LE DEVOIR DIGITAL

Classé dans BANQUE et FINANCES par sur 7 mars 2015 165 Commentaires

Les banques vivraient leurs derniers jours. Les analyses se suivent et se ressemblent : nous serions à la veille d’un big-bang dans les services financiers. A cause des évolutions technologiques qui devraient chambouler notre relation à l’argent. A cause des géants du web, Apple, Google, d’autres qui arrivent, qui devraient s’emparer des paiements. A cause de l’armée des « crowdlenders » qui devraient se saisir de l’épargne et du crédit. La banque de détail pourrait alors être mise en pièces, perdant un métier puis l’autre, avant d’être contrainte au démembrement, puis à l’agonie…

Ce scénario me parait hélas crédible. Cela peut surprendre de la part d’un banquier dit « traditionnel », car pour la plupart, mes confrères n’y croient pas vraiment. Ils en parlent, oui, en fronçant les sourcils, l’air soucieux. Ils parlent de menace, de défi, de challenge, oui. Dans le fond, ils savent bien que quelque chose de puissant est en train de secouer notre profession. Mais d’évidence, ils préfèrent ne pas y croire. Parce que s’ils y croyaient vraiment, ils se dépêcheraient d’agir, de changer, de prendre position, de s’insérer dans ce nouveau paysage, d’y prendre leur place.

Je ne sais pas plus qu’un autre de quoi seront faits les services financiers de demain. Ni s’il existera encore ce qu’on appelle aujourd’hui « la banque ». Ce dont je suis sûr, c’est que ceux qui seront les acteurs de ces services seront des personnes, des équipes, des sociétés qui auront su maîtriser les nouveaux usages parce qu’elles auront fait l’effort de les pratiquer et donc de les comprendre. On n’est pas obligé de savoir de quoi demain sera fait, mais on n’a pas le droit de ne pas apprendre les usages digitaux. Et pour cela, il faut les pratiquer, c’est tout…

La pratique, ça commence par les chefs, dans ce domaine comme en tout. Ce sont les chefs qui disent ce qui est important et ce qui l’est moins. Or, les dirigeants bancaires ne sont pas présents ou bien peu sur les réseaux sociaux et les applications nouvelles. Ils rangent ça dans l’armoire dite « innovation », ce qui signifie « secondaire, pour les loisirs ». Or, quand les dirigeants ne pratiquent pas, les équipes ne pratiquent pas, et l’entreprise devient illettrée du web, inculte du numérique. Elle est alors vulnérable et, je le crois, assez rapidement condamnée…

Les dirigeants de Pyrénées Gascogne sont de façon générale plus dégourdis du web que la moyenne. Mais il leur faut de l’exercice. Nous avons donc engagé ce samedi une sorte de « parcours digital », une série d’épreuves nécessitant un minimum d’agilité sur les réseaux sociaux. Tooki, notre sympathique mascotte a entamé hier soir un périple virtuel qui vient juste de s’achever. Il a laissé ses traces sur FaceBook, sur LinkdIn, sur Viadeo, sur Twitter, s’autorisant ici ou là un commentaire, un « j’aime » ou un partage. Je donnerai lundi les résultats…

tooki11

Ce qui est important, c’est de faire entrer dans la vraie vie ces modes de relation. Nous les voulons pour nos clients, nous l’affirmons, et c’est bien. Mais si nous n’en faisons pas usage nous-même, c’est tout simplement risible et vain. Le sujet n’est plus anecdotique. Il pouvait faire rire il y a dix ans (quand j’ai ouvert ce blog), peut-il faire seulement sourire aujourd’hui ? La question est devenue sérieuse !

Car à bien y regarder, comment expliquerons-nous demain que les 371.000 salariés que comptent les banques en France ont été incapables de résister à l’offensive de start-ups fortes de 8 ou 12 personnes ou à celle de sociétés du net qui ne connaissaient rien du métier ? Il est vraiment temps de se bouger, et vite ! Je suggère à tous les banquiers qui auront lu ce post, et quelle que soit leur fonction, de mettre un simple « OK » en commentaire… ce sera un formidable signe d’espoir…

tooki12

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Commentaires (165)

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  1. BOSCHER dit :

    OK

  2. rv dit :

    Ok analyse lucide mais encore en deçà de la réalité. Il suffit de voir la croissance des Fonte ch dont certaines sont capables de décider pour un crédit en 35 secondes sur base d’algorithmes et de scoring sophistiqués. …

  3. Joane dit :

    Ok !

  4. Gerin dit :

    OK !

  5. Blandine dit :

    Ok !

  6. Technitoit dit :

    Bravo d’avoir bien analysé la question

  7. CLAIRET dit :

    Okay!!

  8. de Laplagnolle dit :

    OK !

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