Archive pour la catégorie ‘Banque - Economie - Fiscalité - Juridique’

L’agence en ligne TOOKAM, « pondue » (selon l’expression même de ses fondateurs) en avril dernier, est considérée par beaucoup d’observateurs comme la banque « nouvelle génération ».

Une nouvelle preuve avec cet article du Figaro. L’usage des réseaux sociaux et du tchat sont déjà en soi des innovations majeures. Mais la principale innovation réside sans doute dans son caractère solidaire. En effet, la plupart des banques en ligne font miroiter des taux de rémunération élevés et attirants. Tookam le fait aussi, mais offre en plus à ses clients la possibilité de donner, grâce aux Tookets,  un coup de main aux associations de leur choix.

C’est plus qu’une différence, c’est le sens même de la banque qui change, et c’est ce qui fait de Tookam est une des nouvelles formules du mutualisme de demain.

La crise est largement commentée dans les médias : informations, analyses, prises de positions parfois bien tranchées s’y bousculent. Devant la multitude des avis et opinions, d’énoncés de vérités et de contre-vérités, de propos qui vont des plus pessimistes aux plus rassurants, de solutions qui en sont et d’autres qui n’en sont pas, le commun des mortels a bien du mal à faire le tri. Il lui reste à s’inquiéter, et il est vain de tenter de faire entendre sa voix dans le tumulte.

A Pyrénées Gascogne, le Président Jean-Claude Rigaud et moi-même avons décidé de prendre la route, et d’aller à la rencontre « in live » de ceux qui le souhaitent pour répondre à leurs questions. Il s’agit pour chacun de son épargne et de ses projets, et cela mérite d’y consacrer l’attention et le temps qu’il faut.

En agissant ainsi, nous appliquons les principes fondateurs des banques coopératives et mutualistes : chaque personne est importante et mérite le respect, chaque voix compte, l’échange et le débat sont indispensables à la bonne conduite de l’entreprise. Si le Crédit agricole est décentralisé, avec des banques régionales, de taille humaine, proches du terrain et de ceux qui y vivent, c’est justement pour faciliter cet échange direct et pour être là quand il y a des questions. Cette proximité compte plus à notre avis pour une relation de confiance que les chiffres et ratios. Et nous parlerons bien sûr, aussi, des chiffres et des ratios !

Ce soir samedi 24 septembre nous serons à Julos (65), dimanche 25 le matin à Salies de Béarn (64), le soir à Bayonne (64), puis mardi 27 à Bidos (64), mercredi 28  à Pau (64), dimanche 2 octobre à Auch (32) le matin et le soir à Tarbes (64). Lieux et horaires sont ici…

Les fins de semaines se suivent et se ressemblent : les divergences persistent en Europe entre pays du Nord et pays du Sud. Et on redoute une Europe du “chacun pour soi”. Ainsi s’ancre cette incertitude que les marchés financiers ont en horreur. Par temps de grand brouillard, ils lèvent le pied. Ils ne s’alignent pas sur le scénario du plus probable, mais sur celui du pire. Ils ont peur et font peur. Alors, le pire, même hautement improbable, hante les esprits parce qu’il est simplement possible. Quand la confiance ne suffit plus, il faut des certitudes, et il devient urgent de décider…

Si les craintes se cristallisent sur les banques, c’est parce qu’elles auraient à payer leur tribut au naufrage de l’Europe. Leur dégringolade en bourse n’est que la traduction financière du scénario du pire. Et toutes les banques d’Europe sont concernées par ce risque, y compris celles du Nord, y compris les banques non cotées dont on parle peu, moins surveillées que les autres et de façon générale moins capitalisées.

