Fernand Braudel nous invitait à lire l’histoire sur longue période, à considérer qu’au delà de l’importance des évènements c’est sur la durée qu’elle se construit, que «le présent, sans le passé, n’a pas d’avenir». Que pouvons-nous retenir alors de l’histoire du Crédit agricole mutuel ?

Il est né en 1894, quand la France est déchirée entre républicains et conservateurs, socialistes et cléricaux, quand les anarchistes font parler la poudre et que l’Etat leur répond par la guillotine et les «lois scélérates». Quand le Président de la République, Sadi Carnot, est assassiné à Lyon. Quand le capitaine Dreyfus est arrêté, condamné, et que commence la grande Affaire. Cette année-là, le 5 novembre, Jules Méline fait voter la loi donnant statut coopératif aux Caisses locales, fondant le Crédit agricole. Drôle d’année pour une naissance…

Quand la France sort ravagée de la grande guerre, que l’activité des Caisses de Crédit agricole est au plus bas, la loi du 5 août 1920 créé l’Office National du Crédit agricole (qui deviendra la Caisse nationale) et élargit le sociétariat jusque là réservé aux membres des syndicats. Alors, en 2 ans, 1920 et 1921, le Crédit agricole accordera plus de crédits à l’économie que pendant les 20 années précédentes : explosion des crédits d’équipement et premiers prêts bonifiés pour financer les victimes de guerre.

Quand la grande dépression économique atteint la France en 1932, le Crédit agricole renforce le rôle de contrôle et de péréquation de sa Caisse nationale et accompagne la régulation de l’Office du blé créé en 1936. C’est alors qu’en finançant les stocks, il répandra dans les campagnes l’usage des moyens de paiement.

Quand, pendant l’occupation, alors que l’activité s’effondre, le Conseil d’administration de la Caisse nationale est remplacé par un Comité de gestion à voix consultative, quand le régime de Vichy exige des Caisses locales et des Caisses régionales que deux élus sur cinq laissent place aux représentants de la Corporation paysanne, les Caisses régionales décident de créer à la libération leur Fédération nationale. A la période noire succède alors l’explosion des guichets et du fameux Bon à 5 ans. Le Crédit agricole qui était depuis 50 ans prêteur devient collecteur. Le nombre d’agriculteurs déposants passe alors de 8% en 1938 à 30% en 1948.

Je relève que chaque fois que notre Pays a connu une période de grande crise, le Crédit agricole a engagé des évolutions majeures et ouvert une période de prospérité. Il a été chaque fois la banque de la reconstruction. Alors, je me dis qu’une organisation qui sait transformer les crises en opportunités, qui sait mobiliser la volonté et l’imagination dans les circonstances extrêmes, dispose de ressources formidables. Il y a là un bel encouragement…

3 réponses à to “CRÉDIT AGRICOLE ET HISTOIRE”

  • Denis PASCAL dit :

    Partageons nos histoires,
    ASP et histoire

    Notre Etablissement public est, avec une histoire plus récente d’après-guerre, devenu une entité forte en matière de développement de l’espace rural, c’est à dire 83% de notre territoire et 55% de notre population mais aussi dans les secteurs transversaux de l’emploi et la formation des femmes et des hommes citadins, rurbains et ruraux.

    Créée modestement en 1966 sous le nom de CNASEA, c’est aujourd’hui sous le sigle ASP que nous gérons près de 18 Milliards d’Euros avec la mobilisation de 2.245 agents en temps plein travaillé. Fort de la mise en œuvre de la LOLF et de la RGPP nous travaillons régulièrement sur la remise en cause de nos performances et les indicateurs de la qualité des services et des délais respectés. Un modèle de gestion qui s’inspire de l’efficience du service public rendu.

