Archive pour la catégorie ‘Bourse, Titres et OPCVM’

Ce jeudi 10 mai
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sera consacrée au patrimoine

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Un ami m’a demandé de lui écrire quelques lignes sur «l’argent utile». Comme je tardais à lui répondre, il m’a gentiment relancé. C’est un ami. La vérité est que je restais un peu sec sur une question qui à première vue me paraissait facile. Existerait-il un argent utile et un autre qui ne le serait pas ? L’argent, c’est bien connu, n’a pas d’odeur. Le voleur et le vertueux, l’avare et le prodigue, l’égoïste et le partageux, tous utilisent le même argent. Il est une mesure commune à tous, utilisable par tous, il est impartial. La réponse qui s’impose est donc : «Bien sûr que l’argent est utile et même nécessaire puisqu’il permet d’échanger des biens et des services utiles et nécessaires».

Mais la question de mon ami n’était pas de savoir s’il existait un argent utile et un autre qui ne le serait pas. L’argent est le même qu’il finance un investissement utile ou un projet douteux. Sa question portait sur l’usage de l’argent qui lui prend valeur morale puisque nous le rendons utile ou non selon ce que nous en faisons. (je sais qu’Aristote l’a dit bien avant moi). Si cette question de l’utilité de l’argent se pose aujourd’hui avec insistance, c’est que ses usages et sa circulation apparaissent critiquables. Quand le sont-ils ? Quand l’accumulation d’argent devient une fin en soi, ce qui le dénature par rapport à sa fonction première d’échanges, puisqu’il n’est plus échangé. Quand il est acquis ou dépensé dans des conditions qui ne respectent pas la morale des rapports sociaux ou des échanges. Plus généralement quand il est considéré comme un objectif et non comme un moyen.

Les banques se voient reprocher d’avoir détourné l’argent de ses utilités premières. J’en ai déjà parlé ici. Elles ont développé des activités de marché et cherché à générer des profits hors des échanges commerciaux, mais n’ont pas pour autant négligé le financement de l’économie. L’abondance de liquidités de la première décennie de ce siècle a alimenté le marché des produits dérivés mais aussi le marché immobilier et l’investissement industriel. Les statistiques le montrent, les prix de l’immobilier aussi. Elles ont donc agi «utilement».

La question interroge tous les acteurs de l’économie, tous ceux qui utilisent l’argent, qui l’empruntent pour investir ou qui le placent. Le Livret sociétaire que nous avons lancé il y a quelques mois connait un fort succès, et nos clients marquent un vrai intérêt pour cette épargne «utile» qui sert à la fois les jeunes entreprises et les associations de leur territoire. C’est un signe. Dans le même temps, notre site en ligne «Kam et Léo» tarde à trouver son public (lisez le blog) alors qu’il est exclusivement dédié à l’Investissement Socialement Responsable, donc à des produits de placement par définition «utiles», conçus et contrôlés pour répondre à cette exigence. Il reste donc du chemin à faire pour atteindre cette responsabilité d’usage.

On voit aussi se développer des monnaies complémentaires dédiées au développement local, soutenant les échanges de proximité. Par leur caractère radical, leur usage limité à certaines transactions, ces monnaies sont exclusives de spéculation et d’accumulation. Mais elles posent tout de même une question morale quand elles permettent d’éviter de payer la TVA et ne répondent donc que partiellement à la question. Une question qui ne peut trouver de réponse que dans les mœurs publiques de nos sociétés dont Phocion nous a dit qu’elles étaient faites de nos vertus privées. Les usages de l’argent ne sont que le reflet des priorités des citoyens. Personne n’est surpris d’apprendre qu’à Las Vegas, beaucoup va au jeu. Il en est de même partout. L’argent n’a peut-être pas d’odeur, mais il se colle quand même à nos préférences.

La crise est largement commentée dans les médias : informations, analyses, prises de positions parfois bien tranchées s’y bousculent. Devant la multitude des avis et opinions, d’énoncés de vérités et de contre-vérités, de propos qui vont des plus pessimistes aux plus rassurants, de solutions qui en sont et d’autres qui n’en sont pas, le commun des mortels a bien du mal à faire le tri. Il lui reste à s’inquiéter, et il est vain de tenter de faire entendre sa voix dans le tumulte.

A Pyrénées Gascogne, le Président Jean-Claude Rigaud et moi-même avons décidé de prendre la route, et d’aller à la rencontre « in live » de ceux qui le souhaitent pour répondre à leurs questions. Il s’agit pour chacun de son épargne et de ses projets, et cela mérite d’y consacrer l’attention et le temps qu’il faut.

En agissant ainsi, nous appliquons les principes fondateurs des banques coopératives et mutualistes : chaque personne est importante et mérite le respect, chaque voix compte, l’échange et le débat sont indispensables à la bonne conduite de l’entreprise. Si le Crédit agricole est décentralisé, avec des banques régionales, de taille humaine, proches du terrain et de ceux qui y vivent, c’est justement pour faciliter cet échange direct et pour être là quand il y a des questions. Cette proximité compte plus à notre avis pour une relation de confiance que les chiffres et ratios. Et nous parlerons bien sûr, aussi, des chiffres et des ratios !

