CHATBOT OU PAS ?

Classé dans ACTUALITES et HUMEURS, INNOVATIONS par sur 29 octobre 2016 1 Commentaire

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Les chatbots, vous connaissez ? Ce sont les assistants virtuels avec qui vous pouvez dialoguer sur les réseaux sociaux. Vous posez des questions sur une messagerie, et ils vous répondent. Des robots sachant chater en lieu et place des humains. Qui plus est, ils sont apprenants, et progressent au fur et à mesure des sollicitations, capitalisant sur leurs erreurs. Car les chatbots restent sous surveillance, surtout au début. Comme pour les enfants, il faut leur tenir longtemps la main avant qu’ils sachent se débrouiller seuls, ou presque. Si bien qu’il faudra attendre une quinzaine d’années pour qu’ils sachent répondre avec pertinence à toutes les questions…

Un des premiers avantages de ces robots conversationnels est de pouvoir assurer un service pendant les heures où il n’y a pas de personnel pour vous répondre, la nuit ou les jours fériés par exemple. Un autre est de satisfaire immédiatement des demandes simples, de désengorger les plateformes d’appel des demandes répétitives. On peut par exemple obtenir d’un robot les heures d’ouverture d’un magasin, le prix de tel ou tel produit, l’adresse la plus proche du point de vente d’une grande chaine, la météo du jour, les résultats de compétitions sportives, ou encore le sommaire de la dernière publication d’un magazine. Il y aurait déjà près de 20.000 chatbots enregistrés sur Messenger, la messagerie instantanée de Facebook qui investit beaucoup dans ces dispositifs.

Je me suis lancé. J’ai posé samedi dernier des questions sur le site Facebook de Pif le chien. « Avez-vous des numéros vintage de Pif ? », et le robot m’a répondu en me donnant le sommaire du dernier numéro. Déçu, j’ai persévéré… « Avez-vous des anciens numéros de Spirou ? ». Il m’a répondu la même chose. J’ai abandonné. Ce n’est que le lundi suivant, en fin de matinée, qu’un humain visiblement agacé, m’a répondu assez sèchement qu’il n’avait aucun exemplaire de Pif, ni de Spirou d’ailleurs, en collector. Et il a « raccroché » sans apporter de commencement de réponse à ma question…

La vérité est que les chatbots, s’ils sont indiscutablement porteurs de promesses, en sont encore à l’âge des balbutiements. Mais ils sont là, ils sont nés, et ils apprennent vite. C’est d’ailleurs cette capacité d’apprentissage qui permet d’en envisager un usage intensif. Pour le moment, ils ne doivent pas être laissés sans une surveillance rapprochée. Et c’est aux humains de prendre la main à la première erreur d’interprétation et d’exprimer ce qui fait, pour longtemps et sans doute pour toujours, leur supériorité : l’empathie et l’intelligence de situation. Même si certains travaillent sur la compréhension par les robots des états d’âme, exploitent les mots et la rapidité de la frappe pour détecter l’humeur, fébrile ou sereine, de l’interlocuteur et adapter la réponse automatique, même si les algorithmes se complexifient à l’envi pour approcher la complexité de toutes les situations, et simuler jusqu’à nos émotions, nous sommes encore très loin de pouvoir envisager une substitution pure et simple de la machine à l’homme.

Cette immaturité est rassurante. Elle nous fait repousser l’heure à laquelle nous devrons bien décider de la place de ces machines dans nos vies, et de la confiance que nous sommes prêts à leur faire. Elon Musk, fondateur mythique de Paypal, et de Tesla, a bien résumé la question qui ne va pas tarder à se poser : « Dans quelques années, les progrès de l’intelligence seront tels que ça deviendra un problème… » Pour le moment, un peu partout dans le monde, des centaines d’ingénieurs s’emploient à instruire et à faire progresser chaque jour un peu plus les petits chatbots…

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