jeudi 28 juin 2007

Le lecteur, le journaliste et le financier

La presse économique est en effervescence depuis l’annonce par le Groupe LVMH de l’ouverture de négociations avec le Groupe PEARSON dans le but d’acquérir le journal « Les Echos ». Que l’un des plus puissants groupes français souhaite investir dans un journal comme « les Echos » devrait, a priori, nous réjouir. C’est en effet le gage d’une certaine sécurité financière fournie à une entreprise de presse dont, par nature, les équilibres financiers sont toujours fragiles. C’est apporter les capitaux nécessaires aux investissements importants que doivent engager les organes de presse traditionnels face à la montée en puissance d’internet. Une telle opération assure, à cet égard, la pérennité d’un groupe de presse écrite qui reste irremplaçable par la qualité et la richesse de son contenu, quel que soit d’ailleurs son mode de diffusion : papier ou internet.
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Une fois cette première analyse faite, il faut tout de suite se poser la question du risque que cette éventuelle acquisition engendre. Il s’agit bien sûr de la perte d’indépendance potentielle des journalistes compte tenu de l’influence que peut exercer l’actionnaire majoritaire sur l’équipe rédactionnelle. Ce risque est d’autant plus grand que ce dernier n’a pas la presse pour cœur de métier. La tentation peut donc être importante de se servir du média pour en faire plus ou moins un organe de communication favorisant ses propres intérêts. Il ne faut cependant pas engager, a priori, un procès d’intention à l’égard du Groupe LVMH. Sa participation actuelle au capital du journal « La Tribune » n’a, jusqu’à présent, pas occasionné de polémique sur la perte d’indépendance de ses rédacteurs.
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Il est clair, cependant, que ce qui fait le succès d’un journal économique c’est la crédibilité des informations qu’il communique. Cette crédibilité se fonde sur l’objectivité et l’éthique de l’équipe rédactionnelle. Cette éthique, qui doit être partagée à la fois par les actionnaires et par les journalistes, va de soi mais, au-delà de la simple déclaration d’intention, peut-elle être garantie par les structures juridiques classiques qui sous-tendent les sociétés de presse ?
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Le modèle coopératif pourrait être une réponse à cette question. Finalement l’éthique rédactionnelle peut être sauvegardée si le mode de gouvernance préserve un bon équilibre entre le lecteur, le journaliste et le financier. Cet équilibre pourrait être obtenu par l’organisation de la société d’exploitation du journal sous forme d’une coopérative de production dont le capital serait détenu pour partie par une coopérative regroupant des « lecteurs-sociétaires », pour une autre partie par une autre coopérative regroupant les « rédacteurs-sociétaires » et enfin par une troisième partie regroupant les parts détenues par la société des apporteurs de capitaux. Le principe de partage du pouvoir selon la règle « un homme, une voix » garantirait alors un bon équilibre entre les trois acteurs et ce quelle que soit la part de capital détenue par la société des actionnaires, qui, normalement, devrait être beaucoup plus importante que celles détenues respectivement par la société des lecteurs et la société des rédacteurs. Une telle équité devrait favoriser une véritable démocratie de fonctionnement, préserver l’indépendance des journalistes, assurer une juste rémunération des apporteurs de capitaux et au total garantir la qualité de l’information produite et donc le succès commercial du journal.

dimanche 24 juin 2007

Capteurs

Nous rencontrons souvent des difficultés pour parler de nos organisations coopératives. Peut-être aimons-nous trop le terrain des idées, des théories, des idéologies ? Pourtant, nous serions mieux compris en parlant simple, concret, factuel. En parlant des preuves et pas seulement des promesses… Car si les promesses mettent en appétit, nous savons bien qu’il faut de preuves pour convaincre.

Une des preuves de la volonté mutualiste, de la promesse coopérative, c’est par exemple l’écoute active des hommes et des femmes. Ceux qui vivent autour de nous pour connaître le territoire que nous servons, ceux qui vivent loin pour comprendre le Monde et ses changements qui s’imposent à nous et à nos clients. L’écoute des clients, d’abord, toujours, sinon comment prétendrions-nous leur être utiles ? Et c’est justement la raison d’être des Caisses locales et la fonction première des administrateurs que d’assurer cette écoute. L’écoute de ceux qui travaillent dans l’entreprise, à la fois acteurs et témoins de ce qui change ici et ailleurs.

