Archive pour la catégorie ‘Crédit - Financement’

Les historiens appelleront peut-être ces dernières années « l’âge de la dette ». L’Occident a perdu peu à peu beaucoup de productions, mais aussi d’avances technologiques. Il a maintenu son mode de vie grâce à la croissance des autres, à leurs capitaux, et découvre sa dépendance financière. Quel que soit le nouveau paysage qui va naître maintenant, cet âge de la dette est révolu. Et le grand défi qui est devant nous est de retrouver l’énergie, l’agilité, la volonté, disons aussi les qualités intérieures, nécessaires pour engager une ère nouvelle. Nous le pouvons, et nous savons qu’il va falloir résolument penser sur la durée.

Devant cette crise de la dette, la zone Euro n’est pas plus mal que les USA ou la Grande Bretagne. Mais elle focalise toutes les peurs. Pourquoi ? Parce que cette belle cité de l’Euro, faite de l’enthousiasme des uns et des réticences d’autres, n’a pas prévu ses hôpitaux. Entendez qu’elle est démunie devant les blessures grecques, portugaises, irlandaises, si bien que le reste du monde ne la croit pas capable d’éviter la contagion : Italie, Espagne, Belgique sont dégradées ou mises en observation par les agences de notation. Je l’ai dit, je ne crois pas au scénario noir parce que l’Europe a globalement les moyens d’enrayer cette spirale infernale, et que les citoyens de l’Euro ont des ressources. Il va falloir mieux leur expliquer, les solliciter davantage, et pas seulement par la pression fiscale. Il faut faire vite, arrêter les demi-mesures qui alimentent plus les peurs que la confiance, et donner un signal très fort, déterminé. On n’éteint pas un incendie au compte-goutte…

Les banques et les assurances qui, partout, de tout temps, portent la dette de leurs Etats ne sont pas à l’origine de cette crise. Mais leurs actifs seront menacés tant que les Etats n’auront pas traité leur mal, je veux dire leur endettement. C’est aux Etats de rétablir la confiance. Sans confiance dans les Etats, pas de confiance dans leurs banques. Difficile d’entendre dans le brouhaha cette vérité qui est plus gênante que de montrer du doigt le créancier, coupable comme toujours. Comment faire entendre que lors de la crise de 2007, les grandes banques françaises n’ont pas reçu un Euro d’aide publique, mais ont payé cher l’avance faite par l’Etat ? Que si les grandes banques cotées sont observées à la loupe, le cours de leurs actions quotidiennement commenté, les autres ne sont pas moins exposées et portent naturellement aussi la dette des Etats ? Que les banques ne jouent pas avec l’argent de leurs clients ? La vérité est que chaque Euro collecté ici, dans le bilan de Pyrénées Gascogne, sert au financement des clients de Pyrénées Gascogne. Que l’argent des clients reste ici, est investi ici. Que celui qui est placé en Assurances-vie ou SICAV est investi pour les clients et ne sert pas à autre chose. Que les fameuses activités de marché, si décriées, ne sont pas financées avec l’argent des clients mais par des capitaux empruntés sur les marchés.

Je crois que l’ère de la dette se referme. Les immenses pipe-lines qui transportaient les flux de capitaux vont sinon se tarir, du moins voir leur débit réduit. Les excès de la financiarisation vont se résorber. L’argent plus rare va nous imposer plus de choix. La valeur-ajoutée des manufactures, de la production agricole et industrielle va revenir en tête des préoccupations parce que nous avons besoin de créer plus de richesse. Et tout ce qui va être plus local, plus durable, plus « circuit court », va devenir plus important parce que nos sociétés déjà préoccupées de réduire leur dépendance alimentaire et énergétique, doivent maintenant réduire leur dépendance financière.

Pyrénées Gascogne travaille dans ce sens depuis plusieurs années. Notre projet, parfois mal compris, est un projet puissant et porté par une forte volonté interne, largement partagée :

1/ Nous croyons à la banque coopérative, concrètement. Nous sommes au service du territoire, nous servons tous partout, et nous savons que notre destin et celui de notre territoire sont définitivement liés. Nos clients sont représentés par leurs élus dans la gouvernance de la banque. Chaque voix compte. Chaque client a droit au respect et au conseil qui répond à ses intérêts. Nous ne comptons pas les produits vendus, mais mesurons deux fois par an la satisfaction de nos clients.

