Et pendant ce temps…

Classé dans ACTUALITES et HUMEURS par sur 27 novembre 2011 1 Commentaire

On ne s’ennuie pas en ce début de XXIème siècle : éclatement de la bulle Internet, crise des « subprimes »  et maintenant celle du surendettement public, pour ne parler que des événements économiques d’ampleur mondiale. Si l’on s’attache à observer la succession de ces crises, il est frappant de constater que les armes utilisées par les « pompiers » pour éteindre les incendies présentent la double caractéristique de contribuer au développement de la crise « suivante » et d’être de moins en moins efficaces. Ainsi, pour sortir des impacts récessifs de l’éclatement de « l’exubérance irrationnelle des marchés », du monde Internet, une politique de taux bas à conduit les financiers à imaginer des montages de plus en plus sophistiqués pour « créer de la valeur », conduisant à une bulle de l’endettement privé. C’est au cours de cette période qu’ont été inventés les dérivés de crédit qui se sont développés de façon exponentielle et qui ont conduit à la crise, d’origine américaine, dite des « subprimes ». Celle-ci a touché, à des degrés divers, l’ensemble du monde financier, avec comme point d’orgue, la faillite de la banque Lehman Brothers. L’arme des taux bas ayant déjà été largement utilisée, ce sont les Etats qui ont pris le relais pour soutenir  l’économie, à grand coup de déficits budgétaires et donc d’aggravation de leur endettement, créant de fait une bulle de l’endettement public. Jusqu’à ce que le poids de son remboursement devienne insupportable pour certains, dans un contexte de croissance molle et de gouvernance faible. Nous en sommes-là, avec des risques de contagion liés à la forte imbrication des économies entre elles. Le débat du moment concerne l’usage ou non de la dernière arme utilisable par  les « pompiers » : les Banques Centrales. Il est sans doute souhaitable que celles-ci achètent de la dette publique, avec pour contrepartie une création monétaire sans précédent, pour contenir les taux longs à des niveaux supportables. Cette politique a d’ores et déjà été pratiquée par la FED et la Banque d’Angleterre. La BCE est plus réservée. De par son mandat, elle ne s’y sent pas autorisée et ce d’autant plus que l’Allemagne s’y oppose par orthodoxie monétaire et sans doute en raison du souvenir cuisant de l’hyperinflation qu’elle a connue au tournant des années 1920. L’usage de cette force de frappe devient chaque jour de plus en plus nécessaire pour sauver ce qui peut l’être, mais, ce faisant, ne préparons-nous pas la prochaine crise qui pourrait être celle de l’hyperinflation ?

Et pendant ce temps, on en oublie la Conférence sur le climat qui va se tenir, à Durban, du 28 novembre au 9 décembre. En 2009, les engagements pris à Copenhague de contenir le réchauffement à 2° C, d’ici la fin du siècle semblent, d’après les derniers rapports des experts, de moins en moins atteignables, faute d’efforts suffisants de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Les projections tablent sur une réchauffement se situant dans une fourchette de 2,5°C à 5°C. On va donc vers un monde où les catastrophes climatiques risquent de s’enchaîner, avec, à l’image de la succession des crises économiques, des conséquences toujours plus graves, pouvant aller jusqu’à un risque d’emballement climatique irréversible. Heureusement, il paraît que le pire n’est jamais certain…

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Commentaires (1)

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  1. Zafu dit :

    Bien entendu, le pire n’est jamais certain.
    Mais nous devrions relire avec profit « La cigale et la fourmi »…
    Parce que nous voilà bien dépourvus maintenant que la bise est venue.
    Nous creusons sans vergogne les déficits depuis des années, et arrivons dans la zone où le remboursement de la dette elle-même devient quasiment impossible.
    Alors oui, nous cherchons encore des solutions pour repousser l’échéance…
    Jusqu’à quand ?
    Les américains font de même…
    Mais à un moment, la réalité nous rattrapera.
    Il y a des milliards d’euros ou de dollars qui circulent sans aucune contrepartie « matérielle »… Une virtualité explosive.
    Alors oui, le pire n’est jamais certain, mais nous jouons les apprentis sorciers !

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