dimanche 25 mai 2008

Peurs et Progrès

De temps en temps, un écrivain prend un temps d’avance sur l’histoire et nous livre ce qui sera, dans une anticipation parfois troublante. Faute d'Houellebecq, je découvre Reinhardt, magistral dans le genre. Il signait en septembre «Cendrillon», roman où il explore non seulement les techniques des traders mais aussi leurs motivations, leur addiction au profit quotidien, les risques qu’ils font courir au monde. Ce qui est troublant dans ce qui se révèle aujourd’hui comme une belle anticipation, c’est qu’il pose comme acquis que le monde ne supportera pas indéfiniment ces acteurs dont le pouvoir exorbitant s’appuie sur une vision court-termiste du monde et sur le seul désir névrotique d’enrichissement personnel.
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Louis Schweitzer fait irruption en page 472 du livre, et le romancier prête au grand patron d’industrie des propos passionnants : Et si toute organisation était une entreprise au service de ses partenaires actionnaires, clients, salariés, et non un investissement financier au seul bénéfice de ses actionnaires ? Et si l’éthique, qui peut se cacher à court-terme sous la couverture, était reconnue sur la durée comme condition d’efficacité ? Et si par contrepoids – forcément planétaire – nous instaurions un code pluridimensionnel en lieu et place du code anglo-saxon, unidimensionnel, qui fait de l’argent la mesure de toute chose ? Il aurait pu ajouter : « Et si nous devenions tous mutualistes ? »
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Après avoir tout construit sur leur puissance physique individuelle, puis sur leur force militaire collective, les hommes ne misent plus que sur leur puissance financière. Qu’est-ce qui nous fera retrouver le nécessaire compromis, l’équilibre? La réponse tombe, brutale : La peur! Oui, la peur! N'a-t-il pas fallu la grande peur née des conflits mondiaux pour faire perdre tout mérite à la «bonne guerre» adulée de nos anciens? N'a-t-il pas fallu la grande peur du coup de chaud de l’été 2003 pour attiser les aspirations à mieux protéger l’environnement (dès qu’il fait plus frais, on lève le pied !)? Alors, puisque la peur a été de tout temps la force la plus active de nos sociétés, ne va-t-elle pas rétablir les choses? La peur des autres, des chinois, des indiens, des pauvres… Vive la peur !
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Certains trouveront que cette conviction fait fi des vertus du bon sens et qu’une approche plus rationnelle, plus humaniste, serait plus constructive. D’autres y verront l’expression d’une grande lucidité et d’un regard objectif (fataliste ?) sur les moteurs humains. Il y a là en tous cas pour tout le monde matière à réflexion…

samedi 17 mai 2008

Crédit agricole : subprimes et mutualisme.

