Archive pour la catégorie ‘mutualisme’
Une rencontre du personnel, c’est toujours un événement rare. Quelques fois, exceptionnel. Ce qualificatif s’impose pour celle qui vient de se tenir à Tarbes ce 18 juin et qui a réuni quelques 1.700 personnes des sites, agences et filiales de Pyrénées Gascogne. Les organisateurs (et je crois qu’ils étaient au moins 200 !) nous ont fait la surprise d’une représentation vivante, animée, nouvelle, de l’entreprise. Il sont allés chercher ce qu’elle a de meilleur et fait émerger chez tous la joie de découvrir tout ce qu’un groupe humain peut réunir de talents originaux, de dynamismes et d’envies d’être et de faire (photo : l’agence du Crédit agricole de Lourdes en concert). La participation d’entrepreneurs innovants et d’associations humanitaires de nos départements a marqué la présence du client dans une entreprise qui assume concrètement sa responsabilité sociale.
Le plus marquant a été l’expression de nombreux talents, souvent insoupçonnés, des talents qui habituellement se fondent dans ce qu’on appelle le travail qui – plus par convention que par essence – a tendance à les aplanir, les raboter, et finalement les effacer. Ce qui est formidable, c’est du moins ce que j’ai ressenti, c’est de voir comment l’audace de ceux qui sont venus s’exposer sous les feux de la rampe pour parler, chanter, danser, se prêter au jeu des questions ou réaliser un exploit sportif a eu un effet d’entrainement sur tous. Chacun retiendra de cet événement, des émotions, rencontres, échanges, démonstrations, quelque chose de fort et d’exceptionnel.
Plusieurs participants m’ont dit : « Je ne crois pas qu’une autre entreprise serait capable de faire ça ! ». J’ai la faiblesse de penser qu’ils ont raison, et c’est là un vrai motif de fierté et une solide raison pour donner plus, faire plus, apporter plus… avant la retraite (et nous avons le temps !). En tout cas, ce que les initiateurs ont provoqué ce vendredi force le respect, et je ne regarderai plus l’entreprise comme avant parce qu’elle est encore plus forte, plus grande, plus généreuse que je ne le pensais !
Quelques considérations générales :
. D’abord, le recul progressif de l’Etat providence donne aux entreprises un rôle plus important dans la structuration du cadre de vie de chacun. L’Etat quand bien même il voudrait reprendre sa place entre les acteurs ne pourrait plus le faire, tout simplement parce qu’il n’en a plus les moyens. Il faut donc se comprendre et s’accorder.
. L’allongement de la durée du travail change aussi la donne, une tendance qui ne peut que s’accentuer dans l’avenir. Autant s’y préparer et abandonner la perception du travail comme un mal nécessaire (« l’essentiel est ailleurs ! ») : il s’impose au cœur de la vie de chacun, il n’est pas à coté.
. Le thème récurrent des conditions de travail dans les discussions entre partenaires sociaux révèle cette prise de conscience. Puisque nous vivons ensemble et pour longtemps, autant faire en sorte que ce soit dans les meilleures conditions d’épanouissement personnel. Des mots comme “bien-être, plaisir, respect, compréhension, expression, différences, adaptations…” ne sont plus tabous.
J’ai participé vendredi soir, à Masseube, dans les locaux du lycée agricole Saint-Christophe, à une réunion organisée à l’initiative du Syndicat Professionnel pour la Défense de la Production d’Energie Photovoltaïque, constitué en août 2009. Cette réunion visait à fournir des informations sur différents aspects des investissements dans ce type de centrale, à destination, notamment, des agriculteurs présents à cette manifestation. J’y intervenais en tant que représentant de notre Caisse Régionale et comme Président de CAM Energie pour expliquer le rôle d’acteur incontournable de la Caisse Régionale soit pour le financement des projets soit comme co-investisseur à travers sa filiale CAM Energie. Outre l’intérêt de ce genre de réunion d’information à destination des investisseurs potentiels, j’ai été frappé par la coopération entre les acteurs présents : Chambre d’Agriculture, Syndicat, Crédit Agricole, Gleize Energie Service et CAM Energie, consultants et juristes. Un grand pas me semble avoir été franchi. En lieu et place d’affrontements et de polémiques qui sont parfois la caractéristique de ce type de manifestations, j’ai été surpris par l’esprit de coopération et la volonté de travailler ensemble de ces différents acteurs. Cela augure bien d’un développement raisonné de ce type de projets, au plus grand bénéfice des investisseurs potentiels.