Qui peut imaginer que les Gouvernants puissent laisser le système bancaire s’effondrer tout en continuant leurs “échanges cordiaux et constructifs” ? Est-il besoin d’être économiste pour comprendre qu’ils ont tout à y perdre, tous ? Voilà pourquoi le scénario du pire ne se réalisera pas. Et voilà pourquoi, au lieu de demander aux Etats de prendre le contrôle des banques – comme on l’entend dire ici ou là – il faut leur demander de prendre le contrôle de la situation. En clair, qu’ils préviennent aujourd’hui les défauts plutôt qu’avoir à les gérer demain, et que chacun fasse son boulot…

On comprend que les pays du Nord ne veuillent pas payer pour les “cigales”, et ils ont certainement raison de mettre les pays qui n’ont pas respecté le pacte initial devant leurs responsabilités. Mais ils savent aussi qu’ils disposent maintenant de marchés dans ces pays, que l’espace Euro leur est favorable, et qu’ils paieraient cher une désolidarisation qui tournerait vite à la désunion. Le scénario du pire ne se réalisera donc pas, parce que la raison s’y oppose.

Pour que les Etats rassurent sur leurs intentions, il doivent adopter une expression de solidarité claire, précise, juste, qui apporte aux pays en difficulté l’oxygène dont ils ont besoin (des capitaux à prix supportable) tout en maintenant une exigence forte sur les mesures budgétaires nécessaires. La réponse doit être mutualiste :-) : assez de part commune pour solidariser et soutenir, assez de responsabilité pour inciter chacun à bien gérer son pays.

L’émission d’obligations européennes est une voie. L’économiste Jacques Delpla montre que de telles obligations, émises solidairement et couvrant pour partie la dette publique de chaque pays, permettraient même aux plus riches de se refinancer moins cher. On pourrait donc aider ensemble les pays du Sud tout en préservant les performances de ceux du Nord. Parce que nécessité fait loi, ce scénario est le plus probable.

En actant le “défaut partiel” de la Grèce, les pays de l’Euro ont montré qu’ils étaient “partiellement solidaires”. On nous a dit que le traitement grec resterait exceptionnel, mais qui peut penser que l’on fera pour d’autres ce qu’on n’a pas fait pour la Grèce ? La désolidarisation est donc consacrée, ce qui satisfait (à court-terme) les Etats du Nord. Mais ce compromis se révèle explosif parce que les spectateurs de ce “renoncement partiel” restent “partiellement convaincus” et redoutent de nouveaux défauts. Constatons que tous les pays sont affectés par cette incertitude et qu’il faut donc corriger le message implicite du compromis grec pour en établir un autre. Reconnaissons que si la situation de l’Etat californien, lourdement endetté, n’est pas un sujet, c’est bien parce qu’il existe aux USA une dette fédérale sécurisante…

Il faut maintenant qu’une autorité morale s’exprime à plusieurs voix, que quelques dirigeants tapent fort sur la table pour ramener tous au réalisme, en regardant plus loin que les prochaines échéances, financières ou électorales. J’attends comme beaucoup qu’une telle autorité s’exprime (Ce sera quand ? Ce sera où ?)… Oui, il faudrait débattre. Oui, il faudrait voter. Mais “nous sommes en guerre”. C’est aux Gouvernants d’assumer des choix face à l’histoire. Les Européens, divisés sur la dette, vont-ils renoncer sous la pression à ce qu’ils ont mis tant de temps à construire ? Vont-ils oublier qu’au-delà de la seule sphère économique, il s’agit aussi de garantir la paix ? Ce n’est quand même pas un détail !

Un élève qui a 18/20 à chaque devoir et qui passe subitement à 17/20, cela peut surprendre. Mais qui le trouverait moins performant que celui qui a 12/20 en permanence ? C’est pourtant ce scénario bizarre qui nous est proposé depuis que l’agence Moody’s a dégradé la note de banques françaises. Cette dégradation n’est pas une surprise puisque leur note était sous surveillance depuis le début de la crise grecque. Elle est pourtant très largement médiatisée…

Je lis sur plusieurs sites que les « petites banques », ou les banques non exposées aux projecteurs des médias enregistreraient des ouvertures de comptes d’épargnants souhaitant sécuriser leurs avoirs. Ce « réflexe » mérite quand même quelques réflexions, car ce qui compte le plus, redisons-le, ce n’est pas la dégradation, mais bien la note elle-même. Précisons les choses :

