KAM ET LEO, INVESTIR RESPONSABLE

Nous sommes de plus en plus nombreux à attendre des entreprises qu’elles prennent davantage en compte dans leur management et leur gestion les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance. Aussi, on s’attendrait à ce que les fonds d’Investissement Socialement Responsable (ISR), justement constitués sur ces critères, connaissent un fort engouement. Or leur succès est encore modeste (*) et c’est dommage. Toutes les banques proposent pourtant des fonds ISR à leurs clients. Elles ont fait du boulot, sélectionné, assemblé, étiqueté. Mais ces produits nombreux, parfois compliqués, sont le plus souvent « posés sur les étagères » à côté ou au milieu des autres. Nous pensons que cette difficulté d’accès et, surtout, cette banalisation ne respectent ni la puissance de ces produits, ni la démarche de ceux qui y souscrivent. Ils méritent mieux…

Leur puissance d’abord. J’en ai pris conscience en échangeant avec des spécialistes du réchauffement climatique, en particulier Jean Jouzel (médaille d’or du CNRS, membre du GIEC – prix Nobel de la Paix 2007 –) pour qui l’ISR est le moyen le plus efficace de réduire les effets de l’activité humaine sur le climat. Cette affirmation m’a fait réfléchir. Si tous les épargnants se montrent exigeants, les pratiques dans le Monde entier vont changer, plus que par la décision d’un Etat ou une hypothétique résolution internationale de toute façon « facultative ». Les actionnaires peuvent peser bien plus lourd…

Notre démarche ensuite. Selon la pionnière de l’ISR en France, Sœur Nicole Reille, « il n’y a pas de placement pur; l’investissement éthique, c’est surtout de faire passer des idées ! ». Cela signifie que la souscription à l’ISR n’est pas la souscription d’un produit, mais la souscription à une démarche d’exigence. Cela veut dire que l’investisseur ISR ne cherche pas un portefeuille d’entreprises parfaites, mais veut inciter à progresser celles qui ont intégré les critères de durabilité dans leurs décisions de gestion, qui agissent déjà mieux que les autres et qui s’améliorent. Il veut les pousser à aller plus avant !

Au regard de ces deux convictions de puissance et d’exigence, celui ou celle qui choisit l’ISR est au-delà de l’investissement dans une démarche extra-financière. Il veut que la sélection des valeurs, la gestion, les contrôles, respectent les règles techniques, mais respectent aussi son éthique. Il a besoin de savoir que son interlocuteur est sincère et adhère au même mouvement. Voilà pourquoi, après échanges avec Kam, Léo et quelques autres, nous avons décidé de créer un lieu pour ces fonds ISR. Un espace spécialisé, un espace où l’on puisse acheter ces produits, mais surtout, où l’on puisse en parler, où l’on puisse s’informer, où l’on puisse se rencontrer et échanger. Kam et Léo, c’est ça. C’est une boutique et un forum ouverts à ceux qui veulent investir responsable, les yeux grands ouverts…

« Les vertus privées font les mœurs publiques ». Ces paroles de Phocion renvoient nos indignations, révoltes, impatiences, à nos propres responsabilités. J’ai toujours été fasciné par les femmes et les hommes qui, confrontés à des changements inédits de leur environnement, la guerre, l’occupation, les idéologies dangereuses, ont trouvé la force et l’énergie pour agir, résister, et finalement corriger les faux-pas de l’histoire. Certains sont devenus des héros ; l’immense majorité n’a pas laissé de trace dans les livres. Qu’importe ! Ils ont témoigné de l’essentiel : des gens ordinaires peuvent, par leurs vertus privées, marquer profondément les mœurs publiques. L’ISR est dans ce domaine un formidable espace à conquérir. Il cherche encore ses pionniers…. A nous d’agir !

Participez à la Conférence de Lancement, jeudi 13 octobre, à 17 heures…

(*) Selon les chiffres de Novethic (avril 2011), les fonds ISR, en forte progression, pèsent en France 68 Milliards d’euros, soit 2,6% des fonds gérés. 30% sont détenus par des particuliers, dont près de la moitié au travers de l’épargne salariale. 1 Euro sur 6 d’épargne salariale est placé en ISR. Les placements directs des français restent donc marginaux.

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