ON DÉCIDE QUAND ?

Classé dans ACTUALITES et HUMEURS par sur 14 avril 2013 2 Commentaires

Pyrénées Gascogne a engagé un Projet d’entreprise sur le fronton duquel nous avons gravé « L’esprit de service », une promesse pour les clients, une promesse entre nous, un fil rouge pour tout ce que nous voulons développer dans les prochains mois. Des idées sont venues des salariés, des clients, des élus des Caisses locales. Il en arrive encore (regardez le site www.lespritdeservice.fr notre boîte à idées électronique) et des groupes de travail réunissant plus de 800 salariés de l’entreprise phosphorent depuis quelques jours. Super !

Vient le moment de décider. Décider ! C’est sans doute l’exercice le plus délicat pour tous ceux qui ont la responsabilité d’un groupe humain. Je le vis toujours ainsi, particulièrement conscient qu’une décision peut se révéler bonne ou mauvaise, qu’elle va séduire ou au contraire décevoir, qu’elle trahira toujours plus ou moins la vision de ceux qui portent le projet. Il faut pourtant décider… Il faut décider car le responsable qui décide se montre toujours imparfait, mais celui qui ne décide pas ou qui décide mal est inutile et fait perdre à son organisation du temps et des opportunités. Aussi est-il très important de se demander pourquoi on a du mal à trancher, à dire oui ou non, à dire ce qu’on retient et ce qu’on abandonne (puisque « Gouverner, c’est choisir »).

La première raison de la mal-décision, c’est que le regard des autres nous paralyse. On écoute tout le monde, on ne veut blesser personne, ou on a du mal à accepter d’assumer des erreurs éventuelles. Alors on ne tranche pas, ou on tarde à le faire, ce qui revient au même. Pourtant, pour tout le monde, si l’écoute et la démarche participative sont essentielles, une décision rapide et claire l’est tout autant. C’est l’un et l’autre et pas l’un sans l’autre. Car une mauvaise décision fait moins de mal qu’une indécision qui démotive les hommes et décrédibilise leurs dirigeants. Un de mes anciens patrons disait « L’important est moins ce qu’on décide que de décider » ce que je trouvais alors « léger » mais qui ne l’est pas tant que ça… Vous me direz qu’il arrive que certaines décisions paraissent quasi-unanimement inappropriées. Ce sont justement celles qu’on a le plus tendance à ne pas prendre ou à tarder à prendre. La peur de déplaire. Mais les intérêts du groupe humain ne sont pas forcément compris comme tels par ceux qui le constituent, et c’est pour cela que les organisations nomment des responsables dont le devoir n’est pas de plaire mais de bien gouverner. A eux de voir large, de mesurer l’urgence d’un changement, de comprendre les interactions, d’évaluer les impacts possibles, d’apprécier la capacité à supporter un risque.

Une autre raison fait que nous décidons mal ou trop tard, c’est que nous attendons d’y voir plus clair pour nous engager. C’est le fameux « Wait and see » ou la stratégie des « suiveurs ». Il est certain que quand le tiercé est arrivé, on connait bien le rang des chevaux, mais il est trop tard pour prendre position. Une bonne décision est toujours prise dans l’incertitude. Il faut simplement savoir rester souple pour tenir compte des changements d’environnement et surtout, rester cohérent par rapport aux convictions qui ont conduit au choix. On ne demande pas aux dirigeants d’être infaillibles, mais d’être déterminés et persévérants. Dans tous les cas, la décision doit être annoncée, avec des dates de mise en œuvre, avec les raisons pour lesquelles elle a été prise et ce qu’on en attend, et en exprimant fermement la volonté de ne pas y renoncer. Sans oublier d’associer le plus de monde possible à sa mise en œuvre.

Alors ? Alors, pour bien décider, il faut du courage, croire en l’avenir (donc être optimiste), faire confiance aux autres et compter sur la confiance des autres. Il faut aussi se rappeler, et rappeler à tous, que les changements décidés dans le passé ont fait progresser l’entreprise. Se rappeler aussi que parfois, la bonne décision, c’est de dire non. Il faut savoir le faire en l’expliquant, ou en trouvant des solutions alternatives … Voilà, demain, on arbitre…

Quelques lectures :

« Organiser la prise de décision »

http://lentreprise.lexpress.fr/manager-et-organiser/la-prise-de-decision-tout-un-art_38934.html

« Décider pour motiver »

http://bossutonleadership.typepad.com/podcast/2010/11/décider-pour-motiver.html#more

« Le courage au quotidien »

http://bossutonleadership.typepad.com/podcast/2010/11/le-courage-au-quotidien.html#more

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Commentaires (2)

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  1. Le curieux dit :

    Alors ces décisions ?

  2. Jean PHILIPPE dit :

    Les décisions avancent bien…. Il nous reste à mettre tout ça en musique… Il faut encore donner du sens…

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