Babyloan et le microcrédit

J’ai rencontré récemment Arnaud Poissonnier, fondateur de Babyloan.org. Ancien banquier, il a développé sur Internet ce service de prêt direct entre particuliers d’ici ou d’ailleurs et porteurs de projets dans les pays en développement. Un article de «L’Express» du 9 juin dernier présente son action et ses projets. Le service compte déjà 6.723 babyloaniens dans le monde, français pour la plupart, qui financent des activités économiques en Afrique, en Asie, en Amérique latine. Au total, pas loin d’1 million d’Euros ont déjà été prêtés. Le principe est simple, chaque projet est accompagné par un organisme local de microcrédit qui connait le porteur de projet et assure la bonne fin du financement. Le babyloanien choisit de soutenir tels ou tels projets, et peut diversifier ses interventions grâce à une mise de fonds unitaire de faible montant. Il verse ses contributions et peut, au fur et à mesure des remboursements, soutenir de nouveaux projets. Babyloan se prépare maintenant à développer son activité auprès des porteurs de projets en France, notamment en coopération avec l’Adie fondée par Maria Nowak.

Le Crédit agricole Pyrénées Gascogne s’intéresse de près à ces initiatives. D’abord parce que le microcrédit est notre premier métier, et que, sans utiliser toujours cette appellation, nous continuons chaque mois de financer des porteurs de petits projets, avec peu ou pas d’autofinancement. Et puis, parce que nous sommes déjà partenaires de FriendsClear, fondé par Jean-Christophe Capelli, qui développe en France les prêts de personne à personne (Peer to Peer) pour financer des petites activités économiques. Il ne s’agit pas là de «microcrédit» mais de «petits crédits» puisque le financement n’est pas supervisé par une association chargée d’accompagner l’emprunteur : le candidat au crédit y fait lui-même la présentation de son projet, de son business plan,  et le prêteur touche un intérêt en finançant une activité le plus souvent innovante.

Les deux modèles sont différents et on peut dire complémentaires. Ils ne s’adressent pas aux mêmes acteurs, et le prêteur n’a pas dans les deux cas les mêmes motivations, puisque pour Babyloan, l’intervention est à dimension solidaire et sans but lucratif (le prêt ne porte pas intérêt), alors que chez FriendsClear, la dimension «business» est bien présente. Les deux ont leur place, les deux ont leurs bénéficiaires, les deux ont leur public et leur utilité, et parfois les mêmes prêteurs adhèreront à chacun des deux sites pour répondre à deux objectifs différents.

Dans tous les cas, il est passionnant de faire un tour d’horizon des projets présentés. Il y en a 72 en cours de financement sur Babyloan, 155 sur FriendsClear. Et tout cela ne manque ni d’imagination, ni d’enthousiasme. Regardez… et faites connaître… J’ajoute que le Crédit agricole mutuel Pyrénées Gascogne a ouvert un groupe sur Babyloan auquel vous pouvez adhérer…


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A propos de l'auteur ()

Directeur général du Crédit agricole Pyrénées Gascogne depuis 2003. Ingénieur agronome, passionné de développement local, et coopératiste convaincu. Fait partie des "Éclaireurs" de la banque écoresponsable...

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  1. Tweets that mention Babyloan et le microcrédit -- Topsy.com | 30 août 2010

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