La première preuve coopérative c’est cette écoute, cette attention permanente aux changements de la société et aux attentes collectives et individuelles de ceux que nous avons l’ambition de bien accompagner dans leurs trajectoires de vie. Pour cela, nous disposons de «capteurs». Les oreilles en font partie, les médias aussi. Mais n'oublions pas les outils comme les enquêtes clients, les questions aux internautes, les adresses de courriels qui permettent d’exprimer facilement des critiques ou suggestions, et des blogs, comme celui-ci, comme les autres…

Jamais le monde n’a changé aussi vite, et jamais nous n’avons eu autant besoin de nous écouter. En même temps, jamais l’homme n’a disposé d’outils aussi efficaces pour communiquer. Les organisations coopératives, décentralisées, proches des personnes, ont cet avantage énorme d’être justement organisées pour bien écouter. Elles le feront d’autant mieux qu’elles utiliseront les nouveaux outils de communication. Elles ont là matière à donner de nouvelles preuves

mercredi 20 juin 2007

Le "capital-investissement" peut-il être mutualiste ?


OFIVALMO, la société de gestion d’actifs, filiale des mutuelles MACIF, MATMUT, MAAF, MAIF et Mutualité Française vient de réaliser une levée de fonds en Bourse en procédant à une augmentation de capital d’une structure cotée dénommée « OFI Private Equity Capital ». Cette opération vise à donner à cette entité les moyens d’investir dans le capital d’entreprises non cotées, en recherche de capitaux pour financer leur développement. Elle a également pour objectif de fournir, à des investisseurs institutionnels ou privés, une nouvelle classe d’actifs de plus en plus recherchée pour les rendements qu’elle promet.
Paradoxalement, cette opération de « pivate equity » (capital-investissement) coté, qui n’a en soi rien de mutualiste, a été réalisée par une entité issue du monde des assureurs mutualistes. Cela donne donc l’occasion de s’interroger sur les caractéristiques que devrait présenter un véhicule, mutualiste cette fois-ci, d’investissement de cette nature.
Tout d’abord, une telle structure devrait adopter le statut coopératif, une « coopérative d’investissement » en quelque sorte, assorti des particularités propres aux coopératives avec en particulier un mode de gouvernance fondé sur le règle « un homme, une voix ». Son objet, étant sans doute de favoriser le développement économique du territoire de vie des sociétaires, son domaine d’intervention pourrait être limité au plan géographique à un département ou à une région. De ce point de vue, cette coopérative d’investissement s’apparenterait aux supports d’investissement créés récemment : les Fonds d’Investissement de Proximité (F.I.P.). Pour que ces « coopératives d’investissement » puissent opérer dans des conditions équitables de concurrence, il faudrait également qu’elles puissent bénéficier des mêmes avantages fiscaux que ceux accordés aux F.I.P. ou aux Fonds Commun de Placement dans l’Innovation (F.C.P.I.). Le principal obstacle à lever pour assurer le développement de telles structures pourrait être leur capacité à lever des fonds en volume suffisant pour pouvoir répondre aux besoins des entreprises bénéficiaires mais aussi pour autoriser une diversification suffisante des risques associés aux investissements. Des solutions originales sont sans doute à imaginer mais des instruments financiers de capitaux ou de dettes, adaptés aux structures coopératives existent. Un autre point à préciser concernerait la distribution des résultats de telles entités. Les parts sociales ne sont pas réévaluées au fur et à mesure de l’augmentation de l’actif net de la coopérative, les profits dégagés devraient être répartis entre la part distribuée et celle conservée sous forme de réserves, nécessairement significative pour consolider, au fil du temps, les fonds propres de telles structures et autoriser de nouveaux investissements.
On voit bien que de telles structures nécessiteraient, de la part de leurs sociétaires un « affectio societatis » fondé non pas sur une logique de prise de profit à court terme mais bien plus sur la contribution au développement économique à moyen et long terme de leur territoire.
A notre connaissance de telles entités n’existent pas. Certes les obstacles à lever au plan financier, juridique et fiscal, pour les mettre sur pied, ne sont pas minces.
Faut-il, pour autant en écarter immédiatement l’idée ? Leur intervention pourrait avoir du sens pour favoriser un développement économique territorial et décentralisé.

mardi 19 juin 2007

Le Capital

Peut-être considérez-vous qu'une société de capitaux est très attachée au... capital, bien plus en tous cas qu'une société de personnes, comme la coopérative. Ce n'est pourtant pas aussi évident qu'il y parait. En fait, l'une et l'autre sont très attachées au capital, mais chacune pour des raisons et selon des modalités différentes.

