CROISSANCE ET INNOVATION

A une époque où on met beaucoup en avant les vertus de l’Allemagne (et elles sont nombreuses), il est étonnant de souligner que sa réussite relève beaucoup plus de l’efficacité et de l’optimisation de ses manufactures certes modernisées mais traditionnelles que du développement de nouveaux produits. Dans Les Echos du 9 novembre, Philippe Escande consacre un billet aux Entrepreneurs et montre que l’économie allemande, donnée en modèle en Europe, est peu innovante comparée à la nôtre ou à celle de la plupart des pays européens, y compris dits « de périphérie ». Cela fait réfléchir, et nous ferait presque douter des leçons de Schumpeter, cet économiste autrichien du début du 20° qui considérait l’innovation comme le principal moteur de croissance ou en tout cas, le vrai déclencheur des cycles d’expansion.

En fait, innover ne suffit pas. Il ne suffit pas de penser un projet novateur, il faut encore avoir un courage d’entrepreneur pour prendre le risque de lui donner la vie, de le porter, de le confronter, de le faire partager, de lui faire rencontrer « son marché ». Et il faut encore toute l’énergie de l’entrepreneur pour assurer le développement de l’affaire. Et c’est beaucoup plus difficile pour des produits ou services innovants que pour ceux qui ont déjà une clientèle convaincue. Tant que tout ce chemin n’est pas fait, une innovation n’est qu’une idée, et les formidables réussites d’une poignée de start-up ne peuvent faire oublier les échecs de milliers d’autres.

Il se trouve que nous sommes à Pyrénées Gascogne au cœur même de cette question du déploiement, du développement, de la rencontre avec nos marchés sur plusieurs innovations. C’est un objectif que nous partageons d’ailleurs avec Immersive Lab dont les réalisations 3D, que ce soit pour les conférences ou la valorisation du patrimoine touristique offrent de belles perspectives. Nous en sommes là aussi et ensemble avec les Tookets, cette monnaie sociale et solidaire dont on voit bien qu’elle a tout pour devenir un puissant levier pour rapprocher entreprises et associations par la médiation des clients. On y va…

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Commentaires (2)

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  1. chris potter dit :

    Je crois malheureusement que c’est un peu la méthode « coué ». Voilà un autre classement des pays innovants : France 21ème -4 places. (http://globalindex11.bsa.org/country-table/). Même dans le logiciel la France décroche.

    Par contre le potentiel d’innovation en France est (encore) important et les structures de capital risque sont enfin là ainsi que les incitations fiscales (crédit d’impôt recherche et JEI corrigeant un coût du travail exorbitant)

    Reste à redonner aux Français le gout du risque tout en étant lucide, on ne peut pas entreprendre aux 35h … ni le créateur ni ses salariés.

    Dernier point, il faut que les grandes entreprises et les administrations donnent leurs chances aux start-up françaises ce qui est marginalement le cas actuellement (anecdote, l’assemblée nationale choisissant un linux sud-africain plutôt que français à qualité égale). A quand un Small Business Act

    C. Potter

  2. Le plus important dans ce genre d’initiative innovante c’est que cela peut remettre les banques dans une dimension solidaire ce qui peut les remettre dans le coeur des français.

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