TROP C’EST TROP

Classé dans BANQUE et FINANCES par sur 2 février 2012 31 Commentaires

Et quand c’est trop, c’est plus crédible ! Les attaques contre les banques s’invitent dans tous les discours politiques de campagne, d’un extrême à l’autre. S’il y est un consensus, c’est bien celui-là : « Tirez sur les banquiers…! »

C’est une dérive, et je la dénonce. Ce n’est pas par esprit partisan (tout les partis se prêtent à cette chasse) ni démarche corporatiste (je ne défends pas particulièrement « le monde de la finance » qui a privilégié le profit immédiat et n’est pas irréprochable). Mais de grâce, appelons les choses par leur nom et arrêtons de tout mélanger. Il y a la Banque d’affaires, la Banque d’investissement, la Banque de financement, la Banque de détail. Il y a les Banques en Europe et celle aux USA… Et il n’est pas correct d’employer le terme générique de « banquier » en l’appliquant sans distinction. On fait bien la différence entre le canari et l’oie sauvage, la carotte et le navet. Pourquoi ne pas appliquer aux « banques » le même discernement? En les mettant toutes dans le même sac, on crée une confusion qui va se révéler destructrice pour le pays et son économie.

Je m’explique : on nous dit que « les banques » ne prêtent plus. Or, en tant que Banque de détail, Pyrénées Gascogne a prêté en 2011 un montant record de 338 Millions d’Euros aux entreprises, soit 86% de plus qu’en 2010, et l’encours a progressé de 15%. Frileux ? Jamais nous n’avions prêté autant. Alors, qui dit vrai ?

On nous dit qu’il faut des banques publiques pour faire le boulot ? Qui va rappeler ce qu’ont fait les dernières banques publiques en France, Dexia ou Crédit Lyonnais ? Qui veut recommencer ? Et pourquoi l’Etat prive-t-il les banques de détail d’une partie de leur collecte (livrets A) au lieu de les laisser faire leur travail de redistribution de terrain ? Et qui cautionne sans rien expliquer aux français les réglementations contreproductives qui s’imposent aux banques françaises ? Il faut expliquer…

Alors expliquons. Expliquons que les banques françaises ont pour pratique de ne prêter qu’à des clients solvables et qu’elles conservent les crédits dans leur bilan jusqu’à remboursement complet. Ce modèle est vertueux, alors que les banques US peuvent prêter à des clients insolvables et céder aussitôt les crédits à des banques d’investissement, ce qui a causé le désastre des subprimes. Personne ne dit que les réglementations qui s’appliquent désormais aux banques européennes imposent de fait ce modèle américain. « La profession a fauté, il faut la punir », et tout le monde applaudit. Mais personne ne dit qu’on réglemente en poussant vers le modèle qui a justement fauté. Alors, les banques françaises sont obligées de courir vers ce modèle dans l’urgence, de réduire leur bilan, de céder des crédits, de détruire des emplois. Et on leur dit  « vous ne financez pas assez l’économie » !

Dans quelques années, les français découvriront que leurs banques ont perdu leur influence mondiale, qu’elles apportent moins d’emplois et moins de richesses, donc moins d’impôt. Ils demanderont alors « mais que s’est-il passé ? qui peut nous expliquer ? » Il faudra alors leur dire que sous le feu des critiques, pour satisfaire aux règles anglo-saxonnes et pour désigner au peuple un responsable (qui ne saurait être « public »), on a fait subir à nos banques une cure inutile et économiquement destructrice pour les faire entrer dans un moule finalement bien moins vertueux que le précédent, pour les punir des fautes… des autres. Les autres qui justement auront alors pris de la puissance, remporté des marchés, et en serviront les intérêts à leurs compatriotes…

A propos de l'auteur ()

Directeur général du Crédit agricole Pyrénées Gascogne depuis 2003. Ingénieur agronome, passionné de développement local, et coopératiste convaincu. Fait partie des "Éclaireurs" de la banque écoresponsable...

Commentaires (31)

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  1. Baraton dit :

    Que dire de plus à part merci pour ce billet que remet un peu d’ordre face à cette mode anti banque du moment …Ca y est l’ennemi démagogique de la campagne est trouvé…ce sera les banques ! Trop facile et trop réducteur …Alors oui, même si il est sûrement plus facile d’allumer des contre feux que de se poser les bonnes questions (ex: la France n’a pas connu d’excédent budgétaire depuis 1975!)…n’oubliont pas que les établissements bancaires restent un des moteurs de notre économie nationale et régionale permettant à nos territoires de se développer, à nos entreprises de se développer et aux hommes de rêver et d’entreprendre.
    Couper la source messieurs les politiques en condamnant les banques et nous serons bientôt tous à sec!