D'abord, pour toute société comme pour toute famille, le capital garantit un certaine sécurité, une pérennité. Il est à la fois assurance et héritage. Il est condition pour durer, ce qui est justement une des premières vocations de l'entreprise coopérative : offrir l'usufruit de ses services au delà des générations. Elles a pour cela besoin de capital, ce qui explique que le premier acte du coopérateur (du sociétaire) consiste justement à en souscrire des parts.

Elle est également tournée vers le développement, viscéralement, génétiquement, naturellement (choisissez l'adverbe qui vous convient), puisque son ambition est de servir le plus possible de clients, de leur offrir le plus de services possibles, sur le plus grand nombre de marchés et de territoires. Et ce tempérament un peu "conquérant" nécessite d'investir, d'innover, d'anticiper, de grandir, ce qui demande beaucoup de capitaux.

Constatez que si elle verse des intérêts aux parts de capital (parts sociales), la coopérative ne distribue pas ses bénéfices comme le fait la société par actions au moyen des dividendes versés à ses actionnaires, et vous conviendrez que la coopérative est en quelque sorte programmée pour accumuler du capital.

Comme l'accès aux marchés boursiers lui est fermé, sauf si à l'instar du Crédit agricole elle s'est dotée d'une société cotée, et comme ses associés ne sont le plus souvent ni disposés ni capables de lui apporter tous les capitaux qui lui sont nécessaires, elle est particulièrement vigilante au bénéfice. C'est lui qui fait le résultat conservé qui abonde son capital.
Dès lors, qui peut prétendre que les coopératives ne devraient pas rechercher le profit, alors qu'il constitue justement leur meilleur moyen de développer leurs services sur la durée ?

samedi 16 juin 2007

Le "Web 2.0" est-il mutualiste ?


Si à l’échelle de l’histoire de la Terre l’Homme traverse l’ère quaternaire, au plan de la très contemporaine histoire de l’informatique, nous en sommes déjà au tertiaire. Après l’époque de la domination des constructeurs d’ordinateurs, dont IBM fut sans doute le représentant le plus emblématique, vint l’ère secondaire de la suprématie des fournisseurs de logiciels. Cette époque fut et est encore celle de la domination de MICROSOFT, mais, à l’instar d’IBM qui a vu son étoile pâlir sous l’effet de la formidable diffusion des micro-ordinateurs et des serveurs, celle de MICROSOFT perd de son éclat du fait de la très forte concurrence des fournisseurs d’accès aux données. Cette troisième ère de l’informatique est aujourd’hui celle de la prééminence de GOOGLE. A l’image de la coexistence, pendant une certaine période, de l’homme de Neanderthal et de l’homme de Cro-Magnon, il y a fort à parier, sauf à ce que MICROSOFT change totalement son modèle économique, que GOOGLE l’emportera dans cette âpre « struggle for life ». GOOGLE est un des principaux acteurs de ce que l’on appelle aujourd’hui le « Web 2.0 ». De quoi s'agit-il ? Ce teme désigne non pas un standard technique, mais plutôt un ensemble de caractéristiques d’utilisation de technologies existantes. Ce phénomène a été largement favorisé par la généralisation du haut-débit qui facilite la diffusion instantanée, par un même canal, de l'écrit, de l’image, du son, le tout autorisant une parfaite interactivité.

Quelles sont les caractéristiques de ce nouveau monde virtuel ?

La première d’entre elles est une forme d’idéalisme qui comprend au moins deux aspects. D’une part, un idéal de partage du savoir, celui-ci étant accessible d’un simple clic depuis n’importe quel PC connecté dans le monde. C’est d’ailleurs cette formidable puissance d’accès aux données, qui a fait le succès de GOOGLE.
D’autre part, un idéal de vie en communauté dans une cité idéale ou autour de passions communes. Second Life n’est-il pas l’avatar de la cité idéale dont auraient rêvé, au XIXème, les fondateurs de l’économie coopérative et mutualiste, un territoire à construire en coopération, où l’entraide est une pratique largement partagée ?


