BANQUE DU TOURISME

La Banque du Tourisme fêtait ce vendredi 14 mars à Tarbes son premier anniversaire lors de son Assemblée générale de Caisse locale. Logique ! Il fallait une Caisse locale, s’appuyer sur le modèle éprouvé de la banque coopérative, réunir des professionnels de terrain, pour répondre au mieux aux besoins du secteur. C’est ce qu’a souligné Henri Lauqué, personnalité reconnue notamment pour son action sur la Côte basque, Président de la jeune Caisse locale. : « Il est important qu’une banque se donne les moyens de comprendre pour apporter des solutions. Il est essentiel de se connaître pour trouver les réponses financières les mieux adaptées. »

Le Tourisme nécessite des services bancaires spécifiques. C’est une activité qui demande des capitaux importants sur long terme. Les besoins de trésorerie sont aussi importants en raison de la saisonnalité de l’activité. Les professionnels doivent aussi être connus, présents sur le web, et disposer de services d’encaissements souples et simples. La Caisse locale qui réunit 16 professionnels du secteur a recensé les besoins et travaillé en ateliers sur la création ou la transmission d’entreprise, la professionnalisation, la fiscalité, le travail saisonnier… Une offre est née…

Pyrénées Gascogne a créé la Banque du Tourisme il y a maintenant un an, sous l’impulsion de Marie-Dominique Desaegher, sa directrice. Ce qui pouvait passer pour « une innovation de plus » s’impose aujourd’hui comme une initiative de bon sens. Le tourisme représente en effet sur nos territoires la première économie, devant l’aéronautique, l’agro-alimentaire, la chimie. Il a de plus de nombreux impacts positifs sur les autres secteurs : il investit, créé des emplois, valorise les productions locales, contribue à l’attractivité des entreprises en recherche de talents… Surtout, il présente un potentiel de développement considérable. Pourtant, on en parle peu…

A cela, une raison simple : dispersé sur le territoire, prenant des formes diverses, le secteur du tourisme est mal connu. Il y a l’hôtellerie, la restauration, les musées, les stations de ski, les pèlerinages, les randonnées, les stages gastronomiques ou sportifs, les campings, les séjours à la ferme, la défense du patrimoine, la mer, la montagne, les espaces ruraux, le thermalisme, les grands hôtels et les gîtes de montagne… On ne voit pas spontanément ce qui fait dans ce secteur l’unité, alors que cette unité conditionne la réputation donc la fréquentation du territoire. Il fallait la Banque du Tourisme non seulement pour répondre aux besoins de financement mais aussi pour contribuer à le faire connaître et à y créer du lien.

« Pourquoi ne pas y avoir pensé plus tôt ? ». Je crois que c’est encore là un symptôme du conservatisme français, qui nous fait regarder le monde avec les yeux des penseurs de la société du 19° siècle, à l’époque où le Pays se dotait de grandes institutions et organisait ses productions. Il y avait alors l’industrie et le commerce, et pour eux de grandes banques commerciales, l’agriculture et l’artisanat, avec leurs banques coopératives, Crédit Agricole notamment, la pêche avec le Crédit Maritime… mais pas de tourisme ou seulement en quelques lieux bien particuliers, comme la Riviera ou les thermes Pyrénéens. Lorsque le tourisme s’est développé, deuxième moitié du 20° siècle, on s’employait plus à exploiter, développer, et protéger les structures existantes qu’à en créer de nouvelles (ce qui n’a guère changé d’ailleurs !).

Voici un  verbatim de la table ronde animée par Véronique Meynard et Gérard Cazalis (ancien directeur du Comité départemental du Tourisme 64 et cheville ouvrière du nouveau Pôle d’excellence tourisme à Pau) : Le tourisme est en train de vivre une énorme mutation »,  « Le tourisme est international, les attentes ont changé », « Le tourisme a besoin de capitaux pour s’adapter, sur la mise aux normes des bâtiments surtout », « La saisonnalité et les besoins de trésorerie sont spécifiques. Les investissements sont lourds », « Les Hautes-Pyrénées, c’est trop petit. Il faut travailler avec le Béarn, le 31, l’Espagne… Coopérer… », « On ne peut avancer que dans l’unité, tous métiers, toutes sensibilités », « il faut réinventer le tourisme, avec une politique de territoire, une fédération », « Le tourisme est une chance pour la France, mais il est trop calé sur les périmètres administratifs », « Il faut aussi investir dans l’intelligence et prendre le risque de financer l’innovation », « Tourisme résonne avec énergie, internet, gastronomie, circuits courts que Pyrénées Gascogne soutient », « Le Crédit agricole devient référent du secteur comme en agriculture », « Continuons de co-construire, de faire adhérer », « Cette initiative doit faire des petits en France »

Cette première Assemblée générale a permis d’entendre Luc Mazuel (Maître de Conférence VetAgro Sup, Docteur en Géographie et Co-fondateur de KIPIK), parler du « tourisme en 2030 » et donner « quelques repères pour l’action ». Verbatim encore : « Il faut différencier, l’île-Jourdain n’a rien à voir avec Bayonne ou Barbotan, mais il faut penser global. » «  La culture touristique, c’est aussi l’affaire des autres acteurs, des commerçants notamment, de tous », « Nous avons des raisons d’être optimistes, mais nous vivons une grande mue. On a besoin d’utopie pour gagner », « Les réseaux sociaux sont devenus importants. Le Tourisme noir apporte de très bonnes mais aussi de très mauvaises expériences », « Il est bon que les réglementations, la demande sociale, Internet, l’écologie, soient pris en compte dans l’action bancaire », « L’habitude prise par les français de faire des économies sur le déplacement touristique est sans doute durable. », « La campagne est le lieu du meilleur rapport qualité-prix, de rassurance, de proximité, de last minute », « Peak stuff et transhumanité interpellent le tourisme », « Pourquoi pas un cyber-d´Artagnan ou un toqué toqué ? Il faut marier ludique et gastronomie. », « Il faut aussi innover dans les modes de transport. Pas encore de vélos électriques ! ».

La manifestation s’est finie par la remise d’un Tooki d’honneur au départ d’un administrateur fondateur, et par… un gâteau (bigourdan, à la broche) d’anniversaire…

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