PRIORITÉ AU TERRITOIRE

L’accord européen du 27 octobre prend acte de nouvelles dépréciations sur la dette grecque et les créanciers privés, banquiers et assureurs pour l’essentiel, seront le passage obligé pour les constater. L’Autorité bancaire européenne (ABE) a publié les montants de Fonds Propres supplémentaires nécessaires aux principales banques européennes pour atteindre à fin juin un ratio de Fonds propres durs de 9%. Cette évaluation prend en compte leur exposition aux pays en crise comme la Grèce mais aussi « menacés » comme l’Espagne ou l’Italie. Au total, ce besoin ressort à 106,4 milliards d’euros, et sans surprise, ce sont les établissements grecs (30 milliards), espagnols (26,1) et italiens (14,7) qui sont les plus concernés. Sur les quatre établissements français testés, le besoin est de 8,8 milliards, le Crédit agricole étant le seul à ne pas nécessiter de recapitalisation.

Les banques sont soumises à deux types de pression : celle du régulateur qui travaille de longue date à accroître les exigences en Fonds propres (que la faillite de Lehman Brothers a naturellement durcies), et celle de la crise de la dette souveraine qui nécessite leur renforcement pour enregistrer les dépréciations. L’ensemble conduit à une pression en quantité mais aussi en délai. Dans ce contexte, il est naturel que certains s’interrogent sur la capacité des banques à financer l’économie, en particulier les PME, puisque tout nouveau crédit réalisé par la banque « consomme » des Fonds propres en proportion.

Au-delà de ses marges de manœuvre, chaque établissement apportera sa réponse en fonction de ses propres priorités. Le Crédit agricole Pyrénées Gascogne a clairement affirmé les siennes. Notre finalité est le financement du territoire et nous n’y renoncerons jamais. Nous l’avons prouvé en 2008, nous le prouvons aujourd’hui. Et la création du Livret sociétaire qui a justement pour objet le financement des jeunes entreprises du territoire en donne une nouvelle preuve.

(Pour ceux qui veulent un regard sur les perspectives boursières, une site à connaître ici…)

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Commentaires (7)

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  1. PASCAL Denis dit :

    Bonjour,

    Vos explications sont complètes et claires, les liens explicites appuient et me permettent de mieux comprendre vos développements, merci.

    Beaucoup de chemin encore à faire.. Les 7 vaches maigres s’approchent, la « guerre économique » déjà bien entamée, pointe son nez. Comment organiser « La résistance » quand on est otage et que tous les moyens nous dépassent, quand ils nous dépassent à tous.

    Il faut du courage et de la ténacité, des explications aussi comme chacun des acteurs, dont vous êtes, font preuves.

    Regardons! Le Gouvernement Grec est pris dans l’étau, entre ses électeurs et fonctionnaires très en nombre, et son monde de l’entreprise et de la finance tout aussi corrompu… C’est sans doute pour cela que Georges Papandréou vacille! Il est pris au piège et, personnellement, il doit vivre très dangereusement…

    Comment apporter le meilleur soutien à un individu qui se débat dans un tel environnement? Le laisser tomber ou l’accompagner, le soutenir en coupant le bout des ailes aux les rapaces pour freiner leur appétit et inhiber les nombreux parasites avides de la défaite et des restes?

    Je continue de penser que l’Europe et le Monde sont devenus humainement incontournables, que les uns comme les autres, chacun dans son travail, tentent de faire ce qu’il faut! J’espère que la France tiendra le coup, gare à nous!

    Concernant notre territoire : Notre bassin de vie local est une entité de bon sens appliqué! C’est un outil de gestion cohérent, il dessine notre espace pour se rapprocher de celui nos voisins pour former ces nouveaux territoire, faisons , a minima, confiance à nos gouvernements démocratiques! Alors oui, je suis d’accord aussi, appliquons-nous à soutenir l’économie de nos territoire pour passer ce cap difficile!

  2. Zafu dit :

    Lorsque je vois la tournure que prennent les choses avec l’effondrement proche de l’Italie… j’ai de plus en plus l’impression que Thomas Le Cimbre, que je trouvais alarmiste… a de plus en plus raison !
    Voir ses articles :
    Il n’y a pas de crise de l’Euro, il y a la crise des banques et des assurances
    http://www.renovezmaintenant67.eu/index.php?post/2011/10/22/Il-n-y-a-pas-de-crise-de-l-Euro%2C-il-y-a-la-crise-des-banques

    Les pires des 29 banques systémiques sont Deutsche Bank, BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole – G20 de Cannes
    http://www.renovezmaintenant67.eu/index.php?post/2011/11/04/Les-pires-des-29-banques-syst%C3%A9miques-sont-Deutsche-Bank%2C-BNP-Paribas%2C-Soci%C3%A9t%C3%A9-G%C3%A9n%C3%A9rale%2C-Cr%C3%A9dit-Agricole-G20-de-Cannes

  3. Zafu dit :

    Monsieur, devant les discours totalement contradictoires que l’on entend selon les sources, je me suis permis hier de vous interpeler au sujet des articles de Thomas Le Cimbre. Peut-être n’avez-vous pas eu le temps de les étudier, mais je serais très intéressé d’avoir votre retour à ce sujet.
    J’ai toujours apprécié la clarté de vos explications et leur transparence sur votre blog, fait relativement rare dans la profession.

    En tous cas, merci pour votre démarche

  4. Jean PHILIPPE dit :

    Bonjour Zafu,
    merci de vos messages,
    je ne partage pas l’analyse selon laquelle il n’y a pas de crise de l’Euro mais une crise des banques. Pourquoi ? Parce que la zone Euro est moins endettée que les USA ou la Grande Bretagne, et qu’elle rencontre pourtant un problème plus grave. Lequel ? Elle n’est pas « équipée » pour faire jouer la solidarité entre ses Etats, et n’a donc d’autre moyen que de faire porter aux créanciers privés le poids du défaut quand il survient. Les Etats ne pouvant intervenir directement, laissent les créanciers privés prendre les dépréciations, et quand c’est indispensable, interviennent pour les soutenir. Ce qui au passage n’est pas le cas pour les grandes banques françaises. Mais ne renversons pas les choses, les Etats sont endettés, et c’est à eux de trouver les solutions. Quant au reproche fait aux banques de les avoir financés, c’est l’éternelle histoire d’une profession à qui on reproche sa frilosité ou au contraire ses excès de crédit, l’un ou l’autre selon le déroulement des évènements. Rappelons-nous qu’il y a deux ans, beaucoup s’indignaient de ce que les banques ne prêtaient plus à la Grèce… les mêmes qui aujourd’hui reprochent le contraire…

  5. Zafu dit :

    Merci pour votre réponse.
    Vous dites que l’état n’a pas besoin d’intervenir pour soutenir les banques françaises.
    Effectivement, je viens de découvrir le communiqué de presse du Groupe CA qui fait état d’un ration Core Tier One de 8,9%
    En même temps, sur le Financial Times allemand (http://www.ftd.de/politik/:systemrelevante-institute-diese-banken-brauchen-mehr-eigenkapital/60125292.html) on peut lire que le ratio de fond propre du Groupe Crédit Agricole serait de 2,78% (info ou intox ?)

    quelque chose a dû m’échapper…

  6. Jean PHILIPPE dit :

    Re-bonjour

    voici les chiffres exacts répondant à vos questions :

    1/ Groupe Crédit Agricole (incluant donc 100% des Caisses régionales)
    Ratio Core Tier 1 : 8,9 %

    2/ Crédit Agricole S.A. (Les CR interviennent pour 25% de leur capital)
    Ratio Core Tier 1 : 8,8 %

    Cordialement,

  7. Bonjour, vous devriez tout de même parler des centaines de milliards d’actifs pourris qui gisent dans les banques depuis l’anné-Lehman 2008 et dont on parle parfois lors de l’extinction de banques comme Dexia.

    —————–

    Les normes « prudentielles » comptables Bâle II, mais aussi Bâle III, IASB et FASB autorisent les banques à « interpréter les signaux du marché » (<<< Sources: Mazars, page N°8, Bank News Octobre 2010), à donner à leurs dettes l'aspect de bénéfices, c'est à dire à tricher réellement ou à tricher virtuellement pour réduire leurs dettes. Dans la première voie les banques émettent des obligations, appelées "obligation corporate". Par exemple elles émettent sur les marchés financiers 1000 obligations et reçoivent 1000 en cash. Puis les investisseurs doutent de la solvabilité de ces banques et les obligations chutent à une valeur de 400. La banque rachète ses propres obligations décotées à 400 et son bénéfice net est de 600. Les normes prudentielles comptables ont pensé à la pénibilité du travail des banquiers, et leurs recommandent de simplement déclarer une augmentation de bénéfice de 600, un "gain contre intuitif", sans réaliser la moindre des opérations quand elles doivent se recapitaliser. Les banques procèdent massivement à ce jeu depuis 2008, mais les trillions d'actifs pourris et en pourrissement sont toujours cachés dans les banques. En réalité, la banque n'a même plus les moyens de sortir 400 pour se recapitaliser et couvrir sa dette. Ici aussi l'effet de levier entre en jeu, et plus une banque perd, plus elle annonce des bénéfices. Mais le day of reckoning arrivera avant même que de réels et très graves plans de rigueur ne prennent effet. Il n'y a pas de crise de l'euro, mais la crise des banques.

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