  2. André dit :

    Le bouc émissaire est pratique. Il faut faire connaître ces chiffres sur le crédit par exemple. Il faut discuter sur l’apparente bonne idée de séparation du retail et de l’investissement pouvant faciliter les OPA et la concentration… Il faut dire les réglementations Bâle X chez nous et dire si ailleurs elles sont imposées partout… Il fait dire les faits car seuls les faits existent!!!!

  3. Jean PHILIPPE dit :

    Message de Mickael sur Facebook

    Je partage également à 200%. J’avais pour la 1ère fois réagi à ce propos après le passage d’un candidat sur France 2 il y a à peu près un mois.
    J’étais si excédé que je suis allé sur la page FB de ce même candidat pour lui écrire que je trouvais scandaleux cet amalgame qui pouvait générer sur le terrain, dans des agences de proximité, des comportements et des incivilités totalement insupportables dont pouvaient être victimes y compris des amis chers.

    Et que m’ont répondu des « supporters » de ce candidat ? Qu’en prononçant le mot banquier, il ne voulait pas parler des hommes et des femmes qui travaillent chaque jour au développement économique de leurs territoires. Qu’il s’agit d’une facilité de langage pour être mieux compris des français.

    Une « facilité » de langage dont nous payons le prix depuis des mois et qui nuit un peu plus chaque jour à la confiance que la population devrait pourtant nous porter… Personnellement, je suis écoeuré… mais certainement pas découragé… Et très fier d’être un « banquier » !

  4. Michael dit :

    Et j’ajoute André que nous devons aussi crier haut et fort notre modèle mutualiste qui fait notamment mais pas seulement que, chaque année, nos caisses régionales consacrent des millions d’euros dans le tissu associatif de nos territoires. Si seulement ce modèle était aussi connu de tous et reconnu par tous, sans doute nos détracteurs populistes iraient chercher un dictionnaire pour trouver autre chose que le terme de banquier…

    Au passage, merci Jean d’avoir publié mon commentaire de FB ;-)

  5. Bruno lemaitre dit :

    C’est plus facile de chercher des coupables, que de faire ça propre autocritique.Cela fait 37 ans que je suis au crédit Agricole,et j’en ai vu des politiques de bords différents mais avec un même langage.Moi ma banque était la dans les moments difficiles, nos politiques eux ne sont la que les 3 derniers mois qui précédent les élections. Ces 3 mois ou par miracle toutes les solutions sont trouvées ,enfin des promesses aux solutions.

  6. Patrick FAIVRE dit :

    Je partage totalement. Ce qui me surprend le plus, c’est le silence assourdissant de la profession face à ces attaques démagogiques et injustifiées. C’est pourtant le moment rêvé, en pleine campagne éléctorale, de réagir et rappeler le rôle indispensable des banques dans le développement économique et le retour à la compétitivité de la France dont se gargarisent tous les politiques de droite comme de gauche.

  7. Fabrice dit :

    La démagogie et le populisme n’ont jamais été aussi présents dans le discours politique français, c’est un nivellement par le bas effarant et finalement un outrage à la démocratie: les élites politiques servent un discours qu’elles savent pertinemment être faux!
    Lorsque nous (= banquiers de détail) rencontrons des politiques et que nous discutons (en tête à tête car ils s’en cachent comme s’ils en avaient honte) et que nous leur expliquons nous sommes souvent frappés par leur compréhension de la complexité du problème .
    La plupart comprennent donc bien et sont d’accord avec nous…mais ne le disent jamais publiquement car ils estiment que ce discours « ne serait pas compris » ou craignent d’être accusés d’êtes « à la botte des banque ».
    Mais comment les gens pourraient-ils comprendre si aucun de ceux qui ont la fenêtre médiatique ouverte en permanence s’en sert pour « tirer sur un banquier » et pas pour expliquer la réalité.

    Tout cela se retourne et se retournera progressivement contre eux, on ne gagne jamais rien à « cultiver l’inculture » dans quelque domaine que ce soit.

  8. Je comprends votre légitime irritation à être désigné bouc émissaire de problèmes générés par 30 ans de gestion irresponsable de notre budget national.
    Cependant, cette confrontation peut aussi être l’occasion de s’interroger sur l’évolution du modèle mutualiste et coopératif, et ses limites : explosion du périmètre de consolidation, primauté des filiales sociétés par actions dans la formation du résultat, difficultés à venir du contrôle par les entités coopératives de groupes de services financiers étendus, diffusion de la culture unique de la rentabilité par attribution de stock-option aux dirigeants … sont aussi des réalités, certes éloignées de /votre/ terrain…
    A ce propos, j’ai trouvé intéressante et pas trop biaisée cette ressource, publiée par Hervé Juvin, vice-président de l’AGIPI : http://blogs.lexpansion.com/cooperative-2012/2011/07/05/un-monde-en-voie-de-disparition/