La deuxième caractéristique concerne la contribution au contenu dont une des formes est concrétisée par l’application GOOGLE Desktop qui permet, dans une totale transparence, comme pour un site internet « classique » d’adresser tous les fichiers personnels de son ordinateur et de les rendre accessibles à tous les internautes. Les BLOGS constituent une autre forme de contribution au contenu de ce savoir universel au même titre qu'un site de partage de photos et de vidéos comme YouTube. WIKIPEDIA, l’encyclopédie à laquelle chaque internaute peut contribuer en amendant ou complétant les différents articles, en est un autre exemple. Cette contribution au contenu peut également concerner des biens matériels. Le site d’enchères E-Bay en est la parfaite illustration. Tout ceci s'opère dans un esprit totalement démocratique fondé sur l’idée selon laquelle la coopération et l’intelligence collective permettent de « déplacer des montagnes ». Le réseau internet tirera donc tout son potentiel du réseau humain formé par les utilisateurs. Au réseau technique doit se superposer un réseau humain et ce réseau humain doit participer à l’élaboration de son contenu. La technique est au service de l’homme pour le développement de ce dernier. En quelque sorte, le « Web 2.0 » contient sans doute une dimension humaniste.

Idéalisme, partage, coopération, contribution, démocratie, humanisme... cela vous rappelle quelque chose... Vous avez dit mutualisme ?

mercredi 13 juin 2007

La banque en fusion

Quelle mouche a piqué M. BOUTON ? L’annonce, vendredi dernier, par le PDG de la Société Générale, du mandat confié à deux banques conseils en vue d’étudier les conditions d’une OPA amicale ou hostile sur BNPP a fait l’effet d’une bombe dans le monde de la finance. A première vue, la pertinence de ce rapprochement ne semble pas évidente. En effet, il apparaît peu générateur de complémentarités, tout du moins en France, où les deux établissements se sont développés, avec succès, sur les mêmes métiers et auprès de clientèles de même nature. La complémentarité ressort davantage à l’international où la « Générale » affiche un positionnement intéressant dans les pays de l’Est et où BNPP a pris une place significative aux Etats-Unis. De plus, selon une première analyse, un tel rapprochement pourrait générer un peu plus de 2 milliards d’euros de synergies. Gageons donc que les dirigeants de « SOCGEN » n’ont pas lancé ce pavé dans la mare à la légère et sans avoir pesé tous les avantages et inconvénients à en attendre. Il est vrai qu’ils se devaient de réagir, après l’opération manquée en Italie avec UniCrédit. En outre, pour avoir été présentée de longue date, comme une cible potentielle, il est de bonne guerre, que, pour une fois, la proie passe à l’offensive. Une telle opération pourrait également constituer une protection efficace contre les appétits des grandes banques américaines dont le niveau de capitalisation boursière pourrait leur permettre d’avaler sans difficulté une banque de la taille de la Société Générale.

Après la campagne d’Italie de 2006, puis celle des Pays-Bas en ce début d’année avec ABN AMRO au centre du champ de bataille, la guerre des banques européennes semblent bien relancée. Va-t-elle se poursuivre par une bataille de France ? Il est certain qu’avec plus de 15% de parts de marché domestiques, le nouvel ensemble BNPP-SOCGEN, s’il devait se constituer, rebattrait les cartes des positions respectives des différents acteurs.

Et les banques mutualistes dans tout cela ? Sous peine d’être marginalisées, elles ne peuvent rester à l’écart des mouvements en cours. Elles bénéficient de l’avantage de ne pas être « opéables » de par la structure capitalistique de leurs « têtes de pont » cotées sur les marchés. C’est en même temps un handicap car elles ne bénéficient pas, au plan de leur valorisation, d’une prime spéculative. Pour jouer dans la partie, elles disposent encore de réserves de fonds propres significatives par l’intermédiaire de ceux de leurs entités régionales qui détiennent plus de la moitié du capital de leurs véhicules cotés. Cependant, la taille des opérations aujourd’hui susceptibles de s’opérer représentent des investissements considérables de plusieurs dizaines de milliards d’euros, la question se pose donc de savoir si elles pourront y participer sans faire baisser le pourcentage de contrôle détenu en interne. Dans une telle hypothèse, des alliances visant à renforcer leurs capacités d’actions, entre banques de même type, c'est-à-dire mutualistes, partageant les mêmes valeurs et les mêmes modèles organisationnels pourraient avoir du sens. Non pas en France, mais notamment en Allemagne, première économie européenne, où le secteur bancaire est encore peu concentré et où le nombre de banques mutualistes est important. Cette caractéristique est historique, l’Allemagne, en effet, a été le berceau, au XIXème siècle, des Caisses RAIFFEISEN, dont le modèle est à l’origine de toutes les banques mutualistes que nous connaissons aujourd’hui.

