Archive pour la catégorie ‘Banque - Economie - Fiscalité - Juridique’
Et quand c’est trop, c’est plus crédible ! Les attaques contre les banques s’invitent dans tous les discours politiques de campagne, d’un extrême à l’autre. S’il y est un consensus, c’est bien celui-là : “Tirez sur les banquiers…!”
C’est une dérive, et je la dénonce. Ce n’est pas par esprit partisan (tout les partis se prêtent à cette chasse) ni démarche corporatiste (je ne défends pas particulièrement “le monde de la finance” qui a privilégié le profit immédiat et n’est pas irréprochable). Mais de grâce, appelons les choses par leur nom et arrêtons de tout mélanger. Il y a la Banque d’affaires, la Banque d’investissement, la Banque de financement, la Banque de détail. Il y a les Banques en Europe et celle aux USA… Et il n’est pas correct d’employer le terme générique de “banquier” en l’appliquant sans distinction. On fait bien la différence entre le canari et l’oie sauvage, la carotte et le navet. Pourquoi ne pas appliquer aux “banques” le même discernement? En les mettant toutes dans le même sac, on crée une confusion qui va se révéler destructrice pour le pays et son économie.
Je m’explique : on nous dit que “les banques” ne prêtent plus. Or, en tant que Banque de détail, Pyrénées Gascogne a prêté en 2011 un montant record de 338 Millions d’Euros aux entreprises, soit 86% de plus qu’en 2010, et l’encours a progressé de 15%. Frileux ? Jamais nous n’avions prêté autant. Alors, qui dit vrai ?
On nous dit qu’il faut des banques publiques pour faire le boulot ? Qui va rappeler ce qu’ont fait les dernières banques publiques en France, Dexia ou Crédit Lyonnais ? Qui veut recommencer ? Et pourquoi l’Etat prive-t-il les banques de détail d’une partie de leur collecte (livrets A) au lieu de les laisser faire leur travail de redistribution de terrain ? Et qui cautionne sans rien expliquer aux français les réglementations contreproductives qui s’imposent aux banques françaises ? Il faut expliquer…
Alors expliquons. Expliquons que les banques françaises ont pour pratique de ne prêter qu’à des clients solvables et qu’elles conservent les crédits dans leur bilan jusqu’à remboursement complet. Ce modèle est vertueux, alors que les banques US peuvent prêter à des clients insolvables et céder aussitôt les crédits à des banques d’investissement, ce qui a causé le désastre des subprimes. Personne ne dit que les réglementations qui s’appliquent désormais aux banques européennes imposent de fait ce modèle américain. “La profession a fauté, il faut la punir”, et tout le monde applaudit. Mais personne ne dit qu’on réglemente en poussant vers le modèle qui a justement fauté. Alors, les banques françaises sont obligées de courir vers ce modèle dans l’urgence, de réduire leur bilan, de céder des crédits, de détruire des emplois. Et on leur dit ”vous ne financez pas assez l’économie” !
Dans quelques années, les français découvriront que leurs banques ont perdu leur influence mondiale, qu’elles apportent moins d’emplois et moins de richesses, donc moins d’impôt. Ils demanderont alors “mais que s’est-il passé ? qui peut nous expliquer ?” Il faudra alors leur dire que sous le feu des critiques, pour satisfaire aux règles anglo-saxonnes et pour désigner au peuple un responsable (qui ne saurait être “public”), on a fait subir à nos banques une cure inutile et économiquement destructrice pour les faire entrer dans un moule finalement bien moins vertueux que le précédent, pour les punir des fautes… des autres. Les autres qui justement auront alors pris de la puissance, remporté des marchés, et en serviront les intérêts à leurs compatriotes…
Depuis maintenant deux ans, le Crédit agricole mutuel Pyrénées Gascogne demande à ses clients s’ils sont satisfaits de leur banque. Deux fois par an, nous posons huit questions sur le site www.lefil.com pour qu’ils nous disent ce qu’ils pensent de l’accueil qui leur est réservé, des conseils qui leurs sont donnés, des propositions qui leurs sont faites, de leur relation avec leur agence.
Plus de 11.000 clients ont répondu à cette enquête en décembre 2011, et nous constatons avec plaisir que plus de 8 clients sur 10 se disent satisfaits et 1 sur 2 « très satisfaits ». Des chiffres en progression constante et régulière depuis deux ans et qui sont mis en ligne dès la fin de l’enquête sur le site ici (ou en cliquant sur l’image).
Beaucoup de clients nous ont laissé des commentaires et nous les en remercions. Il y a ceux qui disent pourquoi ils sont satisfaits et cela fait plaisir. Il a ceux qui se plaignent de telle ou telle chose, et nous intégrons leurs remarques aux actions de progrès de nos agences et de nos services.
