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et on vous conseille

J’ai participé cette semaine à la remise du « Prix de la stratégie d’entreprise ». Au-delà de la partie « remise des prix », toujours festive et un peu convenue, ce fut l’occasion d’écouter des entrepreneurs expliquer les raisons de leurs succès. Le leitmotiv de leurs témoignages peut se résumer à quelques principes :

- Il ne suffit pas d’avoir une bonne, une excellente idée. Il faut beaucoup travailler pour la rendre réaliste et rester à l’écoute et modeste dans cette période d’incubation.

- Rien ne sert d’aller à l’international si on n’a pas prouvé d’abord son excellence chez soi. Toujours, toujours, soigner son premier marché et son premier métier.

- Il faut faire simple, toujours simple, plus simple encore, ce qui est bien sûr très compliqué.

- A l’étranger, toujours s’appuyer sur des personnes qui connaissent bien la culture locale. Des  partenariats d’abord, puis des filiales, avant de penser à des acquisitions.

-  Comme tôt ou tard, on se trouve dans un cul-de-sac stratégique, il faut sentir tourner le vent, vendre son affaire ou changer de cap.

- Internet s’adresse au monde entier, mais on ne parle pas au client allemand, japonais ou italien comme à l’américain. Il ne suffit pas de traduire dans une langue parfaite.

- Et pour étudier un marché, privilégier l’approche pragmatique : quelques clics suffisent à peser la concurrence et le marché et vérifier la rentabilité de son investissement.

Ces quatre heures de témoignages de dirigeants performants venus de secteurs aussi différents que les services informatiques, l’industrie plastique, le bâtiment ou la restauration m’ont convaincu : ces principes doivent être aussi universels que fondamentaux.

Il n’y avait aucune banque dans cet univers. Si, une, coopérative et mutualiste, Pyrénées Gascogne. Je m’attendais à ce qu’on lui décerne le Prix de l’impertinence, mais il n’était pas prévu. « Vous êtes sans doute là pour faire de la prospection » me demande un participant. Une banque serait une entreprise ? Elle construirait une stratégie ? Elle développerait de nouveaux métiers ? Un banquier pourrait être entrepreneur ? Cela se saurait !

J’ai pu en tout cas féliciter les dirigeants d’Abrisud, une entreprise du Gers qui a reçu dans sa catégorie un premier prix largement mérité ! Bravo encore !

J’ai participé vendredi soir, à Masseube, dans les locaux du lycée agricole Saint-Christophe, à une réunion organisée à l’initiative du Syndicat Professionnel pour la Défense de la Production d’Energie Photovoltaïque, constitué en août 2009. Cette réunion visait à fournir des informations sur différents aspects des investissements dans ce type de centrale, à destination, notamment, des agriculteurs présents à cette manifestation. J’y intervenais en tant  que représentant de notre Caisse Régionale et comme Président de CAM Energie pour expliquer le rôle d’acteur incontournable de la Caisse Régionale soit pour le financement des projets soit comme co-investisseur à travers sa filiale CAM Energie. Outre l’intérêt de ce genre de réunion d’information à destination des investisseurs potentiels, j’ai été frappé par la coopération entre les acteurs présents : Chambre d’Agriculture, Syndicat, Crédit Agricole, Gleize Energie Service et CAM Energie, consultants et juristes. Un grand pas me semble avoir été franchi. En lieu et place d’affrontements et de polémiques qui sont parfois la caractéristique de ce type de manifestations, j’ai été surpris par l’esprit de coopération et la volonté de travailler ensemble de ces différents acteurs. Cela augure bien d’un développement raisonné de ce type de projets, au plus grand bénéfice des investisseurs potentiels.

Dans un autre ordre d’idée, un bel exemple de coopération est à souligner s’agissant du projet immobilier que réalise la Caisse Régionale sur le terrain de son agence de Saint Jean de Luz Chantaco. Au bout du compte, le succès de cette opération qui semble se dessiner est là aussi le fruit d’une excellente coopération entre différents acteurs, chacun spécialiste dans son domaine. Le promoteur Alain PEERSMAN, avec qui nous avons créé la société ALTERNATIVE FONCIERE, qui intervient ici en tant que Maître d’Ouvrage délégué, GLEIZE ENERGIE SERVICE qui a produit les études nécessaires pour rendre éligibles à la norme BBC (Bâtiment Basse Consommation) les bâtiments prochainement construits. Enfin, à l’issue de la phase de commercialisation réservée aux salariés et aux administrateurs de la Caisse Régionale, SQUARE HABITAT prendra le relais pour la commercialisation à destination de clients extérieurs et assurera à terme le syndic de la copropriété et pourra, pour les propriétaires bailleurs qui le désirent, assurer la gestion locative de leur bien. Un bel exemple de coopération et de synergie entre tous les acteurs au bénéfice du développement des uns et des autres et dans l’intérêt du client final pour une opération qui valorise le patrimoine de la Caisse Régionale mais constitue aussi un investissement local très intéressant pour la commune de Saint Jean de Luz et pour les futurs occupants de ces immeubles.

