative ne distribue pas ses bénéfices comme le fait la société par actions au moyen des dividendes versés à ses actionnaires, et vous conviendrez que la coopérative est en quelque sorte programmée pour accumuler du capital.
Comme l’accès aux marchés boursiers lui est fermé, sauf si à l’instar du Crédit agricole elle s’est dotée d’une société cotée, et comme ses associés ne sont le plus souvent ni disposés ni capables de lui apporter tous les capitaux qui lui sont nécessaires, elle est particulièrement vigilante au bénéfice. C’est lui qui fait le résultat conservé qui abonde son capital.
Dès lors, qui peut prétendre que les coopératives ne devraient pas rechercher le profit, alors qu’il constitue justement leur meilleur moyen de développer leurs services sur la durée ?





bonjour,
A lire en complément l’article de JP Betbeze dans l’AGEFI Hebdo “Actionnaires actifs ou nocifs ?”. On y voit comment, dans des cas certes extrêmes, le dividende d’une société de capitaux est utilisé comme instrument de démantèlement du capital.