Ce soir samedi 24 septembre nous serons à Julos (65), dimanche 25 le matin à Salies de Béarn (64), le soir à Bayonne (64), puis mardi 27 à Bidos (64), mercredi 28  à Pau (64), dimanche 2 octobre à Auch (32) le matin et le soir à Tarbes (64). Lieux et horaires sont ici…

La formule n’est pas de moi, mais de l’économiste Christian De Boissieu : « Les marchés sont déboussolés, il faut les “reboussoler” ! ». Cela demande de regarder froidement et lucidement la situation, de l’expliquer telle qu’elle est, et de dire comment, avec des mesures et des dates, on va appliquer les remèdes nécessaires. La situation, ce dimanche soir, est finalement (hélas !) assez simple :

1/ Il y a un vrai problème. Beaucoup de pays d’Europe, et la France en fait partie, ont accumulé année après année un endettement excessif, et continuent de creuser le déficit. On peut vivre à crédit, mais il y des limites. Et quand les prêteurs se mettent à douter, c’est que le plafond est atteint. Dans un Etat, comme dans une famille, il faut alors faire ses comptes et regarder comment sortir de l’ornière. Quand la croissance ne parvient plus à payer les intérêts de la dette, alors le créancier s’inquiète et c’est normal. Or les derniers chiffres montrent que l’activité économique dans le monde, en Europe, en France, ne connait pas le regain attendu. Première évidence, il faut expliquer à ses créanciers quel est son plan pour en sortir dans un contexte de croissance quasi-nulle.

2/ Il n’y a pas de « complot ». Les marchés peuvent connaître des excès, ils peuvent « sur-réagir », mais ils nous renvoient la crainte des investisseurs, des préteurs, ceux qui nous ont fait confiance en nous prêtant leur argent. Nous avons besoin d’eux, et il n’est pas bon qu’ils doutent. Or, ils doutent. Ils ne demandent qu’à être rassurés, et comme tout prêteur ils disent : « Expliquez-nous comment vous allez nous rembourser et nous vous prêterons ! ». Et les agences de notation font leur métier. Elles mesurent, elles notent, elles alertent. On peut légitimement dire qu’elles ont parfois failli, mais on ne peut pas se cacher derrière leur critique et leur mise en cause pour nier les problèmes. Les problèmes existent et les faits sont têtus.

3/ La solidarité européenne a ses limites. Les pays du Nord, plus vertueux en gestion budgétaire, plus productifs aussi, veulent garder l’Euro, mais ne veulent pas payer pour les autres. Là aussi, ceux qui dénoncent leur « égoïsme » volent-ils au secours du voisin qui vit au dessus de ses moyens ? Et la crainte de devoir alimenter un « puits sans fond » n’est pas injustifiée. La France elle-même, chantre de cette solidarité, vient de toucher du doigt ce risque. Il faut donc soutenir tout en responsabilisant, car la seule réponse durable est dans chaque gestion domestique.  La rencontre France – Allemagne de mardi nous éclairera sur l’état de la solidarité européenne. Je vous renvoie ici à un article de Jacques Delpla publié sur le site de l’Institut Turgot.

4/ Les banques sont solidaires des Etats. C’est ainsi depuis toujours. Qui reprochera aux banques de financer leur « souverain » ? Il n’y a pas de banque forte sans un souverain fort, et il n’y a pas de souverain fort sans banques fortes. L’histoire et la réalité donnent tort à ceux qui les opposent. Il est essentiel que la France, qui dispose de banques solides, agisse pour renforcer encore cet avantage. Le Crédit agricole a décidé, tirant les leçons de la crise des subprimes, de réduire considérablement ses activités de marchés pour se concentrer sur le financement des particuliers et des entreprises. Ce cap est sécurisant pour les épargnants, et nous affrontons cette nouvelle crise avec confiance.

5/ Les citoyens sont concernés.  Je rencontre beaucoup de gens qui souhaitent comprendre et qui souhaitent agir. Oui, il y a beaucoup de citoyens qui veulent agir, qui aiment la France, l’Europe, et sont désolés et inquiets de la situation actuelle. Ils voudraient être davantage acteurs. Nous avons tellement pris l’habitude d’un Etat maternel, qui décide et agit pour nous, que nous attendons passivement les nouvelles mesures budgétaires et fiscales. Il faut dire haut et fort que chaque Français qui se lève le matin avec l’envie de se battre, de bosser, de contribuer au redressement du pays, apporte sa « contribution » au règlement du problème. Il faut que, d’une façon ou d’une autre, et au-delà de la contribution fiscale normée, les Français puissent participer chacun à leur niveau au financement de l’Etat. Par exemple par un placement dont la rémunération dépendrait de l’évolution de la dette, voire, serait perdu si la situation l’exigeait.  Beaucoup d’épargnants ont perdu beaucoup plus en quinze jours que ce qu’un effort de cette nature aurait nécessité. Et quoi de plus puissant et de plus visible qu’une expression de volonté populaire ? Eh puis, contrairement aux japonais, nous prêtons peu à notre pays !

Voilà, je ne suis pas un éminent économiste, mais un banquier de terrain qui observe, et réagit… et je comprends qu’on puisse ne pas être d’accord….

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