Dans un autre ordre d’idée, un bel exemple de coopération est à souligner s’agissant du projet immobilier que réalise la Caisse Régionale sur le terrain de son agence de Saint Jean de Luz Chantaco. Au bout du compte, le succès de cette opération qui semble se dessiner est là aussi le fruit d’une excellente coopération entre différents acteurs, chacun spécialiste dans son domaine. Le promoteur Alain PEERSMAN, avec qui nous avons créé la société ALTERNATIVE FONCIERE, qui intervient ici en tant que Maître d’Ouvrage délégué, GLEIZE ENERGIE SERVICE qui a produit les études nécessaires pour rendre éligibles à la norme BBC (Bâtiment Basse Consommation) les bâtiments prochainement construits. Enfin, à l’issue de la phase de commercialisation réservée aux salariés et aux administrateurs de la Caisse Régionale, SQUARE HABITAT prendra le relais pour la commercialisation à destination de clients extérieurs et assurera à terme le syndic de la copropriété et pourra, pour les propriétaires bailleurs qui le désirent, assurer la gestion locative de leur bien. Un bel exemple de coopération et de synergie entre tous les acteurs au bénéfice du développement des uns et des autres et dans l’intérêt du client final pour une opération qui valorise le patrimoine de la Caisse Régionale mais constitue aussi un investissement local très intéressant pour la commune de Saint Jean de Luz et pour les futurs occupants de ces immeubles.
Ces deux exemples de coopération démontrent la pertinence du vieil adage « l’union fait la force ». Dès lors, on peut se prêter à rêver : et si toute l’énergie dépensée dans les querelles intestines était consacrée à la coopération, à la suppression des « silotages » en tout genre, à la construction de ponts plutôt que de murs, on déplacerait des montagnes. Il y a quelques années, une phrase avait été utilisée pour qualifier cette impérieuse nécessité de coopération : « l’ennemi n’est pas à l’intérieur ». L’ennemi n’est toujours pas à l’intérieur mais avons-nous réellement progressé sur ce plan-là ? Je laisse à chacun le soin de faire son propre diagnostic et formule à nouveau le vœu d’une plus grande coopération interne pour le plus grand bien de la performance et de l’efficacité de notre Caisse Régionale, au risque de passer pour un doux rêveur idéaliste.
Force est de constater que les coups de colère ont beaucoup de vertus. D’abord, ils font du bien parce qu’ils évacuent chez ceux qui les poussent les tensions en surplus et les libèrent des pensées qui ne pouvaient leur faire que du mal. En ce sens, la colère est thérapeutique. Mais elle est aussi thérapeutique pour ceux qui la reçoivent. En secouant leurs certitudes elle les oblige à se demander si finalement, les choses ne pourraient pas être vues autrement. Disons qu’elles forcent le point de vue et font ainsi progresser la société. Ebranlés par la tornade certains changent de regard et de position et ceux qui ne changent pas prennent conscience que d’autres pensent autrement.
Des polémistes comme Mirbeau ou Péguy ont, en d’autres temps, exprimé de très belles colères, des colères utiles, des indignations justes, pleines de conviction et de talent. Ils ont l’un et l’autre parlé de l’argent, dans « Les affaires sont les affaires » pour le premier, dans « L’argent » pour le second et dans bien d’autres textes. Il est saisissant de voir combien leurs colères sont toujours actuelles. Parce qu’il y a toujours l’argent qu’on cache, qu’on vole, qu’on joue ou qu’on exhibe, celui pour lequel on affame ou on tue. Et l’argent de la vie de tous les jours, celui qui est reconnaissance, contrepartie, qui nourrit les échanges entre les hommes. Or ce premier argent qui était de leur temps affaire de salons et de beaux quartiers, a pris au fil des ans beaucoup plus de place dans la vie publique. Il s’étale aujourd’hui en gras sur les journaux et les écrans, dans les spectacles, les jeux, les sports… Si bien qu’il semble avoir gagné sur l’autre, l’avoir supplanté. Et c’est tout juste si de temps en temps, on entend le coup de colère, évidemment étouffé, évidemment suranné, mal à sa place dans ce décor, de gens qui rappellent ici ou là qu’il faut rétablir la hiérarchie des valeurs.
Les banques ont entendu ces derniers mois bien des critiques et des “coups de gueule”. Ont-elles finalement fait autre chose que de suivre les dérives de leur temps ? Elles doivent en tout cas comme les autres contribuer à rétablir ce sens des priorités. Nous travaillons dans cette voie à Pyrénées Gascogne, en mettant en priorité l’intérêt du client, l’écoute du client, l’expression du client, la réponse au client, le service au client. En nous mettant au service de cet argent qui sert ici à produire, vendre, travailler, acheter. Cet argent qui a une utilité collective et sociale. L’argent de tous les jours…
La vidéo des « Derniers messagers de la glace » est ici (et sur le site lefil.com). Vous trouverez d’autres infos sur cet évènement en visitant « parlons-jeunes » qui vous donne le lien sur le site Internet de ces jeunes de Pau qui ont réalisé une expédition du 12 au 25 juillet 2009 sur un voilier au Spitzberg.
La vidéo « L’ordure de l’espace » est disponible ici et sur le site lefil.com. Elle a été primée lors du concours des Céç@nautes.
