dimanche 24 février 2008

Et si Northern Rock était restée une banque mutualiste ?

Le gouvernement britannique a annoncé la semaine dernière, la nationalisation temporaire de la banque Northern Rock afin de tenter une sortie de crise sans faillite et surtout aider la Banque d’Angleterre à recouvrer les quelques 25 milliards de livres avancés à cet établissement en pleine crise de liquidité. Le choix a donc été fait entre une faillite immédiate et le pari d’un retour à meilleure fortune lorsque l’environnement économique et financier se présentera sous de meilleurs auspices.

On se souvient en effet que cette banque avait défrayé la chronique en septembre 2007 lorsqu’elle avait été victime d’un véritable «bank run» (retrait massif et brutal par les clients de leur avoirs). Cette panique bancaire avait été provoquée par les craintes de graves difficultés financières consécutives à des investissements hasardeux impactés par la crise des « subprimes ».

Triste destin pour un banque qui jusqu’en 1997 était une « building society », c’est à dire une banque mutualiste de détail, spécialisée dans le crédit à l’habitat et financée par les dépôts de ses sociétaires. Transformée en société par actions et cotée au London Stock Exchange en octobre 1997, les sociétaires de l’époque ont été aveuglés par la manne financière constituée par l’émission d’actions gratuites représentant la capitalisation des réserves accumulées depuis la création de leur coopérative. Cet argument financier leur a masqué la transformation fondamentale de la gouvernance de la société et la substitution d’une gestion de long terme par une vision « court-termiste » de la rentabilité. Les valeurs mutualistes de proximité et de développement au service du territoire sont abandonnées : fermetures d’agences, licenciements, utilisation poussée à l’extrême des courtiers et refinancement aux trois quarts sur les marchés financiers, au détriment d’un développement équilibré entre collecte et crédit.

Devenue une usine à crédits, gérant des encours démesurés, en partie titrisés, au regard de ses fonds propres et de ses dépôts, elle a été victime des tensions extrêmes sur le coût de la liquidité, conséquence de la défiance liée à la crise des « subprimes ». On connaît la suite de l’histoire.

Dès lors, on peut s’interroger. Est-ce qu’en étant restée mutualiste, elle aurait connu le même sort ? Sans doute pas, car le mode de gouvernance et l’absence de contrainte de marché l’aurait sans doute laissée éloignée des sirènes des profits à court terme, facilement gagnés mais non exempts de risques. 70% des britanniques ont financé en tout ou partie leur logement grâce aux « building societies ». L’affaire Northern Rock laisse un goût amer aux sociétaires de ces anciennes coopératives et leur fait sans doute regretter la vague de « dé-mutualisation » de la fin des années 90.

Alors, vers une re-mutualisation des « building societies »?

samedi 23 février 2008

réglologie

Une des grandes difficultés de nos sociétés modernes est de conjuguer la règle et la responsabilité. Nous vivons dans presque tous les domaines une course effrénée à la législation, aux textes et aux contrôles. Un peu comme des mâchoires à cliquets, tout ce matériel réglementaire ne bouge que dans un sens : ainsi, quand on nous dit qu’il est sans cesse «amélioré», il faut comprendre que tout évènement, accident, ou nouveauté sont autant d’occasions de l’alourdir et de le complexifier davantage.

Nous vivons cette évolution avec d’autant plus d’intensité que nous avons à la fois à «rattraper» au plus vite les «bonnes pratiques» des anglo-saxons et à vivre avec l’activisme d’autorités qui se disputent l’influence et le contrôle sur le territoire européen. Certes, personne ne se plaindra de la sécurisation accrue des opérations et de la meilleure protection des personnes et des biens. Mais ce satisfecit ne nous exonère pas de cette question : «Tout cela est-il bien efficace ?» Un doute qui n’est pas sans fondement :

- De plus en plus conscients et inquiets des sanctions encourues, nous sommes fascinés par la règle au risque d’en perdre le sens. Par exemple, les entreprises vivent comme une contrainte de diversifier leurs recrutements en intégrant des personnes dont l’origine, l’âge ou le handicap pouvaient faire obstacle, alors qu’elles devraient le faire par raison, parce que cette diversité les rendra plus efficaces. L’accueil des nouveaux, leur intégration, seront différents selon que nous agirons par contrainte ou par choix.

- Parce que le diable, c’est bien connu, se cache dans le détail, les contrôles sont de plus en plus concentrés sur les petites choses, au risque de ne plus voir les grosses. Courbés sur la loupe, à quelques centimètres de la moquette, nous voyons les puces, et nous n’avons pas le recul pour voir les éléphants qui déambulent dans les corridors. La crise des crédits immobiliers qui secoue le monde de la finance en est une douloureuse illustration.

