Voici une 3° note sur les fondamentaux de la coopération et du mutualisme. La première rappelait le «un homme, une voix» caractéristique de sociétés de personnes en recherche permanente d’équilibre entre l’intérêt individuel et celui du groupe (l’un par l’autre et pas sans l’autre). Une deuxième note disait que c’est dans la façon de produire et de travailler «autrement», en percevant et en intégrant sans cesse les évolutions et besoins de la société, que les coopératives s’affirmaient, donc dans l’opérationnel et pas uniquement dans leur gouvernance. Ces deux dimensions, finalité du développement humain, individuel et collectif, et adaptation permanente au monde en cherchant à lui être utile, exigent des acteurs élus ou salariés une compétence qui dépasse largement la seule technicité. Ils ont besoin d’être armés pour prendre, au-delà du métier et du produit, la mesure des changements de leur environnement, des nouvelles perceptions et attentes sociales. Ils ont besoin d’une formation au monde en plus de celle au métier.
D’où l’importance majeure de la formation dans les organisations coopératives. Si tout devait disparaître sous les turbulences des marchés, la dureté des temps, l’hégémonie d’un libéralisme excessif, la cupidité des hommes, et que nos organisations ne devaient conserver qu’une seule spécificité pour aborder une longue traversée du désert, alors les vrais coopérateurs garderaient la formation. J’ai été très impressionné par la place que nos amis de Mondragon, en Pays basque espagnol, accordent sans faillir depuis leur création à la formation. Les fondateurs ont posé dès le premier jour la formation des hommes comme leur vrai objectif, considérant l’organisation coopérative de la production comme un moyen de progrès plus que comme une fin. Ils ont construit un des instituts les plus dynamiques d’Espagne où les sciences humaines et sociales ont une place de choix et complètent les sciences et techniques de l’ingénieur et du technicien.