2/ Nous croyons à l’investissement localement responsable.  Nous affirmons que notre cœur de mission, notre cœur de métier, c’est de financer ici les projets de nos clients, en mobilisant l’argent que les épargnants d’ici nous confient. L’argent des uns sert les projets des autres. Nous avons inventé ici, à Pyrénées Gascogne, le Livret sociétaire dont toute l’épargne collectée est exclusivement consacrée à financer les jeunes entreprises de Béarn, Pays Basque, Bigorre et Gascogne. Ainsi, par leur épargne, nos clients soutiennent la création d’entreprises et d’emplois, ici.

3/ Nous croyons au lien solidaire local. Parce que le territoire se développe aussi par son tissu associatif. Nous soutenons chaque année plus de 500 associations d’ici. Nous avons inventé ici la carte sociétaire qui permet depuis 5 ans de les aider. Nous avons créé cette année le Tookets, monnaie solidaire, qui encourage les entreprises à aider les associations choisies par leurs salariés ou clients. Nous avons participé à la création de Fonds de soutien des entreprises à la banque alimentaire, sommes partenaires de www.babyloan.org, d’Habitat et Humanisme…

4/ Nous croyons que les @-usages peuvent porter plus haut toutes ces valeurs. Nos sites d’agences et d’experts en témoignent. Mais aussi notre banque en ligne www.tookam.com, la première à utiliser les réseaux sociaux et le Tchat pour dialoguer avec ses clients, et dans quelques heures www.kametleo.com, construite sur un modèle tout aussi ouvert, et qui sera la première banque à proposer exclusivement des produits d’épargne ISR (Investissement Socialement responsable). La première banque bio en quelque sorte.

Je salue ici le boulot des 900 élus et 1.600 collaborateurs du Crédit agricole Pyrénées Gascogne qui construisent ensemble, en dialogue avec les clients, la banque coopérative de cette nouvelle ère. Ils n’ont pas fini…

Avec Jean-Claude Rigaud, Président du Crédit agricole Pyrénées Gascogne, nous réunissons depuis une semaine les clients du territoire pour échanger sur la crise de la dette. Pourquoi cette crise ? Pourquoi la zone Euro est-elle si observée ? Quelles conséquences pour les banques, les assurances et leurs clients ? Comment va-t-on en sortir ? Partout beaucoup d’intérêt, d’attention, et, malgré l’intensité médiatique de la crise, beaucoup de confiance…  Personne dans le fond ne veut, ne peut, croire au scenario noir qui hante depuis plusieurs semaines les marchés financiers. Il y a de l’inquiétude, certes, mais aussi et surtout de la confiance dans la capacité des pays de la zone Euro à trouver des solutions crédibles.  Prochaines rencontre dimanche matin à Auch et l’après-midi à Tarbes…

Hier, le Parlement allemand a voté avec une large majorité le renforcement du Fonds de secours européen (FESF). C’est un grand pas, c’est un message fort. Bien sûr, cela ne suffit pas. Il faut encore la ratification des Pays-Bas, de Malte, de la Slovaquie, il faut que la fameuse « troïka » constate sur pièce l’efficacité des mesures prises par la Grèce, il faut le feu vert de « l’Eurogroupe » le 13 octobre, il faut préciser (donc s’accorder sur) les modalités d’utilisation du Fonds de secours, il faut encore beaucoup de travail et trancher entre les différentes solutions avancées ici ou là. On le sait, on le voit, le chemin est encore long et semé d’obstacles. Mais l’essentiel est de faire mouvement, ce n’est pas tant d’arriver au but que de dire qu’on y va, ensemble. C’est de donner des preuves de la volonté de tout faire pour assurer la cohésion de la zone et sa solidarité. A chaque pas, c’est un peu plus de confiance, et la confiance se gagnera sur la durée, ce ne peut être autrement…

Et pendant que ces petits pas se font, il faut préparer la vie de demain. On sait qu’il y aura peu de croissance, que la dette pèsera longtemps sur les épaules des occidentaux et du monde, que l’Etat providence doit replier sa grande voile, qu’une page se tourne et qu’une autre est à écrire. Ici, à Pyrénées Gascogne, nous continuons de préparer la banque coopérative de demain. Elle se lit déjà dans l’éthique et le respect du client, dans la prise en compte rapide et attentive de ses demandes, dans la responsabilité du conseil. Elle se lit aussi dans les nouveaux services.

-          Tookam, banque en ligne solidaire utilisant les réseaux sociaux,

-          Tookets, monnaie solidaire qui encourage l’aide d’entreprises aux associations, clients ou salariés décidant des bénéficiaires des dons,

-          Livret Sociétaire, un livret au capital garanti, dont les fonds sont utilisés exclusivement pour financer les jeunes entreprises du territoire, et qui produit des Tookets,

-          KametLéo, le dernier né, le premier site de souscription en ligne de Fonds Socialement Responsables (ISR), à découvrir dans moins de 15 jours.