Ces deux exemples de coopération démontrent la pertinence du vieil adage  « l’union fait la force ». Dès lors, on peut se prêter à rêver : et si toute l’énergie dépensée dans les querelles intestines était consacrée à la coopération, à la suppression des « silotages » en tout genre, à la construction de ponts plutôt que de murs, on déplacerait des montagnes. Il y a quelques années, une phrase avait été utilisée pour qualifier cette impérieuse nécessité de coopération : « l’ennemi n’est pas à l’intérieur ». L’ennemi n’est toujours pas à l’intérieur mais avons-nous réellement progressé sur ce plan-là ? Je laisse à chacun le soin de faire son propre diagnostic et formule à nouveau le vœu d’une plus grande coopération interne pour le plus grand bien de la performance et de l’efficacité de notre Caisse Régionale, au risque de passer pour un doux rêveur idéaliste.

Visible Banking Paris 8 juin

Je prépare en ce moment une intervention pour la rencontre organisée à paris ce mardi par Christophe Langlois fondateur de Visible Banking (cliquez sur l’image, c’est à Paris, le 8 juin). Une occasion de mettre au clair les idées sur les médias sociaux dans l’entreprise. Tout est allé si vite ces derniers mois. FaceBook, Second life  et Twitter, après avoir suscité un légitime enthousiasme ont consommé leur état de grâce. On voit bien qu’ils ont ouvert de formidables possibles sans être pour autant « la formule » qui va durer. Avec le temps, il n’est pas rare que l’on vienne consulter ces sites avec un sentiment qui relève plus du devoir que du plaisir. Chacun sent bien qu’il y a une limite. La fascination pour les prouesses technologiques s’est peu à peu effacée, et il reste la question de fond, celle de l’usage, de l’utilité. On perçoit bien qu’il reste bien des choses à inventer pour intégrer les apports de ces outils à la vie de tous les jours, de façon simple et efficace.

Ces considérations qui peuvent paraitre un peu désabusées ne contredisent en rien mes convictions profondes. Une page est tournée. La communication ne sera plus jamais ce qu’elle était. La spontanéité et la sincérité des échanges sont désormais ancrées. On ne reviendra pas sur ces avancées et les entreprises doivent maintenant composer avec cette nouvelle donne. J’ajoute que ceux qui seront les acteurs des modèles de demain sont ceux qui expérimentent les modèles d’aujourd’hui, qui en sont familiers. Ils ont acquis une culture et des réflexes qui seront la base des prochaines applications. Ce qui est maintenant certain, c’est que les clients et les équipes lisent, écoutent et voient la même chose, ce qui crée une obligation de sincérité. Et c’est que le client veut et peut participer à l’évolution des services, qu’il ne pourra plus être passif…

Force est de constater que les coups de colère ont beaucoup de vertus. D’abord, ils font du bien parce qu’ils évacuent chez ceux qui les poussent les tensions en surplus et les libèrent des pensées qui ne pouvaient leur faire que du mal. En ce sens, la colère est thérapeutique. Mais elle est aussi thérapeutique pour ceux qui la reçoivent. En secouant leurs certitudes elle les oblige à se demander si finalement, les choses ne pourraient pas être vues autrement. Disons qu’elles forcent le point de vue et font ainsi progresser la société. Ebranlés par la tornade certains changent de regard et de position et ceux qui ne changent pas prennent conscience que d’autres pensent autrement.

Des polémistes comme Mirbeau ou Péguy ont, en d’autres temps, exprimé de très belles colères, des colères utiles, des indignations justes, pleines de conviction et de talent. Ils ont l’un et l’autre parlé de l’argent, dans « Les affaires sont les affaires » pour le premier, dans  « L’argent » pour le second et dans bien d’autres textes. Il est saisissant de voir combien leurs colères sont toujours actuelles. Parce qu’il y a toujours l’argent qu’on cache, qu’on vole, qu’on joue ou qu’on exhibe, celui pour lequel on affame ou on tue. Et l’argent de la vie de tous les jours, celui qui est reconnaissance, contrepartie, qui nourrit les échanges entre les hommes. Or ce premier argent qui était de leur temps affaire de salons et de beaux quartiers, a pris au fil des ans beaucoup plus de place dans la vie publique. Il s’étale aujourd’hui en gras sur les journaux et les écrans, dans les spectacles, les jeux, les sports… Si bien qu’il semble avoir gagné sur l’autre, l’avoir supplanté. Et c’est tout juste si de temps en temps, on entend le coup de colère, évidemment étouffé, évidemment suranné, mal à sa place dans ce décor, de gens qui rappellent ici ou là qu’il faut rétablir la hiérarchie des valeurs.