Je félicite ici tous les membres du personnel de Pyrénées Gascogne qui se mobilisent pour la satisfaction des clients et voient ici leurs efforts reconnus. Ils continuent de faire vivre une banque coopérative, entièrement concentrée sur son utilité et sur l’accompagnement de ses clients, au service de tous partout sur son territoire…
Ce post est l’occasion de rappeler que le mutualisme n’est décidemment pas une affaire de mots mais bien de preuves, et que ces preuves ne sont pas données une fois ici ou là, par l’un ou par l’autre, mais bien par tous et tout le temps…
Tout s’accélère. En quelques jours, les gouvernements de la Grèce et de l’Italie changent brutalement de profil et on voit de grands experts de la finance remplacer les politiques à la tête du pouvoir. Changement de paysage annoncé aussi en Espagne ce dimanche dans un processus beaucoup mieux préparé. Et puis, il y a eu la « boulette » d’une agence de notation qui a fait entrer la France dans la zone rouge de l’Euro, la rapprochant des pays périphériques et l’écartant un peu plus des « triple A »… Le scénario qui se déroule est celui du pire pour la cohésion de l’Europe. Le divorce est consacré entre les pays « cigales » et « fourmis » à travers l’écart de taux auxquels chaque pays se refinance maintenant : l’Italie rattrapée par l’Espagne emprunte à environ 7%, la France à 3,70% et l’Allemagne à 1,75%. Un grand écart qui, s’il perdure, fera exploser la zone, ce que tout le monde voit, tout le monde sait. Et pourtant…
Des voix s’élèvent dans le Monde pour demander que la BCE achète massivement de la dette des pays les plus vulnérables pour rendre supportable leur charge financière. L’Allemagne s’y oppose, considérant que ce n’est pas la mission dévolue à la BCE (qui est de contenir l’inflation) et exigeant des pays concernés qu’ils conduisent les réformes structurelles nécessaires à leur redressement. Cette exigence, bien compréhensible, trouve ses limites et elle le sait. On a compris qu’elle assouplirait sa position si sa propre représentation dans la gouvernance de la zone Euro était sérieusement renforcée et si les pays en difficulté étaient soumis à une réelle tutelle.
Voilà à nouveau l’Europe contrainte de trouver très vite des solutions qui permettent de réduire la charge de la dette des pays concernés tout en exerçant sur eux des exigences de gestion renforcées et contrôlées. Le projet d’Euro-bonds refait ainsi surface. Les traités européens certes ne permettent pas une émission collective et solidaire comme le font les USA et la GB (“clause de non-renflouement“ inscrite au traité de Lisbonne), et il est impensable que les Pays de l’Euro renoncent et sur le principe et dans les délais requis à leur souveraineté en la matière. Il est possible toutefois d’émettre collectivement des Euro-obligations garanties par chaque Pays au prorata de sa dette. Cette solution serait un pas de plus vers une coordination financière et budgétaire, d’autant qu’une telle mesure serait conditionnée à une surveillance très stricte. Il est aussi possible que la BCE, sans intervenir directement, donne au FMI des moyens financiers pour qu’il exerce sa tutelle sur les pays fragiles en usant de son savoir-faire et de son autorité.
Ce qui est certain, c’est que les jours qui viennent devraient voir les lignes bouger, cette fois encore, sous la pression des marchés qui décidément ont du mal à reprendre confiance dans la zone Euro…
A une époque où on met beaucoup en avant les vertus de l’Allemagne (et elles sont nombreuses), il est étonnant de souligner que sa réussite relève beaucoup plus de l’efficacité et de l’optimisation de ses manufactures certes modernisées mais traditionnelles que du développement de nouveaux produits. Dans Les Echos du 9 novembre, Philippe Escande consacre un billet aux Entrepreneurs et montre que l’économie allemande, donnée en modèle en Europe, est peu innovante comparée à la nôtre ou à celle de la plupart des pays européens, y compris dits « de périphérie ». Cela fait réfléchir, et nous ferait presque douter des leçons de Schumpeter, cet économiste autrichien du début du 20° qui considérait l’innovation comme le principal moteur de croissance ou en tout cas, le vrai déclencheur des cycles d’expansion.
En fait, innover ne suffit pas. Il ne suffit pas de penser un projet novateur, il faut encore avoir un courage d’entrepreneur pour prendre le risque de lui donner la vie, de le porter, de le confronter, de le faire partager, de lui faire rencontrer « son marché ». Et il faut encore toute l’énergie de l’entrepreneur pour assurer le développement de l’affaire. Et c’est beaucoup plus difficile pour des produits ou services innovants que pour ceux qui ont déjà une clientèle convaincue. Tant que tout ce chemin n’est pas fait, une innovation n’est qu’une idée, et les formidables réussites d’une poignée de start-up ne peuvent faire oublier les échecs de milliers d’autres.
Il se trouve que nous sommes à Pyrénées Gascogne au cœur même de cette question du déploiement, du développement, de la rencontre avec nos marchés sur plusieurs innovations. C’est un objectif que nous partageons d’ailleurs avec Immersive Lab dont les réalisations 3D, que ce soit pour les conférences ou la valorisation du patrimoine touristique offrent de belles perspectives. Nous en sommes là aussi et ensemble avec les Tookets, cette monnaie sociale et solidaire dont on voit bien qu’elle a tout pour devenir un puissant levier pour rapprocher entreprises et associations par la médiation des clients. On y va…
L’agence en ligne TOOKAM, « pondue » (selon l’expression même de ses fondateurs) en avril dernier, est considérée par beaucoup d’observateurs comme la banque « nouvelle génération ».
Une nouvelle preuve avec cet article du Figaro. L’usage des réseaux sociaux et du tchat sont déjà en soi des innovations majeures. Mais la principale innovation réside sans doute dans son caractère solidaire. En effet, la plupart des banques en ligne font miroiter des taux de rémunération élevés et attirants. Tookam le fait aussi, mais offre en plus à ses clients la possibilité de donner, grâce aux Tookets, un coup de main aux associations de leur choix.
C’est plus qu’une différence, c’est le sens même de la banque qui change, et c’est ce qui fait de Tookam est une des nouvelles formules du mutualisme de demain.