D’une façon générale, les entreprises coopératives et mutualistes ont clairement un rôle important à jouer dans la recomposition du paysage économique européen. D’ailleurs, dans une autre secteur d’activité, le Groupe coopératif, basque espagnol MONDRAGON, vient de le montrer en soufflant, par l’intermédiaire de sa filiale EROSKI, « au nez et à la barbe » de CARREFOUR, le Groupe catalan de supermarchés CAPRABO.

Alors le mutualisme est-il soluble dans le capitalisme ? Ce n’est peut-être pas encore écrit.

lundi 11 juin 2007

Message de Laurent Bennet

Encore une fois les orages ont violemment touché notre territoire ce dimanche. Le Gers particulièrement, sur Saint-Clar et surtout sur Saint-Mont. La grêle est courante dans nos régions, mais l'épisode d'hier soir est particulièrement impressionnant tant par sa violence que par son étendue. Sur plusieurs centaines d'hectares il ne reste rien. Toutes les cultures ont été détruites, jusqu'à certains ceps de vigne dont l'écorce a été arrachée. Je n'avais jamais vu un tel phénomène. Sur le bord des routes des congères de grêlons sont encore en train de fondre 18 heures après et donnent une idée de la violence de l'orage. Sur certaines exploitations agricoles, 100% des cultures de l'année sont ravagées. Le vignoble de Saint Mont est sinistré à 40% en totalité, bien plus de manière partielle. Beaucoup de vignes mettront deux ans à s'en relever. Dans un élevage de canards la majorité des animaux a péri sous les grêlons. L'absence de victime tient du miracle.

La mobilisation a été forte. Les routes ont été remises en état très rapidement, on voyait ce matin encore des équipes d'EDF en train de rétablir l'électricité. L'urgence est passée. Reste à affronter la réalité. Trois experts mandatés par Pacifica sont déjà sur le terrain pour évaluer les dégâts. Il faut rassurer et guider dans les démarches. D'ores et déjà des contacts ont été pris avec la chambre d'agriculture, la coopérative Plaimont pour coordonner les mesures d'accompagnement. Dès ce matin les équipes de Pyrénées Gascognes étaient sur le pont pour réagir à cette catastrophe. Merci à tous ceux qui ont pris ces initiatives.
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Laurent Bennet est directeur du Gers et des Entreprises

samedi 9 juin 2007

Du P.D.G. aux P. et D.G.

Jean-Louis BEFFA, Président Directeur Général de SAINT-GOBAIN vient de quitter ses fonctions pour confier la Direction Générale du Groupe à Pierre-André de CHALENDAR, se réservant, quand à lui, le poste, non exécutif de Président du Conseil d’Administration. Ce mode d’organisation des organes dirigeants des grands Groupes semble constituer aujourd’hui l’alpha et l’oméga de la bonne gouvernance. En effet, avant SAINT-GOBAIN, TOTAL, L’OREAL, BNPP, AXA, ou encore ALCATEL-LUCENT, pour ne citer qu’eux, ont adopté ce bicéphalisme du « top management ».
Ceci ressemble étrangement à l’organisation de la gouvernance des entreprises coopératives et mutualistes qui, de longue date, fonctionnent avec un pilotage en double-commande : un Président du Conseil d’Administration, non exécutif, et un Directeur Général, secondé par une équipe de Direction, en charge du management opérationnel de l’entreprise. Il faut donc se réjouir que, pour une fois, le modèle coopératif et mutualiste fasse école auprès des plus grandes entreprises relevant du capitalisme « global et pur ».
Toutefois, à regarder de près la composition de ces Conseils d’Administration, on peut noter au moins deux différences.

