ODE À LA CRÉATION

Classé dans ACTUALITES et HUMEURS, INNOVATIONS par sur 16 avril 2017 0 Commentaire

D’après l’INSEE, 554.000 entreprises ont été créés en France en 2016. Avec 6 % de mieux qu’en 2015, c’est la plus forte hausse depuis 6 ans. Dans la plupart des cas, il s’agit d’affaires unipersonnelles (7 % seulement ont des salariés au démarrage) dont les créateurs (des femmes pour 40%) ont un âge moyen de 37 ans. Le secteur des transports, avec 56% d’augmentation, fournit près de la moitié de la hausse générale. Notre Pays, incontestablement, est plus fertile en initiatives et en créations que nous n’avons tendance à le croire. Il peut pourtant faire mieux !

De quelles créations parle-t-on ?

Pour la plupart, les nouvelles entreprises exercent des métiers traditionnels en reproduisant des modèles existants. Leurs créateurs sont ceux qui assurent le nécessaire renouvellement du tissu économique. Ils cherchent les optimisations sans adopter de démarche vraiment innovante. Ils sont les plus nombreux, mais ne contribuent pas à la progression des chiffres.

En réalité, quand on parle de créations, on pense spontanément aux startups, aux jeunes pousses totalement innovantes répondant à des besoins d’une façon radicalement nouvelle. Elles adoptent des modèles disruptifs, stimulent nos imaginations et suscitent d’impressionnantes levées de fonds. Elles fascinent les plus jeunes notamment (selon le Figaro étudiants, 35% souhaitent travailler dans une start-up, plus de 50% chez les diplômés des Écoles de commerce) et sont soutenues par une pléthore d’initiatives (pépinières, accélérateurs, concours…). Même si elles ne représentent qu’une très petite partie des créations, elles sont très visibles dans les médias et de loin les plus bruyantes.

Mais il existe aussi une innovation plus discrète, déployée par des entreprises qui adoptent des modèles nouveaux tout en exerçant des métiers traditionnels. Elles font beaucoup moins parler que les précédentes alors qu’elles sont bien plus nombreuses. Il y a vingt ou trente ans, on croisait déjà tel agriculteur s’essayant à l’élevage des lombrics ou tel restaurateur ouvrant un café philosophique. Ces projets originaux qui, à l’époque, ne représentaient pas plus de 2% du total, en constituent aujourd’hui un bon tiers. La vérité est que l’innovation s’infiltre partout, dans tous les domaines, et qu’il est devenu naturel de se demander quelles dispositions permettraient de faire autre chose, autrement, plus durablement…

Le désir d’innovation chez les PME et TPE

Comme les précédents, les créateurs « discrets » répondent à des demandes émergentes des consommateurs, utilisent les facilités offertes par les nouvelles technologies et s’inspirent d’expériences parfois lointaines. Comme les précédents, ils inventent de nouveaux produits, appliquent de nouveaux modes de production ou de commercialisation. Leurs innovations discrètes, qui ont l’avantage de s’appuyer sur des compétences et des expériences déjà établies (la démarche est moins risquée que celle du « startupeur » classique), ne bénéficient pourtant pas d’un accompagnement aussi fourni que les startups classiques. Il est d’ailleurs fréquent que l’entrepreneur créé une structure dédiée à son activité innovante pour bénéficier du même écosystème, des mêmes attentions, de la même publicité.

Mon activité m’amène à rencontrer beaucoup d’entrepreneurs, et je constate que cette innovation discrète est presque toujours au cœur de leurs préoccupations. Ils comprennent que pour assurer la pérennité de leur entreprise ils ont besoin d’avoir des idées nouvelles et d’anticiper. Ils expriment en général dès les premiers échanges leur volonté de se singulariser. Pourtant, quelques-uns seulement franchissent le pas, si bien que chez les entreprises dites traditionnelles, le potentiel d’innovation reste énorme.

Il faut stimuler la création discrète

Ma conviction est que cette innovation mérite d’être davantage encouragée et accompagnée. Certains entrepreneurs pensent qu’ils ne peuvent pas innover faute d’avoir une idée géniale. Ce n’est pas vrai ! Il suffit d’une bonne idée, c’est-à-dire une idée qui réponde à un besoin du marché et y réponde bien. Ils ont surtout besoin de la capacité à concrétiser leur idée. Leur réussite viendra de leur détermination et de leur persévérance, mais aussi de leurs alliés : des gens qui partagent la même vision et disposés à s’engager, et des accompagnants fiables et de bon conseil. Voilà ce qui leur manque le plus souvent, un environnement aidant et un déclencheur. Sachant que, le plus souvent, tout commence par une rencontre…

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