Les gros navires de la finance, que l’on pensait à l’abri de tout risque, ont souffert dans la tempête. Certes, tout le monde a bien compris que les grandes banques européennes n’allaient pas défaillir, mais on les a vues plier alors qu’on les croyait surpuissantes. Du coup, et puisque plus personne n’est «trop grand pour défaillir» («too big to fail»), le tout petit redevient sécurisant et attirant. Et voilà que le vieux «Small is beautiful» reprend du service! Alors ? Alors, on voit renaître la vieille idée d’une société où chacun ferait son propre pain, cultiverait ses tomates, et ferait banque avec ses voisins et ses amis. On pourrait revoir bientôt les chemises à fleurs à nouveau dans les lieux branchés, à commencer par RIL Store…La tontine ! Voilà une idée qu’elle est bonne. Je ne parle pas du pacte tontinier à la française, qui permet de gérer le patrimoine commun et de le léguer aux survivants. Je parle de la tontine dont la présence est forte et multiforme un peu partout en Afrique. Le principe en est simple, 10 ou 15 personnes s’associent de façon informelle pour mettre en commun une partie de leur salaire, et chaque mois, à tour de rôle, un associé emporte les fonds. Si vous êtes membre d’une tontine de 12, vous économisez 11 mois avant de remporter d’un coup d’un seul 12 fois votre épargne mensuelle. Les extrordinaires Bamilékés, de l’Ouest Cameroun, ont même inventé la tontine «capitalistique», avec mise aux enchères de la cagnotte levée par le plus offrant selon un taux d’intérêt déterminé par le marché… Tout cela sans banque et sans contrat, mais ça marche ! Et l’excellente initiative de Jean-Christophe Capelli qui a créé le site friendsclear propose finalement aux français un mécanisme d’épargne – crédit assez proche, basé lui aussi sur la solidarité et la confiance réciproque, permettant de se prêter directement de l’argent entre particuliers. Une relation directe, humaine, simple, qui fait du bien.




