MILLENNIALS, MODE D’EMPLOI…

Classé dans ACTUALITES et HUMEURS, IMPACTS de PROXIMITE par sur 16 janvier 2017 2 Commentaires

millennials

Les Millennials (digital natives ou génération Y), nés entre 1980 et 2000, à l’aise dans le monde technologique qu’ils ont toujours connu, pour la plupart hyper-connectés, représenteront dans 5 ans plus de la moitié des actifs en France. Il n’est donc pas saugrenu de s’interroger sur la façon dont ils vivent nos organisations et sur ce qu’ils peuvent changer dans leur fonctionnement. Alors, sont-ils narcissiques et paresseux, distraits et exigeants, comme on les a souvent décrits ? Pas forcément, si l’on en croit Simon Sinek, coach et conférencier, qui explique, dans une vidéo a large succès et abondamment commentée, pourquoi ils ont surtout du mal à vivre heureux dans nos entreprises. Je vois 7 enseignements à en tirer pour mieux comprendre et mieux agir :

Plus de confiance, plus de patience…

Admirés par leurs parents, toujours soutenus dans les épreuves, les Millennials ne retrouvent pas dans le monde du travail cette protection, pas plus d’ailleurs que les visages bienveillants de leurs amis des réseaux sociaux. Tout y est décidément plus dur, et ils s’y sentent dévalorisés, d’autant qu’on leur réserve souvent des tâches peu stimulantes. Rompus aux messageries instantanées, aux plateformes de services, habitués à disposer de n’importe quoi, n’importe où, tout de suite, ils découvrent qu’au boulot, tout prend du temps : les projets, les réunions, jusqu’à leurs propres promotions. Déçus, ils languissent, culpabilisent, et finissent par déprimer.

Il ont besoin d’être accompagnés, plus qu’on ne le pense et qu’on ne le fait, pour s’accommoder des lenteurs et retrouver confiance en eux.

Les conditions de travail, tout sauf secondaires…

Leurs premières exigences portent sur l’autonomie, le respect de la vie privée, mais aussi l’environnement du travail. Peut-être parce qu’ils ont éprouvé les limites du virtuel, ils veulent être connectés à la vraie vie. Prêts à gagner moins dans une entreprise ou une ville plus modeste, ils sont attachés à trouver au boulot des espaces de restauration, café, relaxation, espaces verts, bureaux collaboratifs. Ils attendent aussi des horaires flexibles, du travail à distance, un trajet domicile-travail de 30’ au plus. La réponse est hélas trop souvent du genre « On doit les border aussi ? ».

Il est intelligent et productif pour l’entreprise de regarder comment les satisfaire. Les startups le font et s’en portent très bien…

Le monde merveilleux des startups…

Fonder et/ou diriger une startup est le rêve largement partagé qui nourrit leurs aspirations de liberté, d’impact social, de réalisation personnelle, de gloire et d’argent. Les Millennials ont en mémoire des « success stories » et levées de fonds fabuleuses. Dès lors, comment ne pas se sentir loser quand on attend désespérément une promotion dans son entreprise ou l’annonce d’un contrat mirobolant dans sa startup. N’est-ce pas ce que vivent tous les autres à en croire les médias ?

Il est important qu’ils trouvent dans leur organisation tant le climat de dialogue qui leur donnera une vision plus réaliste, que de vrais défis qu’ils auront à relever en étant suffisamment libres pour agir. Comme toutes les utopies, leurs aspirations trouveront alors des expressions utiles à tous…

Le besoin d’autonomie et de réseaux…

Formés aux réseaux sociaux, les Millennials entretiennent des relations où le collaboratif et le partage prennent une grande place. Dégourdis et pragmatiques, ils savent penser et construire en mode agile, et ont besoin de faire par eux-mêmes. Or, la plupart des chefs leurs parlent de chiffres et de ratios, jamais de projets personnels. Ils ne comprennent pas que les Millennials recherchent un mentor (pas un chef) qui leur confiera une mission (pas un travail) en leur donnant une influence (pas une fonction). Hélas, les vieux démons ont la vie dure, et dans l’entreprise française, l’autonomie des collaborateurs est en nette régression. Alors, se sentant bridés et démotivés, les Millennials ont la démission facile.

Il est essentiel de corriger l’organisation du travail afin qu’ils la vivent mieux et expriment tous leurs talents…

Digitaux, mais pas trop…

Si leur appétit pour la technologie est indiscutable, il semble moins fort que ce qu’en dit leur réputation. Il est au demeurant notablement plus faible chez les plus jeunes. Si bien que ceux qui poussent la digitalisation sont plutôt ceux des générations X, âgés aujourd’hui 30 ans et plus. Ce sont eux les vrais influenceurs dans l’organisation, et les plus efficaces moteurs de la transformation digitale.

