La crise que nous vivons est née d’un cocktail inédit : envolée des prix des matières premières, chute des marchés immobiliers, dépréciations massives dans les banques… en suivant : inflation, récession, et des nuages noirs encore nombreux à l’horizon. Comme les autres, cette crise aura pour effet de tester les résistances des organisations, leur capacité à tenir le cap dans la tourmente. Alors, comment sortir gagnant de cette inévitable sélection ?
Ne pas hésiter à multiplier par trois les anticipations défavorables des analystes et à diviser par trois les effets attendus des bonnes nouvelles. Il s’agit de corriger le prisme des médias qui ne prédisent jamais le pire scénario de peur de l’accélérer. Pas de pessimisme, mais du réalisme !
Rester toujours lucide sur l’accentuation des tendances comportementales en période difficile : Il y a ceux qui font face et ceux qui s’affolent ; ceux qui appellent au calme, et ceux qui en rajoutent ; ceux qui rassurent et ceux qui profitent de la bousculade pour régler leurs comptes… humain !
Se concentrer sur les atouts de l’entreprise pour lui donner un temps d’avance quand le calme sera revenu. Cela veut dire engager de nouvelles activités, de nouveaux produits, de nouvelles méthodes, contre le réflexe naturel de conservatisme faussement perçu comme sécurisant. Difficile d’agrandir le «gâteau» commun au moment où il se réduit et où chacun est préoccupé de la taille des parts !
Nos organisations coopératives sont-elles armées pour résister ? Moins que les autres si on considère que le partage du pouvoir amplifie les tensions que connaît tout groupe humain confronté brutalement au risque. Mieux que les autres si on intègre l’attachement viscéral à la responsabilité. Nos organisations ne sont pas faites de mercenaires prêts à quitter le navire au premier coup de vent, mais de femmes et d’hommes qui sont là pour durer. Une obsession du long terme, une obligation de rendre des comptes sur la durée... Ca change tout !
Le monde de l’information et de la connaissance s’enrichit chaque jour un peu plus sous l’effet de l’expansion continue d’Internet. Ses derniers développements constituent un véritable prolongement de l’esprit humain et en accroît les potentialités.
Avec l’émergence du numérique, du virtuel et des réseaux électroniques, le concept d’information a radicalement changé de nature. La métamorphose de l’information en « hyperinformation » implique une autre manière de voir, de prendre conscience du réel et de saisir l’univers. L’information classique est caractérisée par un système binaire, la plupart du temps à sens unique, où le message est transmis par un émetteur vers un ou plusieurs récepteurs. Dans le monde de « l’hyperinformation », les messages sont transformés par une multitude d’ajustements entre émetteurs et récepteurs, chaque acteur jouant à la fois les rôles d’émetteur et de récepteur pour un enrichissement continu du message transmis. Concrètement, sur le WEB, l’interconnexion des ordinateurs devient ainsi un support potentiel d’intelligence collective. Cette évolution nous conduit progressivement à la fusion de tous les textes en un seul « hypertexte », à la réunion des tous les auteurs en un seul auteur collectif, multiple et contradictoire. De là, émerge une mémoire unique, voire une conscience unique, en quelque sorte un « cerveau global ». Dans le monde de « l’hyperinformation », les collectivités humaines et les individus interagissent en fonction des flux d’informations qu’ils produisent. L’"hyperinformation" acquiert sa propre dynamique et constitue un processus autonome qui tend à échapper à la maîtrise des hommes.
Internet est sans doute la préfiguration, encore très simplifiée, du cerveau global qui est en train de se former sous nos yeux. Le WEB est nourri d’informations produites par des individus qui ne se connaissent pas entre eux. La caractéristique principale de celles-ci n’est pas leur localisation mais leur puissance associative : les liens hypertextes connectent les informations entre elles, à la manière des synapses connectant les neurones dans le cerveau. Le WEB n’est pas seulement une immense mémoire, il s’agit aussi d’un système « apprenant » dont le contenu se structure en fonction des comportements de ses utilisateurs. Il s’agit désormais d’un « organisme » configuré comme un réseau coopératif vivant.
