Archive pour la catégorie ‘Mutualisme - Solidarité - Sociétariat’

Cette question qui accompagne rencontres et retrouvailles est sans doute une des questions les plus fréquemment posées à la surface de la terre. Elle se dit dans toutes les langues (voir le lexique ci-dessous). C’est une formule qui vient naturellement quand on se rencontre physiquement ou au téléphone, qui est communément utilisée dans les SMS ou les chats, mais qui se retrouve peu dans les autres modes de communication à distance. En effet, si elle est adaptée aux modes conversationnels, elle l’est moins aux communications différées. Ainsi, un courriel peut commencer par « Bonjour », suivi de « J’espère que vous allez bien » (ou similaire, quand on est poli), mais on y lit rarement la question « Comment ça va ? ». Idem pour les sites Internet, qui parfois vous disent « Bonjour » mais vous demandent exceptionnellement de vos nouvelles.

On peut corriger cela en rétablissant cette question importante qui donne plus d’intensité à la relation. C’est ce que nous faisons depuis quelques semaines à Pyrénées Gascogne puisque chaque salarié de la banque, quand il commence à travailler sur son ordinateur, voit maintenant apparaitre une mire (ci-dessus) qui lui propose de cliquer sur son « humeur du jour ». Une façon de demander à chacun de ses nouvelles et de lui poser la question « Comment ça va ? ». Chacun peut ensuite accéder aux résultats des choix de tous les salariés. Les réponses (anonymes) sont réunies pour établir l’« humeuroscope » d’entreprise (ci-dessous). Et si l’utilité de ce dispositif interne se confirme, nous envisagerons de l’étendre à tous les clients.

Quelques façons de dire “Comment ça va ?” dans le monde… un bon exercice pour vérifier son niveau en langues vivantes !

كيف حالك /  zer moduz / quin té ba / как си / com estàs / 您好 /어떻게 지내세요 / kako ste / hvordan har du det / qué tal / kuidas läheb / kuinka voit / como vai vostede / τι κάνεις / מה שלומך / आप कैसे हैं / hogy vagy / apa kabar / come stai / 元気 / やあ / kā jums klājas / kaip tu gyveni / kif inti / hoe gaat het ermee / quò vai ben / cossí va / jak się masz / como vai você / ce mai faci / как ты поживаешь / mo ke sengue / како сте / ako sa máš / kako si / hur mår du / kamusta ka / jak se máš / สบายดีไหม / nasılsın / як справи / bạn khoẻ không / badoa …

Pour la troisième année, Pyrénées Gascogne publie son « Rapport Coopératif » auquel cette année nous ajoutons « Territorial » (Les Caisses régionales de Crédit agricole ont pris la décision de publier sous ce titre leur rapport de Responsabilité Sociale d’Entreprise – RSE). Vous trouverez ce rapport en cliquant sur l’image. (Il est aussi en ligne sur www.lefil.com, rubrique « Qui sommes-nous »).

Le fait que ce Rapport prenne un air de Rapport d’Activité n’a rien de surprenant. C’est plutôt le fait d’établir deux rapports différents qui devrait surprendre. Comme s’il y avait un temps pour l’action, la vraie, la sérieuse, et un autre pour  penser aux impacts sur la société, sur l’avenir. Comme s’il s’agissait d’un devoir « à coté », d’un exercice obligé de communication. Nous entendons donc ce Rapport comme un état de nos actes et de nos ambitions, comme une photo des progrès réalisés dans l’année et de ceux que nous engageons. C’est un exercice pour aller plus loin, pour avancer, mais il n’est surtout pas « à coté » de la vie de l’entreprise.

