AGIR LOCAL

Classé dans COOPERATION et MUTUALISME par sur 8 décembre 2010 1 Commentaire

La question de l’action collective et de  l’action individuelle est aussi vieille que celle de la coopération. Parce que l’action nait tant des actes individuels qui font avancer les idées et les projets, que de l’action collective qui donne la cohérence d’ensemble. Cette distinction entre action individuelle pleinement assumée et action collective animée d’un projet se retrouve dans le concept de «personnalisme communautaire» cher à Emmanuel Mounier qui a influencé la pensée de l’action sociale dans le milieu du 20ème siècle.

Il est intéressant de se demander quelles sont les bonnes conditions pour que cette action à deux niveaux, collectif et individuel, puisse fonctionner dans nos organisations mutualistes et coopératives. Pour qu’il puisse y avoir à la fois respect de l’initiative individuelle et cohésion de Groupe. Je me risque à donner là quelques principes.

– Prendre en compte les différentes sensibilités, et pour cela, leur demander de s’exprimer clairement, précisément, pour être bien comprises. Ensuite, faire accepter à chacun que ce n’est pas son idée, sa conviction, qui pourront être adoptées, mais bien une voie tenant compte des autres avis. Être ensuite capable d’exprimer clairement cette synthèse, pour que chacun y retrouve un peu de ses propres vœux et adopte le vœu collectif.

– Savoir que, même si au moment du vote le « un homme une voix » est sacré, toutes les voix ne pèsent pas autant. Certaines font plus peur que d’autres, par le jeu des alliances ou des amitiés. Et ce ne sont pas les idées les plus réfléchies, les plus travaillées, qui pèsent le plus dans le débat.

– Avoir conscience enfin, et c’est la nature de nos sociétés, qu’entre deux idées, le collectif choisira toujours celle qui est le moins dérangeante, donc la moins innovante. Les organisations coopératives sont par essence conservatrices (les autres aussi…).

Pour ces raisons, les organisations coopératives sont par nature centripètes. Elles ont tendance à mobiliser leurs instances collectives sur les questions de pouvoir et d’influence, et poussent les plus actifs de leurs membres à agir dans les structures décentralisées, là où ils trouvent des espaces de liberté. C’est pour cela que les idées et leur concrétisation surgissent essentiellement de la périphérie, des entités décentralisées. Il vaut mieux le comprendre assez vite, ça permet de ne pas perdre trop de temps…

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