    Bonne lecture.
    Amicalement

  9. Laurent LAFONT dit :

    Sur RTL ce matin, intervention du patron d’une banque française également irrité par les attaques: « on dit n’importe quoi sur les banques françaises, c’est bien trop facile; on mélange tout; il faut expliquer… ». Simplement… 8 mn de parole « autorisées » pour essayer d’expliquer (pardon pour vous défendre)!? un peu court, non ? Certainement que le sujet ne doit pas mériter plus au cas ou la population commencerait par comprendre…
    Les banques françaises ne doivent t’elles pas prendre la parole et afficher un message commun ? (comme le font certaines professions ou interprofessions)

  10. Eric LE DANTEC dit :

    Bravo, j’adhère à 100% mais le mal est déjà profondément enraciné.
    A titre personnel, dans mes associations ou lors de repas entre amis, je ne dis plus que je travaille pour une banque sinon, je suis aussitôt vu comme un méchant trader exploitant le peuple.
    Je ne suis pas un as de la communication (il y a peut-être un risque à contre-communiquer) mais c’est vrai que je rejoins l’avis de Patrick Faivre et je m’interroge sur le silence des banques sur le sujet.

  11. Jean PHILIPPE dit :

    Yves sur FaceBook

    Merci et bravo Jean ! Mais il faudrait que les hommes et femmes qui financent l’économie au quotidien parlent et écrivent plus .
    À noter ce matin une bonne intervention de M. Oudéa sur RTL.

  12. Jean PHILIPPE dit :

    Solange sur FaceBook

    Que dire également des Banquiers eux mêmes quand ils se tirent une balle dans le pied : pour preuve la dernière Pub TV du Crédit Mutuel où il faut dorénavant avoir HONTE que son propre fils soit devenu Banquier !!! Certes un humour de 3ème zone mais de très mauvais goût .. quand même !!

  13. Albert Vidaillac dit :

    Et bien, quelle indignation! Mais ou est la vertue tant chantée:
    – dans les millons d’Euros engloutis en Grèce, en Italie,dans des jeux de « monopoli » par les dirigeants de Credit Agricole SA (avec la complicité des établissemnts régionaux si vertueux)
    – dans les centaines d’emplois supprimés (oh bien sur, pas de licenciements, c’est trop sale!) nottament dans un fumeux projet « NICE » dont personne ne voit le bout et qui présure tant et tant les salariés, et qui coûte combien sur l’argent des clients?
    – dans la gestion transparente des rémunérations des dirigeants vertueux (primes vertigineuses, avantages divers, retraites chapeau, parachutes dorés pour ceux qui quittent le navire de la vertue….)
    – dans la mutualisation des pertes (au secours l’état quand il y a un os) et la privatisation des bénéfices (dividendes aux actionnaires)
    – mais attention les vertueux outragés, cela va peut-être bientôt changer, et s’il vous plaît, un peu de décence tout de même car parmi notre peuple et vos clients, il y a beaucoup d’êtres humains (c’est quoi ça?) dont le niveau de revenus est à ce point bas que vous ne pouvez l’apprehender de votre vertueuse hauteur.

  14. Jean PHILIPPE dit :

    Je profite du post que vient de poser Albert Vidaillac pour lui souhaiter une bonne retraite. Il est en effet ancien salarié de notre banque. Je le dis à la fois par souci de transparence et pour que chacun mesure le chemin qu’il nous reste à parcourir… Je ne suis pas chanteur, je suis banquier. Il m’est arrivé de ne pas être en accord avec l’organisation que je servais, et j’ai démissionné. C’est ce que nos anciens appelaient le courage.

    Les « millions engloutis » ont servi le développement de la banque de détail dans des pays européens. Je crois que c’est là notre métier de base, celui dont personne ne conteste l’utilité pour l’économie réelle.

    NICE est le système d’information que nous avons voulu pour servir nos clients en intégrant les nouveaux modes de relation avec eux et entre eux.

    S’agissant de la mutualisation des pertes, il n’y a pas eu un centime d’Euro d’aide de l’Etat à la banque et des dividendes, il n’y en a pas quand elle fait des pertes.

    S’agissant enfin des salaires, je suggère qu’un journaliste d’investigation regarde la part des métiers de la banque parmi l’ensemble des contribuables et leur part dans les plus hauts revenus.