La première concerne la composition des Conseils :
- s’agissant des entreprises du monde capitaliste « pur », les membres des Conseils sont choisis le plus souvent parmi les dirigeants d’autres grandes entreprises du même type, consacrant ainsi une espèce de consanguinité, contractée d’ailleurs , la plupart du temps, sur les bancs des mêmes plus prestigieuses écoles. Il suffit de lire les biographies de ces « happy few ».
- s’agissant des entreprises coopératives et mutualistes, les membres des Conseils sont élus parmi les sociétaires. Nous avons affaire ici à une désignation totalement démocratique fondée sur les qualités reconnues, par le vote, des élus. Ce mode de gouvernance favorise la promotion sociale des autodidactes et des acteurs économiques ayant prouvé leur talents dans le développement de leur propre entreprise. Pour que le système fonctionne bien et que les Conseils d’Administration soient des lieux d’échanges de haut niveau sur les questions stratégiques de l’entreprise, il faut que les administrateurs s’imposent une formation régulière afin d’être toujours pertinents et au fait des enjeux de leur environnement.

La deuxième différence concerne les Présidents des Conseils :
- les Présidents des grandes entreprises, ayant adopté ce mode de gouvernance sont, la plupart du temps, les anciens P.D.G. de ces mêmes entreprises. Comme si la fonction avait été créée pour leur permettre de durer et d’exister toujours dans l’entreprise à l’issue de leur mandat de P.D.G. Cette appréciation est sans doute excessive et faut-il plutôt y voir un souci de continuité dans la stratégie conduite et la possibilité d’un passage de témoin plus progressif. L’avenir dira, si ce bicéphalisme perdure, laquelle des deux suppositions est la bonne.
- notons, à l’inverse, que les Présidents des entreprises coopératives et mutualistes sont élus parmi les administrateurs issus du sociétariat. La nomination d’un Président ayant été antérieurement Directeur Général, relève de l’exception.

Alors « ringard » la mode de gouvernance des entreprises coopératives et mutualistes ?

mercredi 6 juin 2007

Mutualisme : économiquement vôtre !

Mutualisme...quel mot étrange ! Le saviez vous, ce mot ne veut rien dire dans le reste de l'Europe. Au risque de paraître cocardier, voici donc une invention bien française, que l'on associe volontiers à la biologie puisqu'il en est issue. Nombreux sont ceux qui l'associent également à l'univers des mutuelles d'assurance.
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A l'évidence, il n'est pas naturel de compter ce mot parmi ceux qui permettent d'éclairer notre lecture de l'économie d'aujourd'hui, de l'économie de marché. Et pourtant...n'allons pas chercher bien loin la définition de ce terme. Le Petit Larousse nous dit qu'il s'agit d'une "relation durable entre deux espèces ou deux populations, avantageuse pour toutes les deux". Nous redécouvrons peu à peu, les vertus de l'entraide, non pas à des fins philanthropiques, ne soyons pas crédules...mais bien comme une clé du développement de chacun. "Je réponds à ton besoin en même temps que tu réponds au mien". Nous sommes face à un échange réciproque de services entre des partenaires que le temps permet de sceller. Ces partenaires peuvent être des acteurs économiques : un client et sa banque par exemple. Non seulement ça peut, mais ça l'est depuis plus d'un siècle ! C'est ainsi que le Crédit agricole, à travers son histoire et son identité coopérative, a donné au mutualisme un sens économique.
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Nous sommes là dans un rapport marchand, utile, solidaire mais aussi pragmatique : une relation équilibrée qui ne confond pas les bonnes oeuvres (très utiles par ailleurs) avec la coproduction de richesses. Je pense simplement que l'économie coopérative fait partie de la biodiversité de l'économie de marché.
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Le mot "mutualisme" traduit des pratiques, des principes d'action mettant en avant la personne, la relation, la durée, la performance et le gain réciproque. N'est-ce pas très actuel ? "La relation durable, ça change la vie" tel est aujourd'hui le slogan du Crédit agricole...ce n'est pas un hasard, sans doute !

mardi 5 juin 2007

Le banquier et son modèle

Les grandes banques françaises viennent de publier leurs résultats du 1er trimestre 2007. Tous les observateurs soulignent « l’essoufflement » de la croissance de leur chiffre d’affaires (Produit Net Bancaire), notamment de la part concernant le métier de la banque de détail en France. On parle même d’une remise en question de leur « business model » (modèle d’affaires). Faut-il s’en étonner ?