Les banques ont entendu ces derniers mois bien des critiques et des “coups de gueule”. Ont-elles finalement fait autre chose que de suivre les dérives de leur temps ? Elles doivent en tout cas comme les autres contribuer à rétablir ce sens des priorités. Nous travaillons dans cette voie à Pyrénées Gascogne, en mettant en priorité l’intérêt du client, l’écoute du client, l’expression du client, la réponse au client, le service au client. En nous mettant au service de cet argent qui sert ici à produire, vendre, travailler, acheter. Cet argent qui a une utilité collective et sociale. L’argent de tous les jours…

A l’image de la plupart des Assemblées Générales des sociétés du CAC 40, celle de Crédit agricole SA a donné lieu hier dans sa partie « questions – réponses » a un duel entre les représentants des salariés et des actionnaires individuels, je veux dire entre les organisations syndicales qui ont fait part une à une, méthodiquement, de leurs visions et certitudes devant une salle qui demandait « des questions ? des questions ? » et un certain nombre de porteurs d’actions qui ont exprimé leurs interrogations (au mieux) ou leurs états d’âmes. C’est donc ce modèle de « démocratie » qui mériterait seul l’intérêt et il faudrait en son nom renvoyer au placard le modèle coopératif et mutualiste ? Mais jusqu’à quand va-t-il falloir se taire sur ce qui est pourtant une évidence ?

Jamais, jamais, je n’ai entendu dans une Assemblée générale de sociétaires des personnes prendre la parole pour féliciter un à un et dans le détail chacun des conseillers de son agence (l’exercice n’étant pas en soi désagréable, mais faut-il vraiment exprimer ce genre de sentiment devant 1.000 personnes ?), ni prendre dix minutes pour se plaindre de n’avoir pas été convoqué à l’Assemblée générale (tiens, il est pourtant là ?)… J’en passe… Et qui oserait prétendre que ces interventions ont le moindre effet positif sur la qualité du gouvernement de l’entreprise ? Je passe aussi sur l’irritation des actionnaires devant les revendications des salariés (« Vous avez des lieux pour vous exprimer, nous n’avons que celui-là ! »), sur toutes les interventions qui dénoncent les investissements qui ont « mal tourné » et ne parlent pas de ceux qui « marchent », sur les effets de manche, de voix, de micro, d’intervenants aux yeux tournés vers l’écran géant où est projeté leur image en 8 sur 6… un moment de gloire auquel chacun a droit un jour…

Et le client dans tout ça ? Absent, ignoré, pris en tenaille entre actionnaires et syndicats qui se disputent le « partage de la valeur ». Dans l’organisation mutualiste et coopérative, le client est représenté par ceux qu’il a élus, il siège dans le Conseil, il a sa voix, chacun sa voix. Là, il n’est plus. Encore peut-il, le client, se réjouir de ne pas être critiqué, ce qui n’est pas le cas des dirigeants. Ils sont à l’écoute, respectueux, obligatoirement humbles, patients, entendant les critiques récurrentes sur leur rémunération, leur gestion, leur travail, leur comportement, exposés aux critiques libérées, débridées, parfois jubilatoires, de ceux qui ont le micro et ont, eux, tout vu, tout compris. Mais que font-ils au juste ?

On me dit que cela s’appelle de la démocratie, et que c’est ce mode de fonctionnement qui va se développer de plus en plus dans les années qui viennent. Pas très gai tout ça. Je reste optimiste. Un jour va venir quand même où il sautera aux yeux de tous que c’est au client qu’il faut donner la parole d’abord. Qu’il est finalement assez scabreux et néfaste de permettre à un seul actionnaire de déverser des flots de critiques sur les salariés et les dirigeants, simplement parce qu’il a placé l’argent (hérité de son grand-père ?). Attention, là, je suis hors jeu. On ne dit pas de mal des actionnaires. C’est politiquement incorrect…  Mais pardon, je ne dis pas de mal des 1.395.654 actionnaires qui font la part des choses, mais de celui-là, qui finalement ne représente personne, mais parle, parle, parle… tiens, si ça se trouve, il parle encore…

Au delà des mots... Jean Philippe
Jean Philippe

Directeur Général du Crédit Agricole Mutuel Pyrénées Gascogne

Patrick Faivre

et Patrick Faivre

Secrétaire Général de Pyrénées Gascogne

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