    Je ne me prononce pas sur la dernière phrase…

  15. Michel dit :

    Alors coup de cœur et coup de gueule…..que pour une large part je partage ! Je me différencierais peut- être en valorisant 2 points supplémentaires :

    1) Chez les Banquiers (et Financiers)….comme chez tous les Etres humains, il y a de la diversité….avec des courageux et des moins courageux, des rigoureux formalistes et des moins rigoureux, des partisans du jeu collectif et des individualistes, des gens avec une grande éthique….et quelques-uns qui en manquent…..cela rassure, les banquiers sont des Femmes et des Hommes qui sont fait de chair et de sentiments comme tous les Autres….et à ce titre ils ne méritent ni plus d’honneur, ni plus de blâme que tous les sujets du Genre humain,

    2) Je partage une large part du propos de F Hollande, j’aurais pu dire la même chose que lui… Le seul adversaire, celui qui sans cesse se cache, avance masquer, ne revendique pas le pouvoir, ne se présente pas aux élections, n’est et ne sera jamais élu… mais qui sans cesse exerce pouvoir et influence… oui, c’est bien lui notre ultime adversaire… et j’ai nommé « l’intérêt individuel »… ma chute est simplement différente et ne vise ni un corps de métier, ni un groupe racial ou religieux, mais le cancer de la société actuelle… Les gains et faveurs pour moi, les charges et les contraintes pour les autres !

  16. François ANDRE dit :

    Pour éviter l’amalgame malheureux, il suffit de séparer la banque de détail (vertueuse) de la banque d’investissement (pervertie).

    Pour la Grèce, ça n’est pas des « millions » engloutis, c’est des « milliards » d’euros, probablement et au final proche de 10 milliards, comme les 10 milliards carbonisés par CA-CIB dans les « subprimes ».

    Alors, les cris d’orfraies (« trop c’est trop »)… je veux bien mais c’est un peu tard. C’était au moment et au sein des conseils d’administration des entités de gouvernance de CASA qu’il eût fallu crier « casse-cou ».

    Maintenant, il faut assumer, y compris les mauvais côtés réputationnels.

    Au fait, M. Philippe, à combien s’élèvera votre retraite-chapeau en tant que DG de Caisse?

  17. Jean-Luc TURON dit :

    Un seul mot :  » BRAVO « .

    Je prends ma plume électronique (d’aucuns diraient que cela est particulièrement rare mais la circonstance me semble justifier cette exception ) pour faire part de ma fierté à la lecture de votre article .

    Comme beaucoup, je n’ai d’autre prétention que de n’être, depuis de nombreuses années, qu’un modeste artisan de la banque et à ce titre, rien dans mes actes, mes missions ne me parait mériter l’opprobre qui est jetée sur notre métier .

    J’ai rencontré de nombreux clients, des chefs d’entreprise, des dirigeants d’associations, des élus locaux et même si nous aurions pu parfois faire plus, faire mieux, autrement; je les ai toujours accompagnés avec force et conviction dans leurs projets, leurs réussites et parfois leurs difficultés.

    Même si dans l’imaginaire collectif notre profession a été souvent raillée; depuis 3-4 ans, pas une relation professionnelle , personnelle sans que notre statut de bouc-émissaire ne soit systématiquement rappelé .

    Alors oui, trop c’est trop mais ne nous décourageons pas, continuons à affirmer haut et fort nos valeurs, continuons à les porter et à les diffuser dans nos échanges quotidiens avec nos clients .

    Peut-être l’histoire (la petite, cela nous suffira) nous rendra t-elle justice un jour.

  18. Jean PHILIPPE dit :

    Monsieur André, merci de votre réaction.

    1/ J’assume, et j’assume tout. J’assume même les mauvais cotés « réputationnels », la preuve… Vous remarquerez que j’écris, je dis, j’écoute, et je réponds…

    2/ Je ne pousse pas de « cris d’orfraies » ni de cris d’Orfraie d’ailleurs (Pygargue à queue blanche). Il faudrait LIRE ce qui est écrit et ne pas INTERPETER. Ainsi, j’ai bien souligné les erreurs commises par le système financier et je ne demande pas qu’on les nie, mais qu’on regarde ce qu’on veut faire maintenant…

    3/ Je répète que les investissements en Europe ont été faits pour y développer la banque de détail. Je suis entièrement solidaire de ces choix qui d’ailleurs étaient salués par tout le monde ou presque à l’époque…

    4/ J’ai dit que l’investissement en dérivés de crédits immobiliers américains était une erreur, mais n’oublions pas que ces produits étaient considérés « sans aucun risque » par les régulateurs, assurés par des établissements réputés solides, et notés AAA par les agences de notation…

    5/ J’ai toujours défendu le modèle de banque de détail, de proximité, et mutualiste. Et je continue… Ce site en témoigne, il a déjà 5 ans…

    6/ Pour autant, j’affirme l’utilité de la banque de financement et d’investissement (BFI donc chez nous CA-CIB) pour notre économie et pour notre pays. Il est irresponsable de blâmer son action sans faire de distinction entre ses métiers. Si les BFI françaises n’accompagnent plus les entreprises françaises dans le monde et sur les marchés, ce sont les autres qui le feront. Et c’est cela que je dénonce dans mon article. Et tous les français, qu’ils soient d’accord ou non, qu’ils aiment, tolèrent ou conspuent les banques, en souffriront. Il faut réfléchir à cela avant de « brûler » nos banques et de participer aveuglément à la curée.