Ce n’est, finalement, que la conséquence logique d’une pratique largement répandue depuis ces dernières années consistant à considérer le financement de l’habitat comme un produit d’appel et donc à octroyer ce type de crédit à des taux inférieurs à ceux pratiqués sur les marchés financiers par les meilleurs signatures.
A la fin des années 90, le Gouverneur de la Banque de France de l’époque, M. TRICHET, inquiet de ces comportements, avait instauré l’obligation, pour les établissements de crédit, de déclarer les prêts octroyés à des taux inférieurs à ceux pratiqués par l’Etat majorés de 0,80%. Cette obligation déclarative, ne freinant en aucune manière les pratiques concurrentielles déraisonnables des banquiers, vient d’être supprimée. Cassons le thermomètre puisque tout le monde a de la fièvre…

Tout ceci était supportable tant que la courbe des taux présentait une configuration dite « normale », c'est-à-dire que les taux à court terme restaient inférieurs aux taux à long terme. En effet, les banquiers « transforment » leurs ressources collectées à court terme en les prêtant à plus long terme, générant ainsi une marge dite de transformation. Cette marge, destinée à couvrir le risque financier lié à cette transformation d’échéances, est d’autant plus importante que la courbe des taux est « pentue ».
Depuis plusieurs mois, l’écart entre taux courts et taux longs s’est fortement réduit, du fait d’une hausse importante des taux à court terme. Comme la plupart des banques doivent emprunter sur les marchés financiers les compléments de ressources nécessaires à l’adossement de leurs crédits, on voit bien, compte tenu de ces éléments, que
la rentabilité du métier de l’intermédiation bancaire en a été fortement diminuée.

Les banques de détail sont donc aujourd’hui à la croisée des chemins. Pour préserver leur rentabilité et leur solidité financière, certaines d’entre elles vont chercher à innover et retrouveront de la croissance en développant de nouveaux services, utiles à leurs clients, et en améliorant la qualité de leurs prestations, d’autres, parfois les mêmes, chercheront à réduire leurs coûts de structure et à abaisser leur « point-mort ». Dans tous les cas, des remises en question vont intervenir. On ne peut, durablement et sans conséquences, pratiquer des prix de vente inférieurs aux prix de revient.

dimanche 3 juin 2007

Actionnaire ou Sociétaire ?

En cette période de distribution de bénéfices, on peut s’interroger sur le sens profond de ces deux termes. Si l’actionnaire, comme le sociétaire, sont engagés dans un projet économique et ont pour ambition de le voir se développer, leurs objectifs divergent sensiblement. Pour essayer d’y voir clair, attachons-nous au sens des mots. L’actionnaire désigne la personne titulaire d’un titre de propriété : l’action. C’est donc un propriétaire dont l’objectif premier est de tirer profit de sa propriété, soit par la perception de dividendes soit par l’augmentation de valorisation de son titre. Le terme sociétaire marque l'appartenance à une communauté humaine engagée et solidaire pour développer un projet économique. L'objectif principal du sociétaire n’est pas la recherche de profit mais la participation au développement d’un projet économique qui le touche d’ailleurs directement en tant qu’usager des services ou des produits fournis par la société (coopérative) à laquelle il appartient. D’ailleurs, la richesse accumulée par la coopérative sous forme de réserves ne lui appartient pas, c’est la raison pour laquelle la part sociale, représentant son appartenance à la coopérative, conserve toujours la même valeur, sa valeur nominale. Le sociétaire participe donc au projet économique de sa coopérative. Il s’engage. Il le fait de façon totalement démocratique, puisque son droit de vote est lié à sa personne et non au montant du capital détenu. La répartition des bénéfices est par ailleurs équitable puisqu’elle est proportionnelle au nombre de parts détenues. Autant la notion « d’intuitu personae » est fondamentale pour le sociétaire autant elle est inexistante pour l’actionnaire. Dans le sociétariat c’est l’Homme qui compte, dans l’actionnariat c’est le Capital. Ne parle-t-on pas, d’ailleurs, de « « société anonyme » pour désigner la forme de sociétés par actions la plus largement répandue ? L’anonymat de l’actionnaire s’oppose à l’engagement personnalisé du sociétaire.
Alors, Actionnaire ou Sociétaire ? Au Crédit Agricole, on peut être l’un ou l’autre ou même les deux à la fois.