-          Kwixo, le mode de paiement facile entre amis ou sur les sites marchands, sur votre micro ou sur votre portable…

-          Nous préparons aussi des sites communautaires d’Epargne mais aussi de Crédit aux jeunes porteurs de projets… on en reparlera…

-          Et bientôt encore, des améliorations dans les sites relationnels, animés par les professionnels de la banque et par les conseillers des agences, pour les rendre plus accessibles…

La banque coopérative, je la vois comme ça, plus proche des gens encore, plus innovante encore, plus attachée encore au développement du territoire, favorisant les circuits courts entre épargnants et emprunteurs, donnant à voir plus clairement son mode de fonctionnement et ses actions, appuyant la solidarité de proximité, renforçant le lien local par les usages du net, donnant toute sa place au client dans sa gouvernance, le rendant davantage acteur de ses actions… Le mutualisme a de l’avenir, comme le bon sens d’ailleurs…

Alertés par les informations sur la crise financière et la solidité des banques, certains clients nous posent des questions et s’interrogent sur la conduite à tenir et sur la protection de leurs avoirs. Voici quelques liens sur la situation du Crédit agricole : la synthèse sur parlons-patrimoine, l’interview de Jean-Paul Chifflet, Directeur général de Crédit agricole S.A. dans le Figaro, ou encore cet article des Echos… On retiendra le niveau conséquent des Fonds propres de la banque, sa capacité de résistance éprouvée lors des derniers stress-tests, sa capacité à mobiliser des financements et sa robustesse qui la place dans les 30 meilleures signatures au monde selon « Global Finance ». Voilà de quoi rassurer le plus inquiet des épargnants..

Certes, beaucoup d’Etats occidentaux devant trouver des solutions à leur endettement, l’économie devant ajouter la rigueur à l’essoufflement de sa croissance, ceci affecte bien sûr les banques. Celles-ci vivent au rythme de l’économie et leur santé s’aligne sur celle de leurs Etats et de leurs acteurs économiques. Elles ont dans ce contexte le double devoir de conforter leur capacité de résistance qui s’apprécie par leur niveau de fonds propres et de soutenir du mieux possible l’économie puisqu’elles ont un rôle majeur à jouer pour que les capacités économiques soient bien exploitées. Ce sont bien ces deux priorités qui animent notre Groupe et Pyrénées Gascogne. Notre « boulot », c’est de proposer des produits d’épargne sûrs, de collecter ainsi des ressources, et de financer les acteurs économiques de notre territoire. Le livret sociétaire illustre parfaitement cette démarche de proximité qui assure la circulation des capitaux entre épargnants et emprunteurs.

Quelques réponses aux questions que vous vous posez peut-être :

-          Comment  sortira-t-on de cette nouvelle crise ? D’abord en rassurant ceux qui nous prêtent de l’argent, et pour cela, il faut leur présenter des perspectives budgétaires équilibrées, un plan crédible de réduction de l’endettement. Ca, c’est pour les Etats. Pour les autres, les entreprises et les familles, en équilibrant mieux les évolutions de l’Epargne et de l’Emprunt, le Crédit ayant connu depuis une décennie une progression extraordinaire dont on voit maintenant qu’elle a alimenté dans beaucoup de pays des « bulles immobilières ».

-          Les frais bancaires vont-ils augmenter ? La baisse des cours de Bourse qui a affecté toutes les banques n’influence pas les relations commerciales entre les banques et leurs clients.

-          Les taux des crédits vont-ils augmenter ? Il y a un risque réel de voir augmenter les taux des crédits puisque les banques se refinancent plus cher quand il y a des tensions sur les marchés des capitaux. Cette augmentation sera répercutée sur les taux clients.

-          L’accès au crédit sera-t-il limité ? Les banques sont limitées réglementairement par les exigences de solvabilité (« Bâle III ») et par leurs capacités en ressources. La situation actuelle de durcissement des contraintes légales et de rareté de capitaux peut conduire certaines à arbitrer entre activités. Le Crédit agricole considère le financement des acteurs économiques de ses territoires comme son tout premier métier et assurera complètement cette mission. Ce sera particulièrement le cas pour le financement de l’immobilier, fondamental pour beaucoup de familles et d’entreprises.

-          Les avoirs des particuliers sont-ils en danger ? Aucun observateur, même des plus pessimistes quant à la profondeur et la durée de cette crise, n’envisage cette hypothèse qui suppose la faillite d’une banque. C’est toutefois l’occasion de rappeler que des mécanismes de protection des épargnants garantissent leurs dépôts en cas de défaillance. Cette garantie n’est pas valable pour les produits boursiers (dont le capital est soumis aux cours des Bourses) mais fait des PEL, Livrets, DAT, des produits sans risque.

