Archive pour la catégorie ‘Actualité - Billets d'humeur - Divers’

A sa façon, le Crédit agricole mutuel Pyrénées Gascogne fait sa déclaration… Il aime son territoire… Comme le font tous les sites de la banque, des agences, des services, je tenais moi aussi à le dire, et à y mettre un peu de mon coeur…

Il y a quelques mois, le Crédit agricole mutuel Pyrénées Gascogne créait le LIVRET SOCIÉTAIRE au service de son territoire. Nous avons voulu un livret qui établisse un lien fort entre l’épargnant et l’emprunteur, qui favorise la création d’entreprises, qui renforce aussi la solidarité entre le monde économique et celui des associations. Bref, un livret vraiment coopératif et mutualiste, dédié à la responsabilité locale, au service du territoire, où chacun puisse être contributeur.

Je rappelle les principes : une épargne rémunérée à 2,25%, jusqu’à 100.000 Euros par personne, disponible à tout moment, totalement utilisée par la banque pour financer les petites entreprises du territoire de moins de trois ans d’âge, et qui génère des TOOKETS, monnaie solidaire permettant au détenteur du livret de déclencher une aide financière de sa banque aux associations de son choix.

Voici où nous en sommes fin 2011 des réalisations :

4.790 LIVRETS ont été ouverts, totalisant au 31 décembre 81.019.000 d’Euros d’épargne. Cette épargne a permis de financer 1.052 prêts pour un montant de 124.490.000 Euros au profit des petites entreprises créées depuis moins de 3 ans. Le LIVRET SOCIETAIRE a généré 758.600 TOOKETS qui ont abondé les 4.000.098 TOOKETS distribués en 2011, soit 40.000 Euros, au profit de 107 associations du territoire. Les chiffres de ce début d’année sont très encourageants, puisque nous sommes à fin janvier à 6.289 LIVRETS SOCIETAIRES pour un encours de 120.900.000 Euros.

Voilà de quoi soutenir le dynamisme des jeunes entrepreneurs et aider les associations et leurs bénévoles qui travaillent à la solidarité locale ! Devenez sociétaire de votre banque coopérative, et participez à l’Assemblée générale de votre Caisse localeVous aimez votre territoire ? Nous aussi ! Vous en êtes acteur ? Nous en sommes la banque !

Pour en savoir plus sur TOOKETS et sur LIVRET SOCIETAIRE cliquez sur l’image :

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : la France produit 5,6% des publications scientifiques mondiales mais ne détient que 2% des brevets déposés dans le monde. A l’aise dans les idées et les savoirs fondamentaux, les français pensent et analysent bien. Ils innovent peu. C’est parce qu’en France, l’académisme prend le pas sur l’application et que les organisations continuent de privilégier la bureaucratie aux dépens du client et de l’initiative. Un « mal français » à l’origine sans doute de maux plus spontanément mis en avant, comme l’inflation de la dette publique ou la mollesse de la croissance, qui en sont en réalité des symptômes. Alors, si nous voulons guérir de ce mal, il faut commencer par le regarder en face !

La lecture du livre de Pierre Servent, « Le complexe de l’autruche » (éd. Perrin 2011) est édifiant si on veut bien le lire non comme un ouvrage d’histoire et de stratégie militaire (domaine d’expertise de l’auteur), mais pour ce qu’il traite dans le fond : la question de l’innovation en France. On y comprend que la France a toujours préféré une préparation précise des opérations éclairée par ses expériences du passé, le strict respect des consignes hiérarchiques structurées qui en découlent, à la prise en compte des changements et des réalités nouvelles, donc au détriment de l’innovation. Il est consternant de voir comment un pays en vient ainsi à exceller dans l’art de passer à coté de ses chances y compris quand l’enjeu est sa propre défense ou la protection de ses vies. Les français n’ont su anticiper ni l’importance des nouvelles armes en 1870, ni celle l’aviation en 1940. Au lieu de prendre en compte les notes d’alerte rédigées par des officiers conscients des mouvements de l’ennemi, l’Etat-major en corrigeait les fautes d’orthographe. Dans les mêmes temps, les armées d’Outre-Rhin, issues de peuples à qui est spontanément attribué un sens maladif jusqu’au comique de l’ordre et de la discipline ont su improviser, désobéir et oser des mouvements militaires gagnants sous l’impulsion de généraux visionnaires et pragmatiques.

Les raisons de ces rendez-vous manqués sont sans doute celles qui nous font passer depuis quelques années à coté du formidable bond d’Internet. Voilà un domaine où les français ont pris plus que leur part dans les idées mais ne parviennent pas à prendre place parmi les majors. Disons-le, la France est handicapée dans l’innovation par cette forme de conservatisme qui consiste à établir beaucoup de principes et de règles rigides nourris des leçons du passé au lieu se mettre en disposition de répondre aux enjeux du présent.