Lors de l’Assemblée Générale de Pyrénées Gascogne, Eric Rousselin a donné des exemples d’actions de Pyrénées Gascogne. Regardez la vidéo en cliquant sur l’image. Le Rapport Coopératif comme cette vidéo montrent qu’il y a plusieurs dimensions à la RSE, des dimensions qui n’ont de sens qu’ensemble. Chacun connait les « piliers » social, économique et écologique du Développement Durable. Ils se retrouvent naturellement dans nos actions, autour des notions d’utilité aux clients et au territoire, de développement du potentiel humain, et de respect de l’environnement. Une autre dimension ressort, celle de co-construction et d’influence sur le territoire. Rarement mise en avant… elle me semble pourtant capitale !

Quel sens peuvent avoir sur la durée les actions d’entreprises qui agiraient chacune de leur coté, sans concertation, sans partage d’expérience, sans actions communes ? Chacune peut-elle avoir dans ce domaine qui concerne le bien commun, la collectivité, des politiques solitaires, qu’elles soient économiques, humaines ou environnementales ? Des politiques propres, oui,  différentes, sans doute, mais solitaires, non ! La coopération est inhérente à la RSE, elle en est une des conditions. Dit autrement, agir responsable vis-à-vis d’un territoire et de ceux qui y vivent, c’est obligatoirement agir ensemble. J’aime bien la conclusion d’Eric : « Une banque coopérative doit être une banque du lien, une banque qui met en synergie tous les acteurs du territoire et qui leur permet d’avancer sur ce territoire. » Voilà un beau programme qui est au cœur de notre nouveau Projet d’Entreprise. Il n’est pas trop tard pour y contribuer d’ailleurs, c’est ici

Vous pouvez accéder directement à chaque thème de la vidéo en cliquant sur ces images…



C’est sur Internet, en Univers 3D, que Pyrénées Gascogne présentera jeudi 21 mars à 19h30 ses résultats 2012. Le Président Jean-Claude RIGAUD sera présent, moi aussi, et après les commentaires sur les chiffres (pas trop longs), nous ouvrirons le débat sur l’avenir de la banque de détail. Venez, participez, ce type de conférence ne laisse jamais indifférent. Au passage, c’est innovant, et c’est une innovation française (cocorico !). Aucune banque dans le monde ne s’est encore à ce jour prêtée à cet exercice. D’abord, il faut la technologie (merci Immersive Lab !), ensuite, il faut braver le mal du siècle : la peur du ridicule ! Une conférence en 3D à laquelle chacun peut participer depuis chez lui, devant son ordi, c’est pourtant bien, non ? Donc, nous faisons…

Une banque vit au rythme de son pays, et quand le pays stagne, elle stagne. Elle subit en plus les contraintes du législateur, soucieux pour une part de réguler la profession, et c’est nécessaire, d’une autre, et ça l’est moins, de répondre aux appels publics à la punition. Ces mesures servent-elles le pays, ses entreprises, son économie ? Les Français ont-il ou non besoin de banques puissantes ? Pourquoi faire ? Pour servir quels objectifs ? Et dans ce contexte économique et règlementaire, comment la banque de détail voit-elle son avenir ? Va-t-il falloir fermer des agences ? Réduire les effectifs ? Se tourner vers d’autres métiers ? Augmenter les marges crédit pour compenser la baisse des frais bancaires ? La banque coopérative prend-elle des initiatives ? Voit-elle les choses comme les autres, ou autrement ? Voilà quelques-unes des questions que nous aborderons, ainsi que toutes celles que vous voudrez bien poser, en tchat et en direct, sur le site.


Je souhaite bien sûr que les participants aient à la sortie du grand AMPHI-B, loué pour l’occasion à Immersive Lab, une opinion nouvelle sur le rôle des banques en général et sur celui du Crédit agricole Pyrénées Gascogne en particulier. Et j’espère bien sûr que les sociétaires seront présents et poseront des questions, parce que cet évènement est une initiative coopérative qui complète les Assemblées Générales de Caisses locales. Celles-ci, qui viennent de se terminer, ont réuni cette année près de 9.000 sociétaires. Nous serons moins nombreux jeudi 21 mars, et il vaut mieux s’inscrire pour retenir sa place. C’est ici !

