Aggravation de la fracture numérique…

Trois évènements ont renforcé cette semaine ma confiance dans notre banque mutualiste et son action :

Une rencontre avec des sociétaires détenteurs des CCA (certificat coopératif d’associé) de Pyrénées Gascogne. Le titre a traversé la crise financière sans dommage et continue sa progression tranquille. Nous constatons avec les participants que cette trajectoire exprime la réalité de la banque coopérative qui finance sur la durée une économie bien réelle et à portée de regard. (cf CCA ici)

Une rencontre avec les collaborateurs qui ont rejoint l’entreprise dans les douze derniers mois. Moment exceptionnel où je mesure l’importance de l’équipe, de l’entraide au travail, des racines collectives. Un vrai bonheur de voir à travers leur regard neuf l’entreprise qui bouge avec une forte attention au client, une parole libre, et des canaux de communication mieux compris et accompagnés. Venus d’horizons différents, ils ont des attentes, des espérances, des regrets, des craintes, mais surtout beaucoup d’envie… Pour eux d’abord, surtout, j’ai envie de me dépasser… Merci !

Notre dernière enquête de satisfaction client qui est en ligne et détaillée ici, montre que le nombre de clients très satisfaits est en augmentation. C’est encore trop peu mais c’est déjà beaucoup et mieux. Nous avançons…

En écrivant ces lignes, j’écoute sur France Culture le reportage sur les pratiques des banques. Je l’adresse parce qu’il donne le sens de notre mouvement et pour saluer Jean-Christophe Capelli, qui parle (bien) de la banque mutualiste ! Nous avons encore du chemin à faire pour changer la banque, mais nous avançons, vite et bien. J’y crois comme au premier jour. Et je crois que cela se fera par un dialogue permanent avec les clients, notamment (pas seulement) par Internet.

Or, je constate que pendant que certains vont de plus en plus loin dans l’usage des réseaux sociaux, appartiennent à des collectivités d’intérêt plurielles, augmentent leur sens critique et leur personnalité et sont résolument contributeurs, d’autres succombent aux sollicitations des jeux de paris ou des votes par SMS payants… L’écart se creuse entre les victimes consentantes de marchands de rêves et les consommateurs éveillés qui progressent en esprit critique, et la même technologie sert les deux.

«Qui a écrit « Les trois mousquetaires » ?, Alexandre Dumas, tapez 1, Victor Hugo tapez 2». «Pariez aujourd’hui sur le combat de demain…» «Prenez la main au bridge…» La bulle explose ! Et dans le même temps, les entreprises se voient enjoindre de supprimer les numéros taxés pour leurs SAV. Que défend-on et qui défend-on ? Quelle est la logique ?

Pierre Durand, à l’accent nettement asiatique, me propose ce matin au téléphone de changer de fournisseur Internet. Comment tolère-t-on des pratiques qui exigent d’un homme qu’il nie son nom ? Je m’étonne que peu de voix s’élèvent pour dénoncer cette pratique humiliante pour « Pierre » et mensongère pour le client.

Si cette ambiguïté s’installe, c’est peut-être parce que trop de gens considèrent les réseaux sociaux comme un fait de société (marginal et sans doute passager), et non comme un moteur social, créateur de lien durable. Ils mettent alors tous les usages sur un même plan, celui d’une mode qui peut s’avérer lucrative. Ainsi, tout orateur s’oblige à dire à un moment ou un autre de son intervention «les réseaux sociaux changent tout, regardez les blogs, FaceBook, Twitter…». Là, vous cherchez, et vous vous apercevez souvent que l’intervenant n’y connait rien, qu’il «n’y est pas», qu’il parle en mode convenu, qu’il surfe sur « un fait de société ».

Un de mes collègues me rapporte l’excellente intervention d’un coach qui «lui a fait toucher du doigt combien cette communauté Internet était importante et structurante». Je regarde et vois que son gourou n’a ni blog, ni compte FB ni Twitter… seulement un site très « vieille France » et aussi élogieux à son endroit que ce qui se faisait sur papier glacé dans les années 50…

Alors qui parle ? Au nom de quoi ? Et est-ce par des faux-nez, des apparences et des autorités de circonstance que nous réduirons cette fracture qui s’élargit ? Sans doute, non. Nous avons besoin de sincérité et il va falloir faire du tri !

A propos de l'auteur ()

Pour en savoir plus sur l'auteur, cliquez sur l'onglet "Qui suis-je ?".

Commentaires (2)

Url de rétrolien | Flux RSS des commentaires

Sites qui pointent vers ce billet

  1. Tweets that mention Aggravation de la fracture numérique… -- Topsy.com | 25 septembre 2010
  1. Alain Hemelinckx dit :

    Bonjour Jean Philippe
    Nous avons déjà eu le plaisir de clavarder il y a quelques mois … je suis le fondateur, directeur et homme à tout faire du think tank BUBEBA « build a better bank ». http://www.facebook.com/home.php#!/pages/Bruxelles-Belgium/Build-a-Better-Bank/163695843645365 .

    Je vous reviens car je lis à l’instant votre post et vos mots « nous avons encore du chemin à faire pour changer la banque, mais nous avançons »… et sur base de ce que je lis et crois savoir, je voulais vous transmettre mes remerciements. Votre disponibilité, vos réalisations au sein d’un grand groupe (grand étant un peu synonyme d’inertie), votre vision, votre travail me font regretter de ne pas vous voir à la présidence d’un grand groupe bancaire… le monde, les gens ont besoin de dirigeants de banque qui voient plus loin que le bout de leur P/L annuel. Si je compare vos actions aux lénifiantes réponses de certains dirigeants de grands groupes à mes questions, je ne peux que regretter de ne pas habiter les Pyrénées.

    Je vous souhaite une excellente journée

    PS. concernant les medias sociaux et leur éthique, la deuxième partie de mon post ci dessous peut vous intéresser.
    http://emarketing.typepad.com/emarketing/2010/05/neslt%C3%A9-greenpeace-que-faut-il-en-retenir-.html

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *