A une époque où on met beaucoup en avant les vertus de l’Allemagne (et elles sont nombreuses), il est étonnant de souligner que sa réussite relève beaucoup plus de l’efficacité et de l’optimisation de ses manufactures certes modernisées mais traditionnelles que du développement de nouveaux produits. Dans Les Echos du 9 novembre, Philippe Escande consacre un billet aux Entrepreneurs et montre que l’économie allemande, donnée en modèle en Europe, est peu innovante comparée à la nôtre ou à celle de la plupart des pays européens, y compris dits « de périphérie ». Cela fait réfléchir, et nous ferait presque douter des leçons de Schumpeter, cet économiste autrichien du début du 20° qui considérait l’innovation comme le principal moteur de croissance ou en tout cas, le vrai déclencheur des cycles d’expansion.
En fait, innover ne suffit pas. Il ne suffit pas de penser un projet novateur, il faut encore avoir un courage d’entrepreneur pour prendre le risque de lui donner la vie, de le porter, de le confronter, de le faire partager, de lui faire rencontrer « son marché ». Et il faut encore toute l’énergie de l’entrepreneur pour assurer le développement de l’affaire. Et c’est beaucoup plus difficile pour des produits ou services innovants que pour ceux qui ont déjà une clientèle convaincue. Tant que tout ce chemin n’est pas fait, une innovation n’est qu’une idée, et les formidables réussites d’une poignée de start-up ne peuvent faire oublier les échecs de milliers d’autres.
Il se trouve que nous sommes à Pyrénées Gascogne au cœur même de cette question du déploiement, du développement, de la rencontre avec nos marchés sur plusieurs innovations. C’est un objectif que nous partageons d’ailleurs avec Immersive Lab dont les réalisations 3D, que ce soit pour les conférences ou la valorisation du patrimoine touristique offrent de belles perspectives. Nous en sommes là aussi et ensemble avec les Tookets, cette monnaie sociale et solidaire dont on voit bien qu’elle a tout pour devenir un puissant levier pour rapprocher entreprises et associations par la médiation des clients. On y va…
L’accord européen du 27 octobre prend acte de nouvelles dépréciations sur la dette grecque et les créanciers privés, banquiers et assureurs pour l’essentiel, seront le passage obligé pour les constater. L’Autorité bancaire européenne (ABE) a publié les montants de Fonds Propres supplémentaires nécessaires aux principales banques européennes pour atteindre à fin juin un ratio de Fonds propres durs de 9%. Cette évaluation prend en compte leur exposition aux pays en crise comme la Grèce mais aussi « menacés » comme l’Espagne ou l’Italie. Au total, ce besoin ressort à 106,4 milliards d’euros, et sans surprise, ce sont les établissements grecs (30 milliards), espagnols (26,1) et italiens (14,7) qui sont les plus concernés. Sur les quatre établissements français testés, le besoin est de 8,8 milliards, le Crédit agricole étant le seul à ne pas nécessiter de recapitalisation.
Les banques sont soumises à deux types de pression : celle du régulateur qui travaille de longue date à accroître les exigences en Fonds propres (que la faillite de Lehman Brothers a naturellement durcies), et celle de la crise de la dette souveraine qui nécessite leur renforcement pour enregistrer les dépréciations. L’ensemble conduit à une pression en quantité mais aussi en délai. Dans ce contexte, il est naturel que certains s’interrogent sur la capacité des banques à financer l’économie, en particulier les PME, puisque tout nouveau crédit réalisé par la banque « consomme » des Fonds propres en proportion.
Au-delà de ses marges de manœuvre, chaque établissement apportera sa réponse en fonction de ses propres priorités. Le Crédit agricole Pyrénées Gascogne a clairement affirmé les siennes. Notre finalité est le financement du territoire et nous n’y renoncerons jamais. Nous l’avons prouvé en 2008, nous le prouvons aujourd’hui. Et la création du Livret sociétaire qui a justement pour objet le financement des jeunes entreprises du territoire en donne une nouvelle preuve.
(Pour ceux qui veulent un regard sur les perspectives boursières, une site à connaître ici…)
L’agence en ligne TOOKAM, « pondue » (selon l’expression même de ses fondateurs) en avril dernier, est considérée par beaucoup d’observateurs comme la banque « nouvelle génération ».
Une nouvelle preuve avec cet article du Figaro. L’usage des réseaux sociaux et du tchat sont déjà en soi des innovations majeures. Mais la principale innovation réside sans doute dans son caractère solidaire. En effet, la plupart des banques en ligne font miroiter des taux de rémunération élevés et attirants. Tookam le fait aussi, mais offre en plus à ses clients la possibilité de donner, grâce aux Tookets, un coup de main aux associations de leur choix.
C’est plus qu’une différence, c’est le sens même de la banque qui change, et c’est ce qui fait de Tookam est une des nouvelles formules du mutualisme de demain.
Comme nous le sentions venir depuis plusieurs mois, les dirigeants européens se trouvent contraints de trancher. Ils doivent s’accorder dans les heures qui viennent sur une solution à la crise de la dette. Comme prévu aussi, ce sont les positions de l’Allemagne et de la France qui doivent se retrouver sur un consensus. Et il faut que la solution retenue soit suffisamment forte et audacieuse pour sortir les marchés financiers de leur doute. Or, un doute de plus de trois mois est plus difficile à traiter qu’un doute de deux jours. La preuve en est que les atermoiements estivaux des américains (rappelons-nous le blocage des républicains face au Président) laissent bien moins de trace que les difficultés de gouvernance de la zone Euro.
Et pendant que les évènements se déroulent, il s’ancre de plus en plus l’idée que les circuits financiers devront être plus simples, plus lisibles, plus utiles qu’ils ne le paraissent aujourd’hui. Nous rappeler que c’est d’abord l’épargne d’ici qui finance les projets d’ici. Que les circuits financiers « courts », de proximité, ont l’immense vertu de ramener chacun à la réalité du développement d’un territoire, qui produit, et qui consomme, qui épargne et qui emprunte. Tout cela est saisissable, maitrisable, compréhensible, à taille humaine.
Au Crédit agricole Pyrénées Gascogne, toute l’épargne que nous confient les clients, (excepté l’Assurance-Vie et les OPCVM gérés par des sociétés dédiées) est transformée sur place, à 100%, en crédits pour le territoire. Nous avons même inventé le Livret Sociétaire, dont j’ai déjà parlé ici, qui est un compte épargne rémunéré, disponible, au capital garanti et dont les fonds sont entièrement utilisés pour financer les premiers pas des jeunes entrepreneurs. Qui plus est, grâce aux Tookets, il permet d’apporter une aide aux associations locales. Il est un produit complètement « mutuel » entre les épargnants, les jeunes entreprises et les associations. Il soutient le développement et la croissance de nos départements, de façon simple et lisible. Malgré sa grande simplicité, nous pensons qu’il préfigure les produits d’épargne de demain par le sens et l’efficacité qu’il donne à l’épargne…
J’ai eu le plaisir de réaliser quelques vidéos avec Eric Delannoye, Vice-président de Weave, qui est notre partenaire dans la création de KWIXO notamment. La vidéo publiée ici est consacrée aux banques coopératives et à l’innovation. L’organisation des coopératives, qui associe les clients à leur Gouvernance, qui est responsabilisante et décentralisée, est particulièrement propice à l’innovation. Le mutualisme est la première forme de communauté au service des projets locaux et solidaires. Les réseaux sociaux permettent “d’augmenter” le réseau physique local entre les personnes, réseau qui est justement le fondement de la coopération. Les usages d’Internet développement de plus en plus des communautés de nature à renforcer le lien de proximité. Les agences bancaires qui réalisent des sites et des blogs valorisent et renforcent ce lien local.