    Partenaire public aussi du monde bancaire où nous avons en charge, notamment, la gestion et le contrôle des prêts bonifiés agricoles que nous certifions. Contrôle de la qualité du service des banques ainsi que celle des bénéficiaires finaux lors de la réalisation des investissements inscrits dans la modernisation des outils de travail et l’appui au développement rural.

    Bien sûr, nous avons encore des efforts de rationalisation pour parfaire les exigences budgétaires et nous avançons sérieusement.

    Afin de mieux nous connaître, je vous invite à apprécier notre Rapport d’activité ASP national 2011
    Et plus succinctement, notre Rapport d’activité Aquitaine 2011 de 4 pages (celui de 2010 faisait 32 pages)

    Au service de nos donneurs d’ordre et de celui de tous publics, nous avons acquis un savoir-faire et une capacité d’adaptation notamment dans ces moments difficiles ou la compétitivité est de mise. Même avec la réduction drastique et incontournable de nos budgets, ce sont de nouvelles missions qui devraient prochainement nous être confiées.

    Comme quoi, constamment au service des autres, nous voilà aussi capable de transformer des éléments de crise en opportunités et mieux envisager ainsi l’avenir… Tout le monde est concerné, chacun doit s’y mettre.

  • Franz dit :

    … un bel encouragement en effet, à une condition : que l’Homme soit remis au cœur des préoccupations de l’entreprise (et, soit dit en passant, de toutes les entreprises !).

    Pour les salariés, le management à l’américaine – qui consiste principalement à mon sens en une exacerbation de la mise en concurrence des individualités – tout comme le pilotage des unités par le seul résultat comptable, sans autre forme de nuance, sont les principaux obstacles au salut de nos âmes.

    Pour les clients, le retour à la confiance durable dans un conseil de qualité (qu’ils sont en droit d’attendre) ne peut se faire sur la seule base d’une vaste opération de communication.

    Pour les Caisses Régionales, les errements stratégiques passés de C.A.sa – que nos clients-actionnaires nous reprochent aujourd’hui – méritent une réflexion profonde sur les mécanismes de consultation, de contrôle et de prise de décision.

    Le magnifique navire du Crédit Agricole tangue dans les flots nauséabonds de la grande finance… Quelle route veut-il prendre ? Quelle route va-t-il choisir ?

  • Desire MWEZE dit :

    Bonjour,

    Je vous écris bukavu,province du Sud Kivu a l’Est de la République Démocratique du Congo. Je détiens un diplôme de licence(Bac+5) en sciences de développement rural,orientation planification rurale.Je suis chercheur-enseignant a l’Institut Supérieur de Développement Rural de Bukavu(ISDR BUKAVU) au département de planification régionale depuis déjà cinq ans.
    En RDC ou plus de 80% de la population vit dans les zones rurales enclavées,l’agriculture constitue la source principale des milliers des ménages agricoles. Cependant,cette agriculture demeure traditionnelle suite au désengagement du pouvoir public quant a ce qui est de son financement.
    Depuis peu des IMF se ruralisent dans la zone pour un appui au secteur agricole a travers le crédit agricole,parfois non compris et mal perçu par les populations rurales. Bien que le credit agricole soit un outil indispensable pour la promotion agricole et le développement rural, cette situation est source de réticence et de désintéressement des IMF suite au taux criant de délinquance dans le remboursement pour certains agriculteurs. Le questionnement demeure: comment accroitre l’internet des IMF vis-a-vis des activités agricoles dont vivent les populations rurales? C’est ainsi que dans le cadre de ma recherche post universitaire au programme de maitrise en socioéconomique et planification du développement a l’ISDR Bukavu,je travaille sur l’analyse des déterminants de remboursement du credit agricole dans la province du Sud Kivu en vue d’aide les IMF a accroitre leur intérêt vis-a-vis des masses rurales travaillant dans le secteur agricole.J’espère ainsi obtenir de vous plus d’informations sur les expériences de succès dans ce domaine(documentation.
    Pleins succès
    Désiré MWEZE

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