L’exposition conséquente au risque «subprimes» de Crédit agricole SA et l’augmentation de Capital que les dépréciations rendent nécessaire provoquent de nombreuses réactions. Leur forme va de la critique acerbe à la grande déception. Elles sont légitimes au regard des chiffres, même si cette «ardoise américaine», qui pèse moins d'un an de résultat, est digérable par le Groupe. Les Caisses régionales, solidement capitalisées, sont en mesure de prendre leur part de cet appel en Capital, et de jouer leur rôle d’actionnaire majoritaire. Elles le feront, et le niveau de fonds propres atteint après cette opération nous donnera de bonnes capacités de résistance et de développement. Il n'en reste pas moins des interrogations...
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Quand le pépin arrive, il y a toujours ceux qui «l’avaient dit depuis longtemps», et comme vous, j’entends des sages expliquer que les mutualistes n’avaient rien à faire dans ces métiers «spéculatifs» voire «virtuels». Je ne partage pas; pas plus que je ne partage l’idée que le Crédit agricole aurait voulu faire «joujou» avec l’immobilier américain.
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Nous avons voulu construire une grande banque avec toutes les activités des grandes banques, y compris les activités de marché, rémunératrices et utiles à l’économie. Nous avons toujours considéré que nous devions exercer tous les métiers de la finance et que, ce faisant, nous servions notre projet coopératif : celui de rester maîtres de notre destin; celui de faire profiter nos territoires et nos clients de la force et des savoir-faire d’un grand groupe; celui aussi d’apporter à nos Caisses régionales les revenus diversifiés de métiers qui ne peuvent s’exercer qu’au travers de filiales spécialisées.
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Ces métiers, nous les avons développés non en opposition ou à coté de nos métiers traditionnels, mais en complément, au moment où les revenus de la banque de proximité souffrent du faible taux de la croissance et de la saturation du marché. Ce n’est pas cette ambition, partagée d’ailleurs par nos sociétaires, actionnaires et clients jusqu’à la crise financière, qui peut nous être reprochée, mais sans doute le fait d’avoir voulu atteindre très vite – trop vite – notre cible.
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Ma conviction est que le Crédit agricole sortira plus fort de cette crise. D’abord parce qu’une entreprise coopérative a l’obsession de durer, de transmettre son patrimoine commun en le bonifiant, et que ce sévère revers, qui prend à contre-pied les valeurs partagées par tous les acteurs du Groupe, va maintenant les mobiliser. Ensuite, parce que cette crise nous oblige, en mutualistes que nous sommes, à mieux préciser la nature et l’équilibre des différents métiers que nous voulons exercer. C’est ce travail qui a été annoncé : réduire notre exposition au risque, nous renforcer dans la banque de détail en France et à l’étranger, dans les métiers d’assurances, de services financiers, de gestion d’actifs. Et construire solide sur la durée, au service de nos clients !

lundi 12 mai 2008

Utile et Durable

La crise financière qui sévit en ce moment, et répand dans les bilans des banques du monde entier les mauvais crédits immobiliers américains, nous remet brutalement et sévèrement quelques vérités à l’esprit :

1/ La vie des marchés financiers est tout sauf un long fleuve tranquille. Tous les dix ans en gros, ils ont la fâcheuse manie de prendre un coup de fièvre. Et toutes les régulations, toutes les sécurisations, pourront réduire les risques mais ne les détruiront jamais tout à fait… la preuve !

2/ Les crises financières, quoiqu’on puisse en dire, finissent toujours par coûter cher à tout le monde. A chaque crise nouvelle nous entendons qu’elle ne ressemble à aucune autre, et nous n’en percevons ni les causes profondes ni toutes les conséquences qu’elle ne se soit totalement exprimée. C’est à dire trop tard. En attendant, comme des bons sorciers, des tas de spécialistes entament la danse du ventre en nous expliquant qu’elle est finie…la preuve !

3/ Qu’il s’agisse de l’enthousiasme pour les mines d’or, pour les chemins de fer soviétiques, pour l’explosion de l’Internet ou encore de l’enrichissement par le crédit immobilier des américains fauchés, chaque crise commence par une utopie, un rêve fou, des espoirs exagérés, et l’espérance de gains rapides pour ne pas dire immédiats.

Le remède est pourtant connu. Nous pourrions éviter de telles mésaventures en résistant à la pression du court-terme. Difficile ! Tant tout se ligue pour nous faire croire que chaque jour, tout est nouveau, tout est événement, rupture ou record. Comment, dans ce milieu qui hyper-médiatise les excès de toutes natures, donner son temps à la lenteur ? Comment donner leur chance aux maturations, aux germinations ? Imaginons un journal télévisé qui commencerait pas « rien d’important aujourd’hui » ou une chronique boursière par « sixième mois consécutif de calme parfait sur les marchés ». Aucun intérêt ! L’homme moderne a besoin de stresser sa courte histoire et avec elle, son univers, son environnement, sa société.