    7/ Oui j’assume ma participation aux décisions du Groupe et j’en suis fier. J’ai commencé, comme vous sans doute, employé de banque. c’était dans la toute petite Caisse de l’Ariège. je cherchais des solutions durables aux petits exploitants en difficulté et j’ai gardé avec beaucoup des liens d’amitié. J’ai appris là le Crédit agricole qui permet à ceux qui le veulent de prendre des responsabilités et de participer à la gouvernance, parce que notre fonctionnement est en effet coopératif et démocratique. Je ne comprends pas comment on peut dénigrer ce modèle… Si je n’avais pas choisi de prendre plus de responsabilité, j’aurais moins travaillé, mois déménagé (8 déménagements !) et je dirais peut-être comme vous « ils font des c… ». J’ai choisi une autre voie, celle d’agir, pas de regarder. J’agis et j’assume…

    8/ S’agissant de la « retraite chapeau » que vous mentionnez en fin de texte ( « in cauda venenum »), je suis comme tout salarié assez incertain sur ce que seront les retraites dans quelques années. J’ai demandé (voir ci-dessus) que l’on veuille bien faire clair sur cette question des salaires des dirigeants de banques par rapport aux autres dirigeants et professions. Je rappelle simplement que je dirige un Groupe de 2.200 personnes.

    Tout cela devrait faire réfléchir avant de condamner le modèle de banque français, et celui de banque coopérative… Et voyez, comme je vous le disais au début, j’assume… On ne construira pas l’avenir sur des mots d’ordre simplistes mais en prenant nos responsabilités, en travaillant, en réfléchissant, en analysant. Voir, juger et agir !

  19. Albert Vidaillac dit :

    Comme en d’autres domaines, peut–être y a-t-il la loi (la règle) et les privilèges dont vous semblez ne pas vouloir vous défaire… Il s’agit là encore d’une vision d’un personnage ayant du pouvoir et ne tolérant aucune contestation. Cela porte un nom, que ma mémoire défaillante a égaré dans quelque circonvolution.

    Ne touchez surtout pas aux privilèges de votre classe sociale car vous pratiquez la lutte des classes en vous accrochant à tous vos privilèges et continuez comme si rien ne bougeait dans le monde. Vous parlez des banquiers et puis de comparaisons entre « carottes et navets » ou « oies sauvages et canaris ». Je ne me permettrai pas de vous classer dans aucune de ces familles végétales ou animales, mais vous laisserai votre classification de BANQUIER (à ne pas confondre avec EMPLOYE DE BANQUE), terme qui pour moi est suffisamment explicite.

    (Ce message a été modéré par mes soins. JP)

  20. Flavien Neuvy dit :

    Votre texte est pertinent. Les banques françaises ne sont pas à l’origine de la crise financière. Elles n’ont pas « mangé » du papier subprime, elles n’ont rien coûté aux contribuables français (elles ont même rapporté 2 milliards d’euros). Bien sûr, tout n’est pas parfait (quelle profession peut l’affirmer?). Mais pour autant, les attaques incessantes contre les banques sont insupportables.
    Lire : http://cebazatpourdemain.typepad.fr/cebazatpourdemain/2012/02/cest-pourtant-clair-non-.html

  21. PASCAL Denis dit :

    Divide et impera…

    Ne nous ne laissons pas berner par cette maxime qui mit alors, entre-autres, le monde aux pieds du Sénat de la Rome des uns… C’est une manipulation « à deux euros » qui en vaut bien d’autres pour parvenir à trouver un coupable et disculper l’autre jusqu’à ce que son tour arrive… et ainsi de suite.

    Surtout, continuons à communiquer ainsi pour mieux nous comprendre et servons nos métiers et nos valeurs avec respect. Depuis 27 ans à Pyrénées Gascogne, je peux témoigner du soutien de vos équipes dans chaque situation de ma vie et dans les conditions les mieux adaptées.

    Pour ceux qui sont tentés de plomber le monde de la finance, cesser de mettre un tout dans un seul sac. Comme pour l’administration, l’éducation, l’industrie, l’agriculture, la forêt, le commerce, l’artisanat… ne vous trompez pas de cible car nous sommes tous concernés ! c’est juste une question de distance !