De tout ceci émerge une intelligence distribuée partout, valorisée sans cesse et mise en commun à tout instant, bref, une intelligence collective. On dira sans doute que l’intelligence collective existe depuis que l’homme vit en société. En effet, partager du savoir n’est pas en soi quelque chose de nouveau, ce qui l’est en revanche, c’est le partage dune confiance virtuelle. Ce mécanisme contractuel informel est le moteur du développement de la coopération sur le réseau. C’est aussi le facteur déterminant de l’essor d’une intelligence collective.
Le Crédit agricole vient de terminer son augmentation de capital, et de signer la plus forte progression du CAC 40 avec plus de 7% sur la journée. Ce qui est interessant, c'est de voir que le regain de dynamisme des valeurs bancaires, assassinées ces derniers jours, vient du succès de l'augmentation de capital de Barclays. On apprend que le singapourien Temasek, le chinois China Development Bank, le japonais Sumitomo Mitsui et deux fonds d'investissement du Quatar ont permis cette capitalisation. .
Les marchés estiment que ces arrivées de fonds sont une bonne nouvelle puisqu'elles témoignent de la confiance d'investisseurs avisés. C'est vrai. Mais on ne peut s'empêcher de lire dans ces informations la prise de pouvoir financier des fonds orientaux et asiatiques sur les entreprises européennes. Dans une indifférence quasi-générale, sans que cela suscite un sursaut d'orgueil, les européens abandonnent peu à peu leur patrimoine. Une attitude qui n'est pas sans rappeler le comportement de grandes familles en déclin... alors que je m'occupais en Ariège du financement de l'agriculture dans les années 80, une comtesse ruinée me disait : "Comprenez-moi, je vends chaque année 5 ou 6 hectares pour rendre service à mes fermiers". Ainsi va l'Europe qui vend ses bijoux avec l'air de s'en moquer. Avec noblesse en quelque sorte !
Cela fait des mois et des années que les coopératives, quelque soit leur domaine d’activité, (l’industrie, l’agro-alimentaire ou la banque), posent la question de la résistance de leurs organisations à la mondialisation. L’ouverture des marchés leur a donné des débouchés, de nouvelles sources d’approvisionnements. Cela apporte plus d’avantages que de problèmes. La mondialisation a aussi apporté des méthodes et des contraintes réglementaires qu’elles ont intégrées et adoptées, là encore sans grand émoi, au prix parfois de l’assouplissement de leurs principes de décentralisation. .
Plus important est le choc culturel que crée le changement de notion du territoire auquel les coopératives sont par naissance et par construction très attachées. A coté du territoire physique, toujours très structurant, toujours essentiel, émergent des territoires relationnels, faits d’esprit communautariste ou tout simplement comportemental. Les Internautes par exemple habitent un pays qui n’est pas cartographié mais où existe un sentiment d’appartenance et parfois de solidarité aussi fort que celui produit par la proximité géographique.
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Surtout, les coopératives ont dans cet élan d’internationalisation développé des entités nouvelles, dans leur pays et à l’étranger, dirigées et animées par des personnes qui ne sont pas coopérateurs, qui sont même étrangers aux principes de la coopération, qui n’ont avec le Groupe coopératif qu’un lien de capital et de management. Ces entités ont connu une forte croissance en raison d’une part du dynamisme des pays où elles sont établies et des métiers qu’elles exercent, d’autre part de l’accélération des acquisitions par les coopératives en quête d’une dimension sécurisante.
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Dans ce grand mouvement, je le disais, les coopératives se sont posé la question de la résistance de leurs organisations à la mondialisation. Mais elles ne sont pas allées assez loin, assez profond dans les réponses apportées, dans l’actualisation de leurs règles et principes de fonctionnement. Si bien qu’aujourd’hui, elles sont rattrapées par les problèmes que ne manque pas de poser l’équilibre nouveau (géographique, métiers, statuts, valeurs), que ce développement a établi. Dans ces conditions, le risque de voir se fissurer un édifice plus que centenaire est réel. Une nouvelle fois, les voilà contraintes de faire clair dans leur tête : A quoi servent-elles ? Pour qui agissent-elles ? Comment réguler leur développement ?