1/ Les banques cotées sont sous le feu des projecteurs, ce qui ne veut pas dire que celles qui ne sont pas cotées soient plus solides. Elles sont simplement moins observées. Mais elles ont aussi un bilan et dans ce bilan de la dette publique comme les autres. Pourtant, on n’en parle pas… Elles ne sont pas passées chaque jour au crible des analystes. Elles donnent moins d’informations puisqu’on ne leur en demande pas. Il faut rappeler que les marchés financiers ont certes beaucoup de défauts, mais ont le mérite d’exiger des sociétés qui s’y soumettent des informations régulières et précises sur leur bilan et leurs activités. Donc, elles disent, on sait, on juge, on voit…

2/ Une bonne façon de mesurer la solidité de la banque pour les épargnants n’est pas d’écouter les discours des dirigeants pour qui, en général, tout va toujours très bien, mais de se fier aux notes que ces fameuses agences de notation accordent aux unes ou aux autres. Le résultat pour Moody’s donne Crédit agricole et BNPP avec Aa2 en tête toutes catégories (il les classe parmi les banques les plus solides d’Europe, juste derrière Rabobank et Crédit Suisse), viennent derrière la Banque Populaire, les Caisses d’Epargne, la Société Générale et le Crédit Mutuel CIC avec Aa3. Ceci, après cette fameuse dégradation dont on nous parle matin et soir !

Il est devenu urgent d’expliquer clairement ce qui se passe dans le Monde. La démocratie a ses exigences, on le sait depuis longtemps, notamment celle de l’information et de la vérité. Or, d’évidence, peu de gens comprennent la drôle d’histoire qui est entrain de se dérouler sous leurs yeux. Et on entend tout et son contraire, assaisonné de contre-vérités flagrantes.

Je lis comme vous, par exemple, que le G7 vient de réunir les « pays riches ». Formule reprise par tous les médias. Un pays assommé de dettes au point que les autres ne souhaitent plus lui prêter peut-il être qualifié de « riche » ? Il pèse certainement très lourd en PIB, mais comme pour les entreprises, il ne faut pas confondre le chiffre d’affaires et le résultat… Et c’est le résultat qui fait la richesse.

J’entends comme vous que les gouvernants européens cherchent des solutions communes au problème de la dette. Il suffit pourtant de regarder ce qu’ils décident pour constater qu’ils jouent maintenant « perso ». Les pays du Nord, qui tiennent leur budget, ont maintenant dit clairement qu’ils ne paieraient pas pour les « cigales » du Sud. Et tant pis si ces cigales ont acheté leurs voitures et leurs équipements. On tourne la page. Ce sera chacun pour soi !

J’entends aussi que cette crise a été engendrée par les banques qui après avoir asséché les caisses des Etats auraient prêté à ces mêmes Etats à des taux insupportables et sans prudence suffisante. Faut-il encore dire et redire que Les Banques françaises n’ont pas reçu d’aide de l’Etat, mais des avances remboursées et payées à un taux proche de 10% ? Que les banques prêtent aux Etats parce que c’est leur métier ? Comment peut-on leur reprocher d’avoir dans leur bilan de la dette publique de leur pays ou de pays d’Europe ? Et si les Etats dépensent plus qu’ils n’ont de ressource, est-ce la faute de leurs banques ou tout simplement de la leur ?

Entendons-nous bien, il est légitime de reprocher aux banques leur engagement dans l’immobilier américain (les fameux subprimes). Elles en ont fait trop, sans vigilance suffisante, et n’ont pas su voir venir le danger, comme les autres acteurs de la finance d’ailleurs. Mais on ne peut pas reprocher aux banques de financer les Etats. Non !

Finalement, l’histoire de cette crise est très simple. C’est celle de la dette. Une histoire entre prêteurs et emprunteurs qui tourne mal quand les premiers ne font plus confiance aux seconds. Chacune et chacun sait dans sa vie personnelle et familiale que cette situation, quand elle survient, nécessite de réagir très vite et de rééquilibrer son budget. Et que ceux qui n’y arrivent pas disent facilement que c’est la faute à la banque… personne n’est obligé de les croire.

Contact

Exprimez-vous !

HEBDO+

Catégories
Catégories

www.lefil.com

Les Experts PG Page Facebook Suivez-nous sur Twitter YouTube
Tous les blogs d'experts