    Votre métier de banquier est nécessaire à toutes économies, celui de mesurer le risque à financer et à le prendre. Faire confiance et être présent pour aider ceux qui le veulent à investir dans des projets compétitifs territoriaux, qu’ils se développent ici ou ailleurs dans le monde, vous êtes à la même enseigne que tout autre d’entres nous, c’est celui du résultat et ce n’est que lui qui vous sortira de nos frontières. Votre différence à Pyrénées Gascogne, c’est la dimension de votre territoire à servir en priorité et vous le faite bien aussi, de ce que j’ai pu constater à maintes reprises dans mon travail.

    Que quelques élus vous sabrent, vous les banquiers, sans distinguo, c’est qu’ils se sont peu intéressés à votre métier et sa diversité. Que ceux-ci regardent bien le développement de leurs propres collectivités, souvent bien peu efficientes, loin s’en faut et toujours à vouloir créer la péréquation générale au détriment des efforts de gestion réalisés par les autres.

    Il est juste indispensable que chacun assume la responsabilité de son développement et ne passe pas son temps à tirer sur tout ce qu’il considère comme concurrent au détriment de ses intérêts personnels. Nous sommes tous concernés par les difficultés mondiales à devoir gérer cette situation et nous seront, élus, fonctionnaires, banquiers, entrepreneurs, industriels, salariés, de près ou de loin, les indispensables contributeurs.

    Ce qui nous manque, c’est prendre un peu de recul, un peu de hauteur pour considérer la gouvernance de nos actions de façon transversale et mutuelle, chacun à notre niveau, dans l’intérêt général, c’est à dire du coût donné au service rendu fini. Mais cela va à l’encontre des mouvances partisanes spéculatives qui se perdent dans les chiffres et les sondages, généralités biens loin des réalités, pour brouiller les cartes.

    Aussi, je vous en conjure, ne mettez pas tout le monde dans ce panier d’opportunistes qui régalent le galerie. « Divide et impera », ceux qui le pratique, le font tout simplement parce que cela a souvent fait ses preuves et ils en tirent le profit que l’on veut bien leur servir. Le banquier que vous êtes est aussi noble que les responsabilités biens exercées par un élu. Une collectivité à gérer, c’est aussi comme une PME, avec de l’argent public certe, celui des autres sûrement avec des comptes à rendre !

    Que ce soit la Grèce, les crédits immobiliers américains ou les parachutes dorés… publics ou privés… nous n’empêcherons pas les escrocs et les menteurs, c’est de ceux-là dont il nous faut développer les outils de contrôle pour éviter qu’ils s’en aillent avec la caisse.

    Nos territoires se réorganisent et prennent un nouveau contour autour des préoccupations réelles de leurs habitants, bassins de vie naturels proches de nos « zones rurales » d’antan qui hument le bon sens des terroirs et du pragmatisme. Continuons à innover pour servir leurs développements et respectant la richesse de leurs cultures.

    Nous avons un long et tumultueux chemin à faire ensemble, alors restons groupé et regardons devant et autour de nous, c’est là que cela se passe et l’Europe, chaque jour y travaille dans l’intérêt général… je peux en témoigner depuis un peu plus de 20 ans…

  22. Albert Vidaillac dit :

    La censure, c’est pas vraiment une belle pratique, d’autant que vous étiez un peu en délicatesse avec les règles (mais bien sur vous ne publiez pas ce passage). A croire que la libre expression vous gène. La partie que vous avez fait paraître de mon message, sortie de son contexte, ne signifie pas grand chose. Mais, comme je le disais, vous détenez le pouvoir et toute contestation est gênante pour la classe sociale à laquelle vous appartenez. Sur qu’il est plus doux de publier les messages des éternels encenseurs.

  23. François ANDRE dit :

    10/02/2012 | 16:55 | mis à jour à 17:17 |

    Les prêts toxiques continuent à alimenter la chronique. Le président socialiste du Conseil général de l’Ain, soumettra le 13 février à son assemblée une délibération pour l’autoriser à engager un recours auprès du juge des contentieux du TGI de Lyon contre le Crédit Agricole pour défaut de conseil ou manquement à l’obligation de mise en garde. En cause un produit structuré à effet cumulatif très pernicieux classé hors charte Gissler. Il a été souscrit en novembre 2006, par la précédente majorité de droite, pour un montant de 20 millions d’euros… Au-delà de cet emprunt, l’actuel exécutif fait état d’une dette de 420 millions constituée à 42 % par des prêts structurés dont l’essentiel a été placé par Dexia « que nous n’excluons pas d’assigner en justice»…. Otez-moi un doute, l’actuel DG de CASA n’était-il pas le DG de cette Caisse au moment des faits… ? Merci d’avance pour votre réponse, M. Philippe.