Au moment où la manne publique se fait plus rare, les associations sont confrontées au problème de leur financement. D’autant que les dons des personnes se réduisent et changent de nature. Les jeunes générations ne reproduisent pas les habitudes de leurs parents qui établissaient des chèques à date régulière pour soutenir des acteurs associatifs engagés dans l’humanitaire ou la vie sociale et répondaient volontiers aux appels télévisés à la solidarité (70% des donateurs ont 50 ans ou plus, 30% plus de 70 ans). Tout cela change et il devient plus difficile aux associations de boucler leur budget. Cela ne veut pas dire qu’il y ait moins de générosité, mais qu’elle change de forme et de nature. Il en est de même des aides des entreprises qui diminuent, crise oblige. Il n’est d’ailleurs pas facile pour une association de se trouver « sur la liste » d’une entreprise bienfaitrice, ni de convaincre ses dirigeants de continuer leur soutien.

Des innovations de nature très différentes méritent de retenir l’attention car elles montrent qu’Internet peut apporter des réponses, c’est-à-dire susciter l’intérêt des internautes et enclencher un acte solidaire (Aujourd’hui, 3% seulement des dons sont effectués sur Internet). MICRODON invite les salariés à donner à des associations les rompus de salaires. ZeGIVE permet aux acheteurs sur Internet d’augmenter leur achat de quelques Euros pour aider une association, démarche intelligente qui place l’acte de solidarité sur le parcours du client. Il y a aussi TOOKETS qui permet aux clients de choisir l’association qu’ils souhaitent voir aider par l’entreprise, toujours sur Internet (78 % des Français attendent des entreprises la prise en charge des questions sociétales). Ces services, finalement assez complémentaires, font le pari qu’il est possible de provoquer de nouvelles habitudes et de répondre ainsi très concrètement aux besoins de financement du monde associatif.

S’agissant de TOOKETS, désormais géré sous forme coopérative (une SCIC), le développement est bien engagé. Les clients des Crédit agricole Pyrénées Gascogne et Aquitaine sont déjà 41.300 à en avoir bénéficié, et quelques 873 associations sont inscrites au programme et peuvent donc recevoir des fonds. Au total, 42,6 millions de TOOKETS, ce qui équivaut à 426.000 Euros, ont déjà été distribués. Ce qui est certain, c’est qu’en donnant la main au client pour choisir l’association à aider, TOOKETS fait le choix de la transparence et de la confiance et privilégie le participatif. Ce qui peut paraître surprenant de la part d’une banque est logique de la part d’une coopérative…


BVA vient de réaliser un sondage les 6 et 7 décembre derniers en demandant aux Français s’ils préféreraient aller vivre dans le passé ou dans le futur. Eh bien, s’ils pouvaient utiliser une machine à voyager dans le temps, la majorité d’entre eux (54%) préfèrerait le passé plutôt que le futur (44%). Bien sûr, l’Institut s’intéresse aux préférences politiques des répondants, et nous dit (on pouvait s’en douter) que les conservateurs sont plus nombreux à préférer le passé. Mais le clivage n’apparait pas si net que cela et passéistes et futuristes se trouvent dans toutes les sensibilités.  Il me semble que l’enseignement le plus surprenant de ce sondage est que les personnes les plus âgées votent massivement pour le futur (63%) au contraire des plus jeunes (41% seulement !).

Cette photographie de la France fin 2012 n’est pas inintéressante. D’abord, elle reflète les difficultés de notre société à vivre positivement les grands changements en cours. Ce n’est pas surprenant puisqu’ils lui sont le plus souvent présentés sous l’angle « problèmes et risques » et pas sous celui « solutions et opportunités ». Ces changements portent évidemment les deux dimensions, mais dans nos médias, dans nos discussions, dans nos discours, on en souligne presque toujours la plus inquiétante. Il est intéressant de se demander pourquoi les plus vieux font davantage la part des choses ? Et à qui profitent cette nostalgie et ce pessimisme dominants ?