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Et pourtant, c’est bien l'exigence du développement durable que de renoncer à ce comportement. Le juste compromis entre nos besoins et ceux de nos héritiers, la préservation de l’environnement, le respect d’une gouvernance équilibrée, tout cela demande de penser les choses sur la durée, pas à court-terme. Les entreprises coopératives et mutualistes comme la nôtre, qui sont là pour être utiles et durer, doivent vérifier qu’elles ne l’oublient pas…

mardi 6 mai 2008

Symboles

Avez-vous remarqué combien notre univers médiatique moderne est maintenant jalonné de "seuils symboliques" aussi nombreux qu’inattendus ? Ainsi, le baril de brut vient de franchir le "seuil symbolique" de 121 dollars ; le CAC 40 se rapproche du "seuil symbolique" des 5000 Euros, la côte de popularité du Président flirte avec le "seuil symbolique" des 42%… Or ces symboles dont on nous abreuve à longueur de journée ont quelque chose de commun : ils n’ont rien de symbolique du tout !

Mais voilà : un chiffre qui n’est qu’un chiffre ne présente pas assez d’intérêt pour le public que nous sommes… alors qu’un chiffre symbolique oui, car il est soudain imprégné de vertus magiques. Parce que le symbole parle à notre imaginaire, nous touche profond, nous rappelle nos promesses et nos repères essentiels et universels.
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Eh bien non ! Ces symboles-là, sont certainement racoleurs, mais n’ont pas la magie de donner de l’importance à des chiffres qui ne le méritent pas. Ainsi, le baril de brut a déjà franchi le "seuil symbolique" des 40 dollars, puis celui des 65, celui des 80, celui des 100, des 120… tout un symbole !

samedi 3 mai 2008

La Visio ne marche pas !

Savez-vous pourquoi dans l’entreprise tout marche (ou presque) sauf la Visio ? Pourquoi au moment de nous connecter s’affiche le message « échec » ? Pourquoi personne n’a prévu de disposer des numéros de portable des participants à distance ? Pourquoi les réunions téléphoniques sont si difficiles à suivre, trop souvent agrémentées d’un bruit de fond épouvantable, ou interrompues par des grésillements aigus dus à un téléphone portable, ou encore à un interminable froissement de papier ? La technique n’est pas au point me direz-vous ? Que nenni ! Elle est au point. Cela fait des années qu’elle est au point, que nous savons transmettre des images et du son avec un très bon niveau de qualité. Cela fait des années que nous savons éviter les effets de larsen.
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Ce qui n’est pas au point, c’est dans nos têtes. Je me risque à dire que si la technique suit si mal, c’est parce que nous le faisons exprès, comme si nous redoutions un monde où nous nous déplacerions moins, où nous travaillerions davantage à distance. N’oublions pas que l’homme adore les voyages ! Tout le monde ou presque voudrait un monde plus propre, avec moins de dépenses d’énergie et de pollutions. Mais peu de gens acceptent d’abandonner quelques vieilles habitudes pour en risquer de nouvelles. En tous cas, quand vous entendrez des «Ca ne marche pas !», ou «moi, les formations à distances, j’y crois pas !», pensez à ce billet...

jeudi 1 mai 2008

Les marchés sont HEUREUX !

Ils bondissent de joie. Tout ne va pas très bien, certes, mais cela pourrait être pire… Pas de cataclysme monétaire, financier, économique ? Tout le monde est content. Wall Street vient de s’offrir un petit bond en ce premier mai. Les indicateurs économiques sont certes à la baisse, mais moins que ce qui était redouté. Le chômage augmente, oui, la construction baisse, d'accord, mais est-ce que la consommation ne résiste pas ? Tout va bien. Il est faux de dire qu’en période de doute, les marchés n’entendent que les mauvaises nouvelles. Ils sont aussi capables de n’entendre que les bonnes, et même d’appeler bonnes des nouvelles qui ne le sont pas vraiment.
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Au final, les marchés américains sont au même niveau qu’il y a un an, et les mille milliards de dollars de pertes diverses annoncées par le FMI ont été bien vite digérés. Je reste pourtant rangé parmi les sceptiques face à cet élan de bonne humeur. La crise n'est sans doute pas totalement finie, et ceux qui partagent cette conviction retourneront vers les marchés boursiers avec prudence et à pas modéré.
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Alors, que peut faire l’épargnant ? Le mieux est sans doute d'investir progressivement, peu à peu, sur la durée, et de ne pas bouder trop vite les placements sans risque. Il y a pour cela les livrets et les comptes à terme dont la rémunération bénéficie de la hausse des taux d'intérêt à court terme. Il y a l'assurance-vie, qui présente toujours une grande souplesse en plus de l’intérêt fiscal ; elle permet d’épargner en Euros, c'est-à-dire sans risque, ou en unités de comptes, c'est-à-dire en produits boursiers. Il y a aussi les produits garantis, qui permettent de profiter du meilleur de la bourse tout en limitant le risque de perte… Et puis le PEL qui n’a jamais démérité, productif en intérêts quand les taux baissent, ouvrant des droits à prêts à taux intéressant quand les taux montent : bref, toujours gagnant !