La composition des équipes et la répartition des responsabilités prendra en compte les compétences générationnelles. Les « vieilles » organisations rajeuniront les équipes alors que les startups feront davantage confiance à des personnes plus âgées…

L’impact social, la valeur qui monte…

Les Millennials, dans l’ensemble très sensibles aux problématiques sociales et environnementales, sont nombreux à penser la RSE et l’éthique aussi « nativement » que le digital. Il leur importe que leurs actions aient un impact positif. Pour beaucoup, la culture et l’utilité sociale comptent plus que leur rémunération, si bien que la démarche RSE de l’entreprise est devenu pour eux un critère de choix de carrière. On comprend que la sensibilité au développement durable soit plus forte que chez leurs ainés, et il est probable qu’elle augmentera en même temps que le réchauffement climatique.

Pour prendre en compte la préoccupation légitime des Millennials et entretenir leur motivation, les organisations ont intérêt à intégrer avec sincérité ce besoin d’impact, à initier des projets innovants et utiles dans ces domaines, et à les confier à des jeunes enthousiastes…

Alors, comment fait-on ?

Nos organisations doivent-elles s’adapter aux Millennials, ou le contraire ? Les chefs traditionnels et autoritaires, sûrs de l’efficacité de leurs méthodes, seront sans doute convaincus qu’ils finiront par faire entrer ces jeunes dans le moule, et continueront de leur confier des tâches ingrates. Les autres expérimenteront des modes de management moins hiérarchiques, avec plus de confiance et moins de contrôles. Ces managers éclairés, en se rapprochant des modèles « startup » ou « entreprise libérée », susciteront alors de vrais leaders capables d’aider à grandir la nouvelle génération et de faire évoluer la culture d’entreprise. Ils parviendront bien mieux que les premiers à retenir les Millennials et à les préparer à prendre les rênes.

Il ne s’agit pas seulement de faire plus de place à ces générations dans nos organisations (elles y prendront de toute façon le pouvoir), mais de prendre davantage en compte leurs idées et de leur confier dès aujourd’hui plus de responsabilités. Ç’est ce que l’on appelle tout simplement : « Prendre un temps d’avance » …

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Commentaires (2)

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  1. Pierre VASSEROT dit :

    Le gros problème avec la nature humaine, est que nombreux sont ceux qui disent : « puisque que cet évènement nous dépasse feignons d’en être les organisateurs » et tirent à eux le mérite de ces inventeurs qui les dépassent, que beaucoup d’autres ne supportent pas que quelqu’un leur fassent de l’ombre préfèrent carrément leur faire un croche pied pour les empêcher de réussir, voire pour démolir tout ce qu’ils ont construit au lieu de le faire prospérer.
    Je pense que le problème posé par cette jeune génération des « Millennials », n’est pas nouveau et que l’histoire se répète simplement de plus en plus vite,
    Ces jeunes tout aussi talentueux qu’ils sont et qui nous dépassent dans tous les domaines de l’hyper communication, qui n’est que le monde dans lequel ils sont nés ( personnellement comme l’auteur j’ai 63 ans, et je suis né avec un téléphone sans cadran avec lequel il fallait demander à l’opératrice le 22 à Anières) ont bien sûr aussi besoin que nous les aidions à mettre le pied à l’étrier, ce qui suppose à la fois que nous reconnaissions leurs qualités, que nous acceptions leurs différences, que nous leur laissions un espace pour grandir, voir que nous préparions l’outil, que nous avons fait et développé, à la révolution qu’ils vont faire quand ils prendront le gouvernail à notre place.
    L’erreur est de laisser un outil dépassé, inadapté et inadaptable, cela tout autant dans les méthodes de travail, les relations avec le personnel, que dans le matériel.
    Il faut toujours savoir reconnaître les nouveaux talents, il faut aussi savoir s’adapter à une technologie qui va de plus en plus vite, … alors quand les deux se conjuguent, il ne faut pas fermer les yeux.
    Se cramponner à ses méthodes de travail, à ses vieux outils ( en informatique la vieillesse arrive vite) est une erreur grossière, rien n’est immuable. Il est donc nécessaire de marcher avec le temps même, et peut être même courir avec lui.
    Pour terminer avec un pensée Zen: L’impermanence est un principe d’harmonie. Quand nous ne luttons pas contre elle, nous sommes en harmonie avec la REALITE.

    les Millennials, font partie de la réalité du monde.

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