Vous trouverez ici une présentation de Square énergie, la filiale de Pyrénées Gascogne qui vous conseille pour vos projets d’économies d’énergies ou d’énergies renouvelables.
N’oubliez pas le Tchat sur l’Investissement Socialement Responsable : ce sera le 6 avril de 18 heures à 19 heures, avec les spécialistes d’Amundi qui répondront à vos questions…. D’autres informations sur l’investissement Socialement Responsable vous sont données ici par les spécialistes en patrimoine de Pyrénées Gascogne.
Pyrénées Gascogne s’engage et agit dans la production d’énergie solaire. On en parle ici avec une photo impressionnante : les fumées de Golfech dans la perspective de la centrale solaire de Saint Clar. Vous lirez là le compte-rendu de la visite de l’installation solaire d’un client réalisée par nos conseillers en financement de l’agriculture.
Enfin, quelques réflexions de la banque et surtout de nos clients sur les e-courriers ou relevé s de comptes dématérialisés. Tout le monde n’adhère pas… on va donc en reparler très bientôt…
Laissons de coté le «Où ?» et le «Quand ?», disons que c’est ce qui se passe ici et maintenant qui nous intéresse. Restent le «Quoi ?» et le «Comment ?». Or, une chose me frappe dans la façon de parler du monde, de commenter l’actualité, dans la façon dont les journalistes interrogent les décideurs, et dans celle dont les entreprises parlent de leurs actions, c’est la confusion entre ces deux territoires pourtant bien différents du «Quoi» et du «Comment».
On parle beaucoup plus des choses, qu’elles soient objets ou décisions, que de la façon de faire, du mode d’action. Or dans une société confrontée plus que jamais à l’imprévisible, cette importance relative devrait être inversée. Nous devrions parler beaucoup plus du «Comment». C’est la seule chose qui reste quand survient un évènement qui bouscule les projets, quand il faut changer de cap ou de stratégie, ce qui n’a rien d’exceptionnel. Le mode de fonctionnement, la façon de tenir compte des aléas, la capacité à écouter le monde et les autres, à réagir aux changements, s’imposent de fait comme les qualités premières de tout gouvernement y compris d’entreprise.
Car rien ne sert de mettre en avant des certitudes, aussi pertinentes et étayées soient-elles, si on n’a pas la souplesse nécessaire pour s’ajuster à un monde changeant. La certitude du risque environnemental par exemple fait l’objet de nouvelles contestations. Oublions le plaisir intellectuel qu’a suscité de tout temps la posture de la négation, du contre-pied, pour reconnaître que ces contestations rappellent qu’aucune prévision n’est définitive. Autre exemple, nous affirmons comme une évidence que nous devrons bientôt nourrir 9 milliards d’hommes, mais serons-nous jamais 9 milliards ? Une épidémie pourrait faire irruption, un cataclysme naturel ou encore une démarche organisée (ou spontanée?) poussant l’humanité à s’autoréguler. Je pourrais aussi citer le risque de voir de nouvelles dictatures s’installer y compris chez nous. Si certains n’y croient pas, d’autre considèrent qu’il se réalisera inévitablement. D’où l’importance de penser aux régulations sociales souhaitables (le «Quoi»), mais aussi de s’intéresser toujours aux meilleures formes de résistance, ce qui est du domaine du «Comment».
La seule chose certaine, c’est bien que le monde ne sera pas tel que nous l’imaginons. Il importe donc moins, aujourd’hui, de prendre position sur une vision que le temps de toute façon modifiera, que de nous armer des qualités qui nous permettront de faire face, de nous adapter, de bien réagir. Cette anticipation relève du «Comment». S’agissant de l’entreprise, son efficacité ne réside pas seulement dans sa capacité à améliorer sa performance économique, vendre plus cher, réduire ses charges, accroître sa rentabilité. Elle doit aussi tenir compte des évolutions de ses marchés, de ses clients, et se préparer elle aussi à des changements qu’elle ne peut tous prévoir. Elle a besoin pour cela d’avoir dans son bilan au-delà de ses précieux actifs matériels, des savoir-faire, des expériences, des capacités à réagir, à changer de cap si nécessaire. Elle a besoin de capitaliser sur le «Comment» au moins autant que sur ses actifs.
L’entreprise coopérative peut revendiquer sur ce registre une longueur d’avance. Elle a par construction des palpeurs près du terrain, une gouvernance organisée pour écouter et prendre en compte les signaux faibles et les changements plus importants, un mode de management décentralisé qui privilégie la prise d’initiative et l’innovation. Elle est organisée pour décider près de ses clients, donc pour réagir très vite, s’adapter plus vite que les autres. Elle est pensée pour être efficace sur ce registre du «Comment». Puissent le coopérateur et le mutualiste prendre conscience de ce formidable atout pour le cultiver et le faire produire !