AVIS PROFESSIONNELS...


... l'assistance

Des imprévus, dans la vie, ça ne manque pas. Quand on achète, on regarde le prix, la couleur, le délai... Quand on a acheté, on n'y pense plus, on ne pense qu'à l'usage. Quand survient l'imprévu, la panne, la maladie, le "pépin" gros ou petit, là se posent des questions auxquelles par nature on n'avait pas pensé. C'est à ce moment là qu'on a besoin d'assistance. C'est à ce moment là qu'on a besoin d'un interlocuteur. C'est là qu'on a besoin d'un fournisseur qui tienne ses promesses, qui soit là depuis longtemps et pour longtemps, d'un conseiller qui vous écoute, qui vous comprenne, et qui trouve avec vous les solutions auxquelles personnes n'avait pensé. Celles qui vous vont bien parce qu'elles vous ressemblent et que le conseiller vous aide à trouver parce qu'il vous connaît.

... la succession

Pour que votre contrat d'assurance-vie ne se perde pas, vous pouvez en informer son bénéficiaire ou le déclarer par un acte notarié indiquant expressément le bénéficiaire… Mais sachez que si vous n'éparpillez pas vos avoirs et demandez à votre banquier de tenir vos placements, il s’occupera de votre succession et informera votre notaire et vos héritiers.

... le taux du prêt

Dans notre souci de tout simplifier, d'aller à l'essentiel, de caricaturer même, nous réduisons un crédit à son taux. Des banques d'ailleurs n'affichent plus que ça, et il faut de bonnes lunettes pour lire la durée... Faites-vous expliquer ce que couvre l'assurance, ce qui se passe si vous avez un pépin et ne pouvez plus rembourser, si vous voulez un jour modifier le montant de votre mensualité... Bref, assurez-vous que demain, dans 5 ans ou dans 10 ans, vous pourrez vous adresser à quelqu'un d'autre qu'à un contrat dûment signé et paraphé....

... la bourse

Il faut bien sûr y avancer avec la prudence du sioux. Tous les spécialistes vous diront qu'il n'y a pas meilleur placement à moyen et long terme, et ils vous le prouveront... Mais vous rencontrerez aussi des investisseurs malheureux non démunis d'arguments! Donc, pour investir malin, et profiter du meilleur des marchés d'actions, il faut le faire progressivement et en diversifiant les supports. L'imagination des banques a été remarquable ces dernières années, et la gamme des placements, très large, permet de bien mesurer et maîtriser le risque.

... les créances

Le recouvrement des créances, pour tout commerçant ou professionnel, est une opération lourde en temps et souvent en conséquences financières. Le constat a été fait que les délais de paiement et les impayés constituaient pour les entreprises françaises un vrai handicap. Pourtant, le recours à l'affacturage était encore très marginal jusqu'à ces derniers mois. Il connaît aujourd'hui une forte progression (+20%) ce qui est normal au regard des avantages qu'il présente. Les petites entreprises y ont cependant difficilement accès et surtout, il ne couvre pas la totalité de leurs besoins. Voilà pourquoi, Pyrénées Gascogne a inventé CREANCES SERVICES qui permet de donner à sa banque le soin de recouvrer ses factures et d'en simplifier ainsi le recouvrement. Simple et utile, ce service est développé avec EUROFACTOR...