Il est urgent que l’intelligence des hommes s’empare des règles pour en faire des outils de progrès. Que ceux qui ont pour mission de les écrire ou de les faire respecter agissent avec recul, mesure et discernement. A une époque où tout le monde exprime sa préoccupation environnementale et affirme qu’il faut laisser un monde viable à nos enfants, rappelons-nous simplement que c'est aussi leur futur environnement réglementaire que nous préparons, et que cet environnement là, autant que l’autre, déterminera leur espace de liberté.

dimanche 17 février 2008

Hommage à Bernard Lazare.

Dès que j’ai entendu la décision du Président de la République de transmettre la mémoire des enfants juifs déportés, j’ai pensé à Bernard Lazare. Né à Nîmes en 1865, mort à Paris à 38 ans, épuisé par le travail et le combat. Cet homme a été le vrai, le premier, le plus combatif des défenseurs de Dreyfus. Trente ans avant le terrible plan d’extermination dont sa propre famille a été victime, il a démonté tous les mécanismes du racisme et de l’antisémitisme. Comment ne pas penser à Bernard Lazare qui tremblait à chaque injustice, qui s’indignait devant chaque bassesse, qui refusait le silence et l’oubli ? Comment ne pas l'entendre nous dire qu’avant la folie des hommes, avant les actes sans retour, il y a l’immense, le pesant, l’étouffant silence de tous ceux qui refusent de voir et acceptent sans parler. Si les hommes avaient regardé et parlé comme Lazare, aurions-nous à nous rappeler le nom des victimes ?
.
Une des grandes émotions de ma vie a été de lire et relire les phrases puissantes et enthousiastes que Charles Péguy a consacrées à son ami juif. Ainsi, lorsque que Clemenceau écrit le 1° décembre 1903 : « Gloire éternelle à Zola pour avoir poussé le premier cri de réveil ! », Charles Péguy s’indigne publiquement :
.
« Mon Dieu nous savons tous que ce sont les musiques militaires qui gagnent les batailles, et que la grosse caisse, en particulier, fait plus que l’artillerie pour effondrer les carrés ; nous savons cela ; c’est la croyance commune, universelle, et, pour prononcer le mot sacré, c’est la foi démocratique ; on l’enseigne des heures innombrables dans les écoles innombrables ; cela réussit auprès des élèves, auprès des foules, auprès des troupes, auprès des électeurs ; partout, on enseigne à tout venant que le pas de charge, que les tambours et clairons battant et sonnant la charge faisaient la conquête, et le gain des batailles ; mais entre nous enfin, hors de la politique, hors des manifestations scolaires, hors des élections, n’allons nous pas savoir que toute victoire et que toute bataille, que tout travail réside aux volontés constantes et fidèles des hommes, aux pertinacités des peuples et des races, aux intensités cérébrales, aux longévités volontaires intelligentes ; n’allons-nous pas savoir distinguer de l’éloquence et de ses foudres, de la représentation, de la manifestation, de la musique et du ressentiment, des cymbales et des rangées de tambours la haute et froide maîtrise, l’intelligente et rare volonté, le génie même, car c’est lui ; sommes-nous tombés si bas dans la défiguration politique parlementaire que nous ne sachions plus distinguer des Mirabeau et des Danton, des Jaurès et des paroliers, l’ardente volonté géniale d’un Richelieu, d’un Robespierre et d’un Saint-Just. Non pas que j’en aie à M. Clemenceau. Il a pu s’arrêter lui-même ébloui au foudroyant J’accuse de Zola. Mais un homme comme Clemenceau se devait à lui-même de retrouver au-delà de ce J’accuse éblouissant l’action unique, déterminante, fondamentale, originaire de Bernard-Lazare… »

dimanche 10 février 2008

John Paulson contre Jérôme Kerviel

Beaucoup de débats en ce début d’année tournent autour de la question de la place de la vie privée dans la sphère publique. Vous remarquerez que la question ne devrait jamais se poser puisque le propre du privé est justement de ne pas être public. Or voilà que beaucoup d’évènements émigrent du privé vers le public, le plus cocasse étant que ceux qui nuitamment assurent ce transfert, les médias, sont les premiers à nous demander à l’heure du petit déjeuner : « Est-ce bien raisonnable ? ».

Une des proies de nos monstres médiatiques s’appelle Jérome Kerviel. Il est devenu si célèbre en quelques jours que ne pas parler de lui ici aurait pu éveiller des soupçons. On cherche. Dans sa famille, ses amis, ses mels et ses appels téléphoniques, partout. On investigue, on met à nu, on expose. Pourquoi ? Parce qu’il faut bien montrer qu’on ne va pas laisser impunie une perte de 4 milliards d’Euros. Devant certains chiffres, nécessité fait loi.