-          Les contrats d’Assurance-vie seront-ils affectés ? S’agissant de PREDICA, l’exposition aux dettes publiques des pays sensibles est faible (3,4%), et des provisions ont été constituées au fil du temps permettant de faire face à un risque d’impayé : le capital placé est donc protégé et le rendement de ces produits préservé.

Alors, pourquoi ce climat de peur ? Parce que les marchés doutent. Après avoir fait preuve d’un excès d’optimisme passée la crise des subprimes, ils sont aujourd’hui obstinément pessimistes. La situation des dettes publiques n’est pourtant pas un scoop de l’été, pas plus que la mollesse de la croissance des PIB occidentaux. Pourquoi les valeurs bancaires sont-elles particulièrement attaquées ? Il me semble que cet excès de défiance est à mettre sur le compte de l’opacité du cadre d’exercice du métier. Que vont décider les Etats, européens notamment, quant au traitement de leurs dettes ? Quant aux règlementations bancaires ? Quant aux normes prudentielles applicables aux banques ? Quant à la taxation de ces établissements ? Il est urgent de faire clair car, c’est bien connu, les investisseurs n’aiment pas les incertitudes, et quand ils doutent, ils secouent beaucoup plus que les salles de marchés. La preuve…

La formule n’est pas de moi, mais de l’économiste Christian De Boissieu : « Les marchés sont déboussolés, il faut les “reboussoler” ! ». Cela demande de regarder froidement et lucidement la situation, de l’expliquer telle qu’elle est, et de dire comment, avec des mesures et des dates, on va appliquer les remèdes nécessaires. La situation, ce dimanche soir, est finalement (hélas !) assez simple :

1/ Il y a un vrai problème. Beaucoup de pays d’Europe, et la France en fait partie, ont accumulé année après année un endettement excessif, et continuent de creuser le déficit. On peut vivre à crédit, mais il y des limites. Et quand les prêteurs se mettent à douter, c’est que le plafond est atteint. Dans un Etat, comme dans une famille, il faut alors faire ses comptes et regarder comment sortir de l’ornière. Quand la croissance ne parvient plus à payer les intérêts de la dette, alors le créancier s’inquiète et c’est normal. Or les derniers chiffres montrent que l’activité économique dans le monde, en Europe, en France, ne connait pas le regain attendu. Première évidence, il faut expliquer à ses créanciers quel est son plan pour en sortir dans un contexte de croissance quasi-nulle.

2/ Il n’y a pas de « complot ». Les marchés peuvent connaître des excès, ils peuvent « sur-réagir », mais ils nous renvoient la crainte des investisseurs, des préteurs, ceux qui nous ont fait confiance en nous prêtant leur argent. Nous avons besoin d’eux, et il n’est pas bon qu’ils doutent. Or, ils doutent. Ils ne demandent qu’à être rassurés, et comme tout prêteur ils disent : « Expliquez-nous comment vous allez nous rembourser et nous vous prêterons ! ». Et les agences de notation font leur métier. Elles mesurent, elles notent, elles alertent. On peut légitimement dire qu’elles ont parfois failli, mais on ne peut pas se cacher derrière leur critique et leur mise en cause pour nier les problèmes. Les problèmes existent et les faits sont têtus.

3/ La solidarité européenne a ses limites. Les pays du Nord, plus vertueux en gestion budgétaire, plus productifs aussi, veulent garder l’Euro, mais ne veulent pas payer pour les autres. Là aussi, ceux qui dénoncent leur « égoïsme » volent-ils au secours du voisin qui vit au dessus de ses moyens ? Et la crainte de devoir alimenter un « puits sans fond » n’est pas injustifiée. La France elle-même, chantre de cette solidarité, vient de toucher du doigt ce risque. Il faut donc soutenir tout en responsabilisant, car la seule réponse durable est dans chaque gestion domestique.  La rencontre France – Allemagne de mardi nous éclairera sur l’état de la solidarité européenne. Je vous renvoie ici à un article de Jacques Delpla publié sur le site de l’Institut Turgot.

4/ Les banques sont solidaires des Etats. C’est ainsi depuis toujours. Qui reprochera aux banques de financer leur « souverain » ? Il n’y a pas de banque forte sans un souverain fort, et il n’y a pas de souverain fort sans banques fortes. L’histoire et la réalité donnent tort à ceux qui les opposent. Il est essentiel que la France, qui dispose de banques solides, agisse pour renforcer encore cet avantage. Le Crédit agricole a décidé, tirant les leçons de la crise des subprimes, de réduire considérablement ses activités de marchés pour se concentrer sur le financement des particuliers et des entreprises. Ce cap est sécurisant pour les épargnants, et nous affrontons cette nouvelle crise avec confiance.