S’il est un mot qui revient souvent dans les discours et propositions qui inondent nos médias (et ce n’est pas fini), c’est celui d’innovation. Nous avons besoin d’innover ! Quoi de plus naturel au moment où le pays prend conscience qu’il s’est laissé distancé et qu’il va être bien difficile de remonter la pente ? Alors innovons ! Créons de la nouvelle valeur, fabriquons et vendons ! Pour autant, a-t-on vraiment envie d’innover ? Et en sommes-nous vraiment capables ? Ce n’est pas par un claquement de doigts ou une résolution matinale que le sens de l’innovation va soudain jaillir des administrations, des entreprises, de la société comme une nouvelle source qui ne demandait qu’à surgir. Ce n’est pas non plus par des décrets ou des subventions, encore moins par des créations de postes « d’innovateurs » qui ne trouveraient ni place ni écoute dans nos organisations. Et je ne parle pas des “Comités”, “Commissions” et “Groupes de travail” dont on peut se demander s’ils n’ont pas été inventés pour tuer tout germe d’innovation avant première pousse.

Innover est compliqué et  demande plus de bouleversements et de ruptures que n’en laissent croire ceux qui en parlent (assez bien d’ailleurs). Il faut vouloir innover, et pour cela, il faut vouloir renoncer, prendre le risque de changer, de heurter, de blesser. Il faut avoir le courage d’avancer seul et sans repère, souvent sous le regard moqueur de ceux qui suivent « la bonne route », celle de l’habitude, embouteillée donc rassurante.

Nos organisations n’aiment pas l’innovation, parce que depuis l’origine, ou presque, l’espèce humaine s’en méfie. Parce qu’il n’y a pas d’innovation sans expérience, pas d’innovation sans risque. Accepter de laisser s’exprimer plus de créativité humaine dans les rouages bien huilés d’une organisation est considéré comme dangereux. Pourquoi ? Parce que l’organisation risque de changer, de perdre ses bons repères, ses hiérarchies, ses rituels, ses compromis, donc sa tranquillité. Mais si l’organisation conserve avec une précaution jalouse tout ce dont elle est si fière et qui l’empêche de gagner depuis vingt ans, ne prend-elle pas un risque bien plus grand ?

Au moment où nous prenons conscience de la fragilité de notre modèle de développement, de la vanité des grands principes de fonctionnement auxquels nous sommes encore tant attachés, n’est-il pas sain et bon d’accepter de mettre plus de « jeu » dans les rouages, de laisser entrer l’esprit créatif, de lui laisser de la place, ce qui demande de se bousculer un peu ? Il faut pour cela changer de regard sur l’individu dans l’organisation, lui reconnaître davantage de capacité à être pleinement acteur, à s’impliquer dans son travail ou sa fonction au-delà de sa « définition de poste », à s’intéresser aux « territoires » qui ne sont pas les siens. Voilà une démarche qui n’est pas naturelle pour les dirigeants et les managers, mais qui est nécessaire si nous voulons changer. Et c’est plus ce changement-là qui nous fera « sortir de la crise » que l’équilibre des recettes et dépenses budgétaires, pourtant bien nécessaire….

« J’aime [j’aide] mon territoire », ça se conjugue. Nous le faisons, en ce début d’année, élus et salariés du Crédit agricole Pyrénées Gascogne. Nous le disons pour le Béarn, le Pays basque, la  Bigorre, la Gascogne. Nous le conjuguons, parce que le territoire est à la fois singulier et pluriel. Nous l’affichons, parce que le territoire est ce que nous partageons de plus fort avec nos clients.  Le territoire rassemble. A la fois géographie, histoire, économie, il fait le lien entre nature et culture… Il a ses flux, il est vivant, et surtout, il nous associe chacun à une identité et à un collectif. Il est un repère et un espace d’action. Les préoccupations (plus qu’émergentes) de réduction des déplacements et des transports, de valorisation des «circuits courts», d’accentuation de la proximité relationnelle et du renforcement des liens interpersonnels donnent une dimension particulièrement «moderne» au territoire.

Pour nous, banque coopérative, ces préoccupations sont prises en compte dans nos métiers et en tout premier dans la facilitation et l’efficacité des circuits financiers. Nous engager à ce que l’épargne collectée ici serve d’abord les projets de ceux qui investissent ici en est une application majeure. C’est justement le rôle du Livret Sociétaire que nous avons inventé à cette fin. Alimenter financièrement les projets du territoire, c’est une façon essentielle de l’aimer et de l’aider, tout comme soutenir ses associations… les Tookets sont justement là pour ça. Disons que c’est du “proximal banking” puisque l’anglais fait plus sérieux. Ce qui se traduit simplement par “banque proximale” sachant que le mot “proximal” est bien français et qualifie chez les anatomistes ce qui jouxte un organe. Cette expression convient bien à une banque qui collecte proche pour prêter proche…

Vous pouvez vous retrouver dans cette discipline territoriale, sans être un de ces “imbéciles heureux qui sont nés quelque part” décriés par Georges Brassens. Et vous pouvez le dire… Profitez de ce début d’année pour envoyer une belle carte de vœux qui non seulement dira à vos amis tous ce que vous leur souhaitez de bon pour 2012, mais aussi par laquelle vous affirmerez votre soutien à votre territoire.  (merci free-style pour l’aide à la création)

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