Les vieux, ils savent que si l’Europe est difficile à construire, d’où ses « problèmes et risques », la situation du vieux continent n’a rien à voir avec ce qu’ils ont connu ou que leurs parents ont connu. Que jamais nous n’avons été aussi près d’une vraie Union. Que jamais nous n’avions vécu tant d’années sans combat sur nos terres. Les vieux savent que s’il y a « problèmes et risques » alimentaires, environnementaux, médicaux, jamais la sécurité et le bien-être des personnes, jamais l’âge de fin de vie n’avaient été portés aussi loin. Et que jamais la conscience de responsabilité, bien sûr insuffisante, n’avait été aussi forte. Les vieux sont de plus en plus nombreux à utiliser les réseaux sociaux, à s’émerveiller devant cette explosion de créativité, et se rappellent qu’il y a peu il fallait plus d’une semaine pour recevoir des nouvelles d’un enfant parti au bout du monde. Je pourrais multiplier les exemples. Vous aussi !

Vous me direz, et le chômage, et le coût de la vie, et toutes les dépenses contraintes qui ne cessent d’augmenter, et l’accès au logement, l’accès aux études, et, et…  Oui ! Ce sont nos « problèmes et risques » d’aujourd’hui comme il y avait ceux d’hier et comme il y aura ceux de demain. Mais être à 54% convaincus que l’avenir est moins attirant que le passé, c’est déjà décider que nous n’arriverons pas à trouver les « solutions et opportunités », et qu’il est donc inutile de contribuer chacun à les chercher ! Un peuple, un pays, peut faire lui-même son malheur, simplement parce qu’il baisse les bras, qu’il renonce, qu’il se résigne. Est-ce ce que nous voulons ? Je suis révolté quand j’entends dire avec condescendance (orgueil ? vanité ?) que la France est mal-partie, mal gouvernée, inexistante, dépassée, que nos voitures, nos dirigeants, nos élus, nos chercheurs, nos philosophes, nos banques, nos entreprises, nos syndicats, etc., ne valent rien de la bouche de gens qui ne font rien que sourire en attendant les preuves du grand échec pour pouvoir dire satisfaits « Je l’avais bien dit ! ».

D’où la seconde question : « A qui profite le défaitisme ambiant ? ». Sans doute à tous ceux qui doivent leur situation aux équilibres d’un passé qu’ils idéalisent pour le faire vivre encore et encore. « Encore un peu de temps, Monsieur le bourreau ! ». Les journalistes dénoncent les réseaux sociaux qui causent le suicide des jeunes, abritent moult escrocs, trompent les gens. Les règles et les lois écartent les nouveaux acteurs sous prétexte de sécurité, et renforcent les situations établies. Les gouvernants, même sans argent, continuent d’expliquer qu’ils maîtrisent et protègent. Les groupes de pression, si puissants en France, expliquent et démontrent qu’il faut consolider, renforcer, règlementer, conserver. Et tout cela tente de contenir hors de nos frontières cet élan de liberté qu’apportent les nouveaux modes de relation. Le pessimisme sert les intérêts des situations bien établies, mais il ne sert pas l’intérêt du Pays ni celui des Français…

Alain, le philosophe, a dit : « Le pessimisme est d’humeur ; l’optimisme est de volonté ». J’interprète en disant que l’optimiste est acteur, déterminé, tourné vers la construction, vers l’avenir. Qu’il ne se résigne pas, prend sa part, avance. Il a confiance et il fait. Un pays qui vote contre l’avenir, qui se refuse à s’y projeter, à l’anticiper, peut-il être « compétitif » ? La compétitivité, c’est sans doute beaucoup plus une affaire de psychologie que de lois !

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