5/ Les citoyens sont concernés.  Je rencontre beaucoup de gens qui souhaitent comprendre et qui souhaitent agir. Oui, il y a beaucoup de citoyens qui veulent agir, qui aiment la France, l’Europe, et sont désolés et inquiets de la situation actuelle. Ils voudraient être davantage acteurs. Nous avons tellement pris l’habitude d’un Etat maternel, qui décide et agit pour nous, que nous attendons passivement les nouvelles mesures budgétaires et fiscales. Il faut dire haut et fort que chaque Français qui se lève le matin avec l’envie de se battre, de bosser, de contribuer au redressement du pays, apporte sa « contribution » au règlement du problème. Il faut que, d’une façon ou d’une autre, et au-delà de la contribution fiscale normée, les Français puissent participer chacun à leur niveau au financement de l’Etat. Par exemple par un placement dont la rémunération dépendrait de l’évolution de la dette, voire, serait perdu si la situation l’exigeait.  Beaucoup d’épargnants ont perdu beaucoup plus en quinze jours que ce qu’un effort de cette nature aurait nécessité. Et quoi de plus puissant et de plus visible qu’une expression de volonté populaire ? Eh puis, contrairement aux japonais, nous prêtons peu à notre pays !

Voilà, je ne suis pas un éminent économiste, mais un banquier de terrain qui observe, et réagit… et je comprends qu’on puisse ne pas être d’accord….

J’ai rencontré récemment Arnaud Poissonnier, fondateur de Babyloan.org. Ancien banquier, il a développé sur Internet ce service de prêt direct entre particuliers d’ici ou d’ailleurs et porteurs de projets dans les pays en développement. Un article de «L’Express» du 9 juin dernier présente son action et ses projets. Le service compte déjà 6.723 babyloaniens dans le monde, français pour la plupart, qui financent des activités économiques en Afrique, en Asie, en Amérique latine. Au total, pas loin d’1 million d’Euros ont déjà été prêtés. Le principe est simple, chaque projet est accompagné par un organisme local de microcrédit qui connait le porteur de projet et assure la bonne fin du financement. Le babyloanien choisit de soutenir tels ou tels projets, et peut diversifier ses interventions grâce à une mise de fonds unitaire de faible montant. Il verse ses contributions et peut, au fur et à mesure des remboursements, soutenir de nouveaux projets. Babyloan se prépare maintenant à développer son activité auprès des porteurs de projets en France, notamment en coopération avec l’Adie fondée par Maria Nowak.

Le Crédit agricole Pyrénées Gascogne s’intéresse de près à ces initiatives. D’abord parce que le microcrédit est notre premier métier, et que, sans utiliser toujours cette appellation, nous continuons chaque mois de financer des porteurs de petits projets, avec peu ou pas d’autofinancement. Et puis, parce que nous sommes déjà partenaires de FriendsClear, fondé par Jean-Christophe Capelli, qui développe en France les prêts de personne à personne (Peer to Peer) pour financer des petites activités économiques. Il ne s’agit pas là de «microcrédit» mais de «petits crédits» puisque le financement n’est pas supervisé par une association chargée d’accompagner l’emprunteur : le candidat au crédit y fait lui-même la présentation de son projet, de son business plan,  et le prêteur touche un intérêt en finançant une activité le plus souvent innovante.

Les deux modèles sont différents et on peut dire complémentaires. Ils ne s’adressent pas aux mêmes acteurs, et le prêteur n’a pas dans les deux cas les mêmes motivations, puisque pour Babyloan, l’intervention est à dimension solidaire et sans but lucratif (le prêt ne porte pas intérêt), alors que chez FriendsClear, la dimension «business» est bien présente. Les deux ont leur place, les deux ont leurs bénéficiaires, les deux ont leur public et leur utilité, et parfois les mêmes prêteurs adhèreront à chacun des deux sites pour répondre à deux objectifs différents.

Dans tous les cas, il est passionnant de faire un tour d’horizon des projets présentés. Il y en a 72 en cours de financement sur Babyloan, 155 sur FriendsClear. Et tout cela ne manque ni d’imagination, ni d’enthousiasme. Regardez… et faites connaître… J’ajoute que le Crédit agricole mutuel Pyrénées Gascogne a ouvert un groupe sur Babyloan auquel vous pouvez adhérer…


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