Dans «Pourquoi j’ai mangé mon père», Roy Lewis évoque avec humour nos très lointains ancêtres, et parmi eux, des hommes qui ont joué avec le feu, des têtes brulées qui ont produit des comportements et des outils nouveaux, parfois au prix de leur vie. Ces hommes qui ouvraient la voie aux modernités effrayaient leurs contemporains. Le monde a changé, mais l’homme a gardé cette obsession indiscutablement salutaire sur la durée de chercher à faire autrement, faisant de l’innovation non pas un plus à coté de nos vies, mais une composante à part entière, sans doute la plus spécifique à notre espèce. Et l’innovation continue de faire peur.
Le monde change, l’entreprise change aussi. La satisfaction de ses clients exige d’elle qu’elle les surprenne, leur apporte des services autres et autrement. La
nécessité d’innover s’impose à elle ne serait-ce que pour ne pas laisser ses concurrentes occuper les nouveaux espaces. Dès lors, la mieux armée pour susciter et cultiver les innovations bénéficie d’un avantage concurrentiel. Or, c’est bien connu, les organisations les plus grosses, les mieux établies, ont du mal à accepter les remises en cause. Elles laissent à quelques neurones d’amateurs concentrés dans des fonds de garages le soin de surprendre le monde et parfois le révolutionner.Certaines innovations sont à coté du métier, elles enchantent les salariés, mais ne changent rien à leur vie. D’autres augmentent le métier, elles viennent en plus pour élargir des offres existantes et changent alors peu de choses dans le travail de chacun. D’autres encore concernent les modes de travail et le cœur des métiers. Ce sont les plus porteuses de valeur ajoutée, étant très étendues et bénéficiant d’une multitude de relais. Elles ont aussi toutes les chances d’être les plus visibles des clients. Ce sont pourtant les plus difficiles à installer car transformant les métiers et leurs repères, les bousculant, elles exercent dans l’entreprise une forme de violence.





Je me suis parfois interrogé sur l'origine de la connaissance des champignons vénéneux, des fruits non comestibles,etc… C'était avant le "principe de précaution" dont la compréhension limitée par certains nous vaudra d'importants retards. Le curseur est passé de l'autre bord. Entre les deux positions extrêmes il doit bien y avoir une position raisonnable pour ce curseur.
Personnellement, je suis pour l'expérimentation. Il faut simplement faire goûter les champignons douteux à d'autres pour pouvoir être ensuite en mesure de rapporter les conclusions de leur expérience et en faire profiter l'humanité… Faire pareil pour les fruits, les nouvelles coques de bateaux, etc, c'est tout simplement respecter pour soi-même le principe de précaution sans entraver l'innovation dont la société a tellement besoin…
Le plaisir, le désir, la passion sont les ingrédients de l'innovation, assez peu compatibles avec les sociétés du confort lénifiant. Encourager, créer de la convivialité, de la confiance, du défi, sans anesthésier. Le lien et l'échange, le respect, la curiosité, l'estime d'autrui et bien sûr la créativité, voilà des qualités à développer, qui sont à la base par exemple de la stratégie nationale d'innovation finlandaise.
En phase à 100%, en le vivant d'ailleurs….
J'ai beaucoup aimé votre article …Vous faites passer de nombreux messages autour desquels nos chemins de l'innovation doivent graviter…