INNOVER POUR TRANSFORMER

Classé dans ACTUALITES et HUMEURS, INNOVATIONS par sur 30 mars 2016 1 Commentaire

INNOVER TRANSFORMER

Innovation et transformation, voilà deux mots très fréquemment prononcés dans toutes les entreprises. Innovation, parce que de nouveaux services et de nouveaux usages s’installent, et qu’il est essentiel de profiter de ce levier de différenciation, de ce formidable vecteur d’image. Il est urgent d’innover pour ne pas se laisser dépasser par la vague de fond soulevée par les startups. Transformation, parce que les modes de production, de relation, de fonctionnement changent avec le numérique qu’il est impératif d’adopter. La qualité des services, l’efficacité des processus, donc les coûts de fonctionnement et de production, en dépendent. Il est donc acquis pour tout le monde qu’il est nécessaire d’innover et qu’il est essentiel de se transformer. Ce qui est surprenant, c’est que l’innovation et la transformation soient évoquées tour à tour comme s’il s’agissait de deux exigences séparées.

Tout se passe comme si, dans les esprits, l’innovation nécessaire et la transformation (qui l’est tout autant), étaient deux choses indépendantes. On innove dans les produits et les services aux clients, ou on soutient l’innovation des autres en y consacrant de gros budgets, alors qu’on se transforme dans ses métiers, dans son fonctionnement. L’innovation serait en quelque sorte extérieure à la vie de l’entreprise, un peu comme un supplément indispensable à sa vie, visible et médiatisé, alors que la transformation se situerait au cœur même de l’entreprise, et concernerait sa vie intime. L’innovation serait une affaire de surface, d’image, de « fun », alors que la transformation serait du sérieux, du lourd, du profond, engageant l’avenir parce qu’elle change les modes de fonctionnement. Cette vision conduit assez naturellement à confier l’innovation aux équipes de « Géo-trouvetous » ou de marketing, et la transformation aux très sérieux services d’organisation interne. Dans cette logique, on parle de l’innovation dans les supports de communication internes ou externes, au milieu des informations sur les nouvelles offres ou les actions de mécénat, alors que l’information sur la transformation est relatée dans les canaux très professionnels des notes de procédures internes. Si innovation et transformation ont chacune ainsi leur monde, leur univers, c’est parce qu’elles répondent dans les esprits à deux objectifs différents : mieux communiquer pour l’une, mieux produire pour l’autre.

Et pourtant ! Les deux ne sont-elles pas très étroitement liées ? Car, à bien y réfléchir, la transformation n’est-elle pas pour l’entreprise le résultat de ses multiples innovations ? Je ne parle pas des innovations seulement commerciales, mais de celles de toutes natures, concernant tous les domaines, imaginées dans tous les services. Cette vision mérite d’être précisée. On peut concevoir la transformation comme l’affaire d’une équipe technique qui planifie et organise les changements en tous domaines. Mais penser ainsi, c’est affirmer qu’il existe des personnes sachant tout de tout et capables seules de redessiner l’entreprise. Or, nous savons tous que ces personnes n’existent pas. C’est donc bien à chacune et chacun dans son métier, dans ses fonctions, d’exposer son travail au regard des outils et pratiques nouveaux et d’inventer de nouvelles façons de faire. Et cela s’appelle innover…  C’est donc bien la somme des innovations qui fait la transformation.

Pour s’en convaincre, il suffit de prendre un peu de recul et d’interroger l’histoire. Chaque changement majeur, chaque révolution industrielle, donc chaque transformation profonde des modes de vie et des entreprises, a commencé par des innovations. Celles-ci (l’imprimerie, la machine à vapeur, l’électricité…) ont toujours été suivies d’une multiplication d’usages (les livres, les transports, les ampoules…) qui ont eux-mêmes entraîné les transformations qui ont marqué nos sociétés. À distance, le lien entre les innovations et la transformation paraît alors évident, et il ne viendrait à l’idée de personne de dissocier les deux. Laisser l’innovation à la porte de l’entreprise, la regarder avec bienveillance comme l’apanage des jeunes pousses qui jaillissent ça et là, mais ne pas la susciter et la cultiver dans ses propres équipes, c’est finalement se résoudre à ce que la transformation nécessaire se réduise à une simple optimisation de l’existant.

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Commentaires (1)

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  1. FAIVRE Patrick dit :

    Comme le dit Nicolas COLIN dans son ouvrage « l’âge de la multitude », le véritable indicateur de réussite de l’innovation-transformation est une « expérience client exceptionnelle » conjuguée aux rendements croissants procurés par la « multitude » des utilisateurs.

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