Voilà pourquoi je veux ici saluer la performance de John Paulson. Lui aussi trader, disposant sans doute d’à peu près les mêmes bureau, écran, informations et téléphone. Lui aussi passe des ordres et prend des positions à nous faire frémir. Mais lui a anticipé la crise des prêts hypothécaires américains. De 7 milliards de dépôts qui lui ont été confiés début 2007 il en a fait 28 milliards en fin d’année. Et lui et son équipe se sont partagé plus de 3 milliards de bonus.

Deux remarques :
1 . Quand certains perdent d’autres gagnent. Rien ne se perd, rien ne se crée… en finances non plus.
2 . Pourquoi John Paulson n’est-il pas en photo sur nos journaux ? Est-ce seulement parce que, dans son cas, tout le monde sait qui a pris les 3 milliards ?

Tout cela mérite tout de même le temps de la réflexion…

vendredi 8 février 2008

Files d’attente

Qu’est-ce qui est passé de 5 milliards en 2004 à 23 , 28, 39 milliards en 2007 ? Le déficit commercial français. Tout le monde s’entend pour mettre cette piètre performance sur le dos du dollar (son cours pénalise nos exportations) et celui du pétrole (son prix alourdit la facture des entreprises). Mais quel pays européen n’est pas confronté à ces deux mêmes réalités ? Et puisque l’Allemagne (toujours elle) affiche un excédent commercial, c’est qu’il faut accepter de regarder plus loin…

En grattant pas bien profond, on trouve, pas vraiment enfouies, pas encore enterrées, la question récurrente de la compétitivité de nos entreprises, mais aussi et surtout celle de la faiblesse de nos initiatives et de nos innovations. Innover, initier, soutenir, susciter : ces mots recèlent sans doute un énorme potentiel de croissance. Des mots capables de faire regagner à nos territoires, à notre pays, les parts de marché qui se dégradent d’année en année.
.
Une chose me frappe, c’est l’écart dans la société, dans l’entreprise, entre l’expression des envies, des désirs, des projets et leur concrétisation, et la capacité à faire. Comme si, au moment d’agir, un bras d’acier retenait nos enthousiasmes, même quand tout nous dit qu’il faudrait faire.

Je vois des salariés, des administrateurs, des clients, des dirigeants, des politiques, des jeunes, des vieux…. tous dans l’antichambre de la réussite et du succès, plein d’idées et de bonnes intentions, mais à l’arrêt dans la file d’attente. Un peu comme ces touristes, entrepreneurs ou simples résidents qui à Paris attendent - et pourraient bien attendre encore longtemps - qu’un taxi vienne enfin les prendre pour aller là où, dans le fond, ils ont tellement envie d’aller...

mardi 5 février 2008

Testé pour vous.

Le prêt "Travaux de réhabilitation thermique" de Pyrénées Gascogne nous place dans les premiers rangs sur 90 banques françaises qui offrent ce type de crédit. C’est ce que nous apprend le comparatif Eco-Prêts du site TESTEPOURVOUS.COM établi en partenariat avec l’ADEME dont chacun connaît l’engagement dans la recherche d’économies et de durabilité de l’énergie.

Les prêts comparés dans cette étude financent le même type de travaux visant à améliorer la performance énergétique des logements. Par exemple l’isolation des combles ou les chauffe-eau solaires. Eco-prêts™ classe les offres des banques selon 4 critères : le coût (40%), le montant maximal et la durée maximale du prêt (30%), la souplesse du crédit (15%) et l’étendue des dépenses éligibles (15%).

Le prêt Travaux de Réhabilitation Thermique de Pyrénées Gascogne qui est mis au tableau d’honneur est un prêt à 0% et à durée longue destiné au financement de chauffe-eau solaires et de système solaire combiné photovoltaïque sur le département 64. Il bénéficie en effet d'une convention signée entre la Caisse régionale et le Conseil Régional d'Aquitaine.
..
Le mutualisme prend au fil des ans des expressions différentes, tout simplement parce que les préoccupations et les priorités de la société changent. Ce qui a conduit nos anciens à soutenir l'équipement des agriculteurs, puis le logement de leurs enfants qui rejoignaient les villes, nous incite aujourd'hui à investir le territoire immense du développement durable. Celui-ci s'impose à son tour avec la même urgence et le même besoin d'écoute, de compréhension, d'action.
..
C'est pour cela que ce rang est pour nous, pour les équipes, une reconnaissance. Depuis quelques années, nous donnons des "coups de pouce verts" à ceux de nos clients qui décident "d'investir durable", et nous avons bien l'intention d'innover encore dans les prochaines semaines.

samedi 2 février 2008

Deux Euros.