samedi 2 juin 2007

Depuis quelques mois, je partage avec vous des réflexions sur la banque et la vie, sur l'économie et la société. Merci de l'intérêt que vous avez manifesté pour cette démarche. Je vous sais grè surtout d'en avoir compris le sens : faire des nouveaux modes de communication des alliés pour mieux nous connaître, mieux nous comprendre et au final, mieux vous servir.
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Ma conviction est que ces médias rapides, qui libèrent des protocoles, sont de formidables moyens de coopération. C'est pour cela que ce blog s'ouvre aujourd'hui à de nouveaux rédacteurs avec une ambition nouvelle : faire parler les valeurs et pratiques coopératives et mutualistes qui sont les notres.
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Ce blog change de nom et aussi de plumes puisque Patrick Faivre, directeur financier de Pyrénées Gascogne et Gilles Sixou, responsable du mutualisme à la Fédération nationale du Crédit agricole, ont accepté de participer à ce nouveau travail collaboratif. Qu'ils en soient très chaleureusement remerciés !

AVIS PROFESSIONNELS...


... l'assistance

Des imprévus, dans la vie, ça ne manque pas. Quand on achète, on regarde le prix, la couleur, le délai... Quand on a acheté, on n'y pense plus, on ne pense qu'à l'usage. Quand survient l'imprévu, la panne, la maladie, le "pépin" gros ou petit, là se posent des questions auxquelles par nature on n'avait pas pensé. C'est à ce moment là qu'on a besoin d'assistance. C'est à ce moment là qu'on a besoin d'un interlocuteur. C'est là qu'on a besoin d'un fournisseur qui tienne ses promesses, qui soit là depuis longtemps et pour longtemps, d'un conseiller qui vous écoute, qui vous comprenne, et qui trouve avec vous les solutions auxquelles personnes n'avait pensé. Celles qui vous vont bien parce qu'elles vous ressemblent et que le conseiller vous aide à trouver parce qu'il vous connaît.

... la succession

Pour que votre contrat d'assurance-vie ne se perde pas, vous pouvez en informer son bénéficiaire ou le déclarer par un acte notarié indiquant expressément le bénéficiaire… Mais sachez que si vous n'éparpillez pas vos avoirs et demandez à votre banquier de tenir vos placements, il s’occupera de votre succession et informera votre notaire et vos héritiers.

... le taux du prêt

Dans notre souci de tout simplifier, d'aller à l'essentiel, de caricaturer même, nous réduisons un crédit à son taux. Des banques d'ailleurs n'affichent plus que ça, et il faut de bonnes lunettes pour lire la durée... Faites-vous expliquer ce que couvre l'assurance, ce qui se passe si vous avez un pépin et ne pouvez plus rembourser, si vous voulez un jour modifier le montant de votre mensualité... Bref, assurez-vous que demain, dans 5 ans ou dans 10 ans, vous pourrez vous adresser à quelqu'un d'autre qu'à un contrat dûment signé et paraphé....

... la bourse

Il faut bien sûr y avancer avec la prudence du sioux. Tous les spécialistes vous diront qu'il n'y a pas meilleur placement à moyen et long terme, et ils vous le prouveront... Mais vous rencontrerez aussi des investisseurs malheureux non démunis d'arguments! Donc, pour investir malin, et profiter du meilleur des marchés d'actions, il faut le faire progressivement et en diversifiant les supports. L'imagination des banques a été remarquable ces dernières années, et la gamme des placements, très large, permet de bien mesurer et maîtriser le risque.

... les créances

Le recouvrement des créances, pour tout commerçant ou professionnel, est une opération lourde en temps et souvent en conséquences financières. Le constat a été fait que les délais de paiement et les impayés constituaient pour les entreprises françaises un vrai handicap. Pourtant, le recours à l'affacturage était encore très marginal jusqu'à ces derniers mois. Il connaît aujourd'hui une forte progression (+20%) ce qui est normal au regard des avantages qu'il présente. Les petites entreprises y ont cependant difficilement accès et surtout, il ne couvre pas la totalité de leurs besoins. Voilà pourquoi, Pyrénées Gascogne a inventé CREANCES SERVICES qui permet de donner à sa banque le soin de recouvrer ses factures et d'en simplifier ainsi le recouvrement. Simple et utile, ce service est développé avec EUROFACTOR...