Le Banquier et l’Epargne Solidaire

Dans le cadre de la semaine de « L’Epargne Solidaire », nous avons organisé un colloque ce 3 novembre. Les invités de marque, le père Bernard Devert, Président fondateur d’Habitat et Humanisme, François De Witt, fondateur de Finansol, et Pierre Scherek, Directeur général d’Ideam nous ont convaincus de l’utilité de leurs actions et de cette forme d’épargne, encore minoritaire en France, qui consiste à orienter ses placements financiers en ajoutant à l’exigence de rendement celle de sens et de solidarité.

Nous nous associons pleinement à leur démarche. En disant cela, j’ai conscience qu’il est difficile de croire en la sincérité d’un banquier. S’il parle de solidarité, d’éthique, de loyauté ou de développement durable, comment ne pas penser qu’il flatte pour mieux profiter ? Les géants de la finance ont marqué les esprits par leurs subprimes, leurs profits, leurs pertes, leurs traders et leurs bonus, au point d’empêcher de voir que la banque de proximité, celle du territoire, sert les petites gens, les petites entreprises, les artisans, les commerçants, les agriculteurs. Les grands titres des journaux nous font oublier que la finance et la banque servent d’abord la vie de tous les jours. Et quand un banquier dit : «Je veux être utile !», qui peut le croire ? Qui peut croire qu’une banque, un banquier, puisse être de «bonne volonté» ?

A Pyrénées Gascogne, nous croyons en la banque utile, à la solidarité de proximité, aux coopérations locales. Cette banque utile s’exprime dans nos métiers. Quand nous disons que les conseillers ne sont pas rémunérés sur les produits qu’ils vendent, c’est vrai, ou que nous conseillons à nos clients les produits qui leurs conviennent, c’est vrai. Et c’est parce que nous voulons une banque utile que nous avons développé une activité de conseil en économie d’énergie. Et quand nous apportons de l’aide aux associations du territoire, c’est parce que nous croyons que leur action est vitale pour le lien social.

Alors, si nous proposons à nos clients des produits d’épargne solidaire, des produits d’investissement socialement responsable (ici sur le site parlons-patrimoine), c’est parce que Pyrénées Gascogne investit dans ces produits, que nos salariés en souscrivent en épargne salariale, que nous y croyons pour nous. Nous ne suivons pas une mode, nous ne cherchons pas à gagner un marché, mais à partager une conviction avec nos clients.

Je suis de plus en plus convaincu qu’un des leviers essentiels pour rendre les entreprises plus vertueuses, plus responsables devant l’avenir consiste à orienter l’épargne en priorité vers celles qui intègrent dans leur management et dans leurs décisions, dans leurs actions, les principes de développement durable. Qu’il est plus utile d’investir dans les placements solidaires que de donner un peu aux associations, même si chaque don est utile, car elles disposent ainsi de moyens pour rehausser leurs ambitions. On peut mettre plus de solidaire dans l’économie et la formule de Phocion « les vertus privées font les mœurs publiques » est plus vraie que jamais. Encore faut-il oser y croire et décider de construire !

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Commentaires (2)

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  1. Tweets that mention Le Banquier et l’Epargne Solidaire -- Topsy.com | 8 novembre 2010
  1. Jean Philippe dit :

    Un grand merci à Guillaume qui nous donne de l’écho depuis San Francisco ! Ici, quand on parle, c’est un peu douteux, mais si en Californie, on trouve de l’intérêt… alors ! Merci Guillaume ! http://lebleu.org/blog/2010/11/07/good-banks-creating-meaningful-money-today-in-france/

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