    (Ce message a été raccourci JP)

  24. Jean PHILIPPE dit :

    Merci de vos réactions et avis.
    Les commentaires que vous adressez montrent que si tout en ayant des regards différents, on ne peut décidément pas en rester aux seules apparences et aux discours trop généraux qui mélangent un peu tout…

    Le commentaire de @AV me conduit à préciser s’agissant des « règles » que l’adresse email du commentateur n’est jamais publiée sur le site ce qui n’interdit pas au modérateur de le contacter. Quant à la liberté d’expression, chacun apprécie…

    Puisque @FA me demande de répondre, je le fais volontiers, de façon générale n’ayant pas connaissance du cas particulier qu’il mentionne dans son commentaire.

    1/ Il faut en général deux conditions pour qu’un crédit « structuré » devienne « toxique » :
    – que les évolutions de marché provoquent une forte montée du taux (en cas contraire, on parle d’une bonne affaire)
    – que la majorité qui a décidé de ce prêt durant son mandat change de bord politique.
    2/ Les Collectivités qui ont souscrit ces crédits structurés ont pris leur décision après mise en concurrence des banques et analyse des conditions par leurs services financiers spécialisés et en général très compétents pour en apprécier les avantages et les risques.
    3/ Pyrénées Gascogne qui ne proposait pas ces crédits a été à l’époque critiqué par des collectivités pour « ne pas savoir s’aligner » et « proposer des prêts trop chers »… En effet, les emprunteurs appréciaient le faible montant des premières échéances et leurs experts financiers (comme ceux des banques), n’anticipaient pas la crise qui a brutalement modifié les parités taux ou devises entre pays.
    4/ Enfin, si on veut bien regarder, c’est une banque à capitaux publics qui a été la plus active sur ces produits…
    Au regard de leur sophistication et de leur exposition aux marchés, ces crédits ne sont plus distribués aujourd’hui. Là encore, c’est le bouleversement financier qui en a révélé ce qu’on appelle leur « toxicité ».

  25. François ANDRE dit :

    Merci pour votre réponse et, malgré le respect que je vous dois, laissez-moi désormais vous dire à mon tour que c’est également « vous qui mélangez un peu tout… »

    1/ Tout d’abord vous avez tronqué ma citation extraite d’un article de presse d’une source sérieuse (le quotidien économique Les Echos) et vous avez soigneusement censuré le nom de M. dans mon commentaire sous forme de question: je vous posai une question simple (était-il DG de la caisse incriminée au moment des faits, oui ou non? J’ai d’ailleurs noté que vous dîtes qu’en tant que DG de PG vous n’avez pas consenti ce type de prêts toxiques, ce qui est tout à votre honneur.)

    2/ Vous vous abritez derrière le leitmotiv classique des banquiers depuis le début de cette crise: ça n’est pas notre faute, c’est celle de quelqu’un d’autre (« les collectivités locales n’avaient qu’à pas souscrire ») alors qu’au titre du devoir de conseil ce type de prêts n’aurait jamais dû être proposé compte-tenu de leurs risques. Affirmer que les collectivités locales comprenaient ces instruments est une contre-vérité dont je vous laisse seul la responsabilité. La justice tranchera mais compte-tenu des précédents sur ces sujets, tout aussi bien britanniques dans les années 80 qu’allemands l’année dernière, la direction n’est pas en faveur de ces banques.

    3/ La banque « à capitaux publics » à laquelle vous faites référence, Dexia pour ne pas la nommer, ne l’était pas à l’époque… Les Etats français, belge et luxembourgeois n’ont renfloué cette institution qu’à la fin 2008; avant c’était une banque à capitaux privés, en tout cas pour la période de mise-en-place de ces prêts toxiques.

    4/ La procédure judiciaire entamée par le département de l’Ain touche le Crédit Agricole en premier — et pas Dexia (pour l’instant) — car les conditions de ce prêt toxique sont particulièrement « toxiques » (taux d’intérêt de l’ordre de… 12% aujourd’hui, pouvant augmenter jusqu’à 30%, au delà du taux de l’usure! Information capitale que vous avez effacée de mon post). Comment une banque coopérative a-t-elle pu tomber dans des travers pire qu’une banque privée? Mais peut-on vraiment encore parler de banque « mutualiste »?

    Je viens d’achever la lecture du livre du député européen Pascal Canfin intitulé « Ce que les banques vous disent et pourquoi il ne faut presque jamais les croire ». Edifiant et je vous en recommande la lecture car, comme vous, observateur du monde bancaire depuis une quarantaine d’années, je ne peux que partager l’analyse de ce député sur les dérives de cet univers depuis le milieu des années 90.

    Il serait de bon ton que vous ne « raccourcissiez » pas à nouveau ce message pour n’en garder que ce qui ne vous dérange pas. Merci d’avance pour votre intégrité, M. Philippe.