Pour célébrer le 10° anniversaire de l’Euro (déjà !), les européens sont invités à choisir le dessin de la pièce de 2 euros qui commemorera l’évènement en 2009. Enfin une occasion de voter tous, citoyens des 27 pays membres de l’Union, pour dire ce que nous pensons sur un sujet délicat et essentiel, vous en conviendrez.

Vendredi, Madame Amelia Torres, porte parole de l’UE, a expliqué que citoyens et résidents européens peuvent voter jusqu'au 22 février pour leur dessin préféré. Ils doivent choisir 1 des 5 finalistes parmi les 42 soumis par les 15 pays utilisateurs de l'euro.

A ce jour, utilisent l’Euro : L’Allemagne, la France, l’Espagne, l’Italie, l’Irlande, la Belgique, les Pays-Bas, le Luxembourg, la Grèce, l’Autriche, le Portugal, la Finlande, mais aussi la Slovénie depuis 2007 et Malte et Chypre depuis un mois.

Les dessins sont en ligne sur le site
http://www.eurodesigncontest.eu. Parmi les votants, un choisi au hasard gagnera un jeu d'euros de collection en or.

J’ai choisi celui en photo car il reprend étrangement le logo mutualiste de Pyrénées Gascogne, celui qui a accompagné notre colloque «Perspectives mutualistes» en 2006 ! Nos équipes avaient, une fois encore, un temps d'avance !

Alors, votons !

AVIS PROFESSIONNELS...


... l'assistance

Des imprévus, dans la vie, ça ne manque pas. Quand on achète, on regarde le prix, la couleur, le délai... Quand on a acheté, on n'y pense plus, on ne pense qu'à l'usage. Quand survient l'imprévu, la panne, la maladie, le "pépin" gros ou petit, là se posent des questions auxquelles par nature on n'avait pas pensé. C'est à ce moment là qu'on a besoin d'assistance. C'est à ce moment là qu'on a besoin d'un interlocuteur. C'est là qu'on a besoin d'un fournisseur qui tienne ses promesses, qui soit là depuis longtemps et pour longtemps, d'un conseiller qui vous écoute, qui vous comprenne, et qui trouve avec vous les solutions auxquelles personnes n'avait pensé. Celles qui vous vont bien parce qu'elles vous ressemblent et que le conseiller vous aide à trouver parce qu'il vous connaît.

... la succession

Pour que votre contrat d'assurance-vie ne se perde pas, vous pouvez en informer son bénéficiaire ou le déclarer par un acte notarié indiquant expressément le bénéficiaire… Mais sachez que si vous n'éparpillez pas vos avoirs et demandez à votre banquier de tenir vos placements, il s’occupera de votre succession et informera votre notaire et vos héritiers.

... le taux du prêt

Dans notre souci de tout simplifier, d'aller à l'essentiel, de caricaturer même, nous réduisons un crédit à son taux. Des banques d'ailleurs n'affichent plus que ça, et il faut de bonnes lunettes pour lire la durée... Faites-vous expliquer ce que couvre l'assurance, ce qui se passe si vous avez un pépin et ne pouvez plus rembourser, si vous voulez un jour modifier le montant de votre mensualité... Bref, assurez-vous que demain, dans 5 ans ou dans 10 ans, vous pourrez vous adresser à quelqu'un d'autre qu'à un contrat dûment signé et paraphé....

... la bourse

Il faut bien sûr y avancer avec la prudence du sioux. Tous les spécialistes vous diront qu'il n'y a pas meilleur placement à moyen et long terme, et ils vous le prouveront... Mais vous rencontrerez aussi des investisseurs malheureux non démunis d'arguments! Donc, pour investir malin, et profiter du meilleur des marchés d'actions, il faut le faire progressivement et en diversifiant les supports. L'imagination des banques a été remarquable ces dernières années, et la gamme des placements, très large, permet de bien mesurer et maîtriser le risque.

... les créances

Le recouvrement des créances, pour tout commerçant ou professionnel, est une opération lourde en temps et souvent en conséquences financières. Le constat a été fait que les délais de paiement et les impayés constituaient pour les entreprises françaises un vrai handicap. Pourtant, le recours à l'affacturage était encore très marginal jusqu'à ces derniers mois. Il connaît aujourd'hui une forte progression (+20%) ce qui est normal au regard des avantages qu'il présente. Les petites entreprises y ont cependant difficilement accès et surtout, il ne couvre pas la totalité de leurs besoins. Voilà pourquoi, Pyrénées Gascogne a inventé CREANCES SERVICES qui permet de donner à sa banque le soin de recouvrer ses factures et d'en simplifier ainsi le recouvrement. Simple et utile, ce service est développé avec EUROFACTOR...