  26. Jean PHILIPPE dit :

    Ce n’est peut-être pas de « bon ton », mais j’ai encore « modéré » les mises en cause des personnes et « raccourci » le point 1 de ce dernier commentaire. Je protège ainsi ceux qui écrivent. Par exemple, le mot « incriminé » est excessif lorsqu’il s’agit de demander l’autorisation d’engager une action…
    1/ Il y a tout ce que vous ne contestez pas, dont acte…
    2/ Vous mettez en cause l’expertise des services publics, soit…
    3/ Dexia est né en 1996 du Crédit local de France et du Crédit Communal de Belgique, banques à capitaux publics. Même si une part du capital a été mise sur le marché, et que c’est à partir de 2008 que le Public s’est renforcé, il a toujours été au capital et influent. Les choses, plus compliquées que je ne l’ai dit, j’en conviens, sont aussi moins simples que vous ne le dites…

  27. Patrick KLEER dit :

    Bravo Jean pour ton investissement et tes talents d’orateur à l’écrit !
    Et si nous passions à l’action ? Je propose que l’on organise une manifestation virale. On (le ON peut être chacun des 400.000 banquiers fraçais qui font un travail de terrain et qui permettent à des millions de français de réaliser des rêves et des projets) On donc, adressera à chacun des candidats à la Présidence, quand on les connaîtra officiellement, un tweet perso et un message sur leur mur FB et un mail dans leur boite de QG de campagne, qui reprendra cette belle argumantation.
    Et même si seulement 10 % de nos collègues font la démarche, ils voudront répondre à 40.000 personnes. Sans forfanterie, sans déclaration journalistique, juste une relation de citoyen à candidat ! C’est ça la démocratie, non ? Les candidats ont décidé d’utilier le net. Nous aussi, ça tombe bien.

  28. Yann Q. dit :

    Bonjour

    Après lecture des excellents échanges sur ce blog, quelques remarques :

    Jean Philippe « 4/ J’ai dit que l’investissement en dérivés de crédits immobiliers américains était une erreur, mais n’oublions pas que ces produits étaient considérés “sans aucun risque” par les régulateurs, assurés par des établissements réputés solides, et notés AAA par les agences de notation… »

    Ce constat témoigne à lui seul de l’inadaptation de la régulation se référant expressément aux notes attribuées par les agences.

  29. Yann Q. dit :

    « Il faudra alors leur dire que sous le feu des critiques, pour satisfaire aux règles anglo-saxonnes et pour désigner au peuple un responsable (qui ne saurait être “public”), on a fait subir à nos banques une cure inutile et économiquement destructrice pour les faire entrer dans un moule finalement bien moins vertueux que le précédent, pour les punir des fautes… »

    Mais comment expliquez-vous cet échec des banques « françaises » à faire entendre leur voix sur les orientations prises en termes de régulation financière ?

  30. Yann Q. dit :

    J’ai eu l’occasion de représenter plusieurs ONG leur des négociations du Grenelle de l’environnement

    Le sujet de l’ISR avait été totalement occulté, résultat d’un efficace lobby des représentants de l’AFB « le développement durable n’est pas notre métier, n’attendez rien de notre part ». Ce qui, vous en conviendrez j’en suis sûr, est totalement déphasé par rapport au rôle sociétal majeur des banques ! (Vous n’étiez franchement pas très bien représenté …)

    Malgré tout, j’ai modestement initié l’adoption, l’été 2009, par la Commission Développement Durable du Sénat un mécanisme de comply or explain s’appliquant aux sociétés de gestion (article 224 de la loi Grenelle 2 devenu l’article L. 533-22-1 du code monétaire applicable à compter du 1er janvier 2012).

    Il oblige les sociétés de gestion de produire une information relative à la prise en compte des critères sociaux, environnementaux et de qualité de gouvernance dans leur politique d’investissement. Le décret d’application vient de sortir : http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000025241527

    M. Patrick KLEER, voilà une occasion de mettre en avant pendant la campagne présidentielle des éléments objectifs sur la responsabilité sociétale des établissements financiers : mettez en oeuvre ambitieusement cette obligation d’information !

  31. Aunque tarde, por fin he leido un articulo de opinión de una persona influente en el mundo de la Banca, que por cierto tiene que ser de fuera de España, pero presidente de Bankoa, que dice la verdad sobre el momento financiero en cuanto a la Banca se refiere. Corto, directo y sin darle más vueltas. Eso es lo que ocurre y esa es la verdad. Espero que este pensamiento cale en las direcciones de la Banca Española y esta pueda reflotar. Lo público si no es para servicios sociales no vale. Si hay dinero por medio, todos se lo quieren llevar a casa.
    Miren si no las Cajas Españolas. Chiringitos de políticos corruptos que salen indemnes de una gestión impresentable y delictiva.
    Muchas gracias, y siga usted con ese pensamiento y actuando con corrección.
    Un saludo

    Eduardo Taroncher

    Bilbao-Pais Vasco

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