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Certains diront qu’il était très simple de faire «comme avant». Ces questions ne se poseraient pas, c’est vrai. Les coopératives qui en 1900 ou 1950 ont choisi de «faire comme avant» n’ont en effet pas de problème… Elles n’existent plus. Elles ne servent donc à rien !
Les temps de crise nous font éprouver nos valeurs communes, nos ambitions individuelles et collectives, la cohésion et l’efficacité de nos organisations. C’est vrai de tout groupe humain, les crises mettent à jour les forces et les faiblesses comme les fractures et les peurs. Peut-on faire de ces moments de vérité des moments d’investissement, de préparation de l’avenir ?
Les observateurs de la vie des entreprises nous disent que celles qui fonctionnent en mode coopératif, qui mobilisent bien l’intelligence collective et l'apprentissage en équipe, y parviennent mieux que les autres. Elles ne mettent pas toute leur confiance dans les chiffres, dans la seule performance financière et la réussite individuelle, et cherchent plutôt avec leurs hommes et leurs compétences les meilleures solutions. Grâce à cela, elles s’adapteraient plus vite et mieux.
Seulement voilà, nous savons (Merci Cyrulnik) que notre cerveau reptilien nous pousse à préférer les réponses brutales aux solutions ajustées et efficaces. C’est particulièrement vrai quand les vents sont contraires alors que c’est justement là que nous avons le plus besoin de créativité, et de mobilisation des intelligences. Plus les nuages sont épais, les nouvelles mauvaises, plus on a besoin de penser le soleil ! Et si nous ne choisissons pas d’entrer en crise, nous pouvons choisir de nous préparer à en bien sortir...
En écrivant ces lignes, je pense bien sûr aux dégâts causés par la crise des «subprime» qui vont obliger les banques à renforcer leurs fonds propres et à rééquilibrer leurs métiers. Le Crédit agricole a lancé cette opération dans un marché agité avec la ferme intention de sortir fort de cette tourmente. Je pense aussi à la situation économique qui pèse sur le pouvoir d’achat et le patrimoine de chacun et ne peut que générer les réticences à investir, à s’engager. Il faut alors se rappeler que si de bruyantes euphories nous empêchent souvent d’anticiper et donc de prévenir les crises, le pessimisme et les peurs collectives, pas plus discrets, nous empêchent tout autant d’anticiper et donc de préparer leur sortie.
Il paraît que le mot de «crise» se transcrirait en chinois par 危机, une expression qui associe l’idéogramme du danger 危 et celui la chance 机. Je sais que certains y lisent «la forte chance de rencontrer des dangers». Mais d’autres comprennent que «toute crise a sa part d’opportunité». Je préfère cette traduction !
De tous temps et sous tous les cieux, quand les hommes rencontrent des difficultés, ils ont la fâcheuse habitude de trouver des explications simples et les coupables qui vont avec... Cette attitude présente deux avantages majeurs : le premier est qu’elle dispense de chercher plus loin les origines des problèmes et donc de réfléchir, ce qui est toujours fatigant ; La deuxième est qu’elle permet de préserver sa bonne conscience, les responsables ayant été montrés du doigt, personne ne viendra les chercher à la maison..
Les crises actuelles offrent quelques belles illustrations de ces réflexes ancestraux. La crise financière, celle de l’énergie, celle des matières premières, auraient pour cause la spéculation et pour coupables les spéculateurs. Cette vision oublie que si les marchés boudent brutalement les crédits hypothécaires pour se disputer fiévreusement les barils de pétrole ou les stocks de céréales, c’est qu’ils amplifient les évolutions actuelles et probables des «sous-jacents». Car derrière chaque opération à terme, chaque achat ou vente futurs, il y a la dure réalité de la matière et de ses échanges. Ainsi, il n’y aurait pas de crise des «subprime» si l’immobilier américain ne s’était pas effondré, pas d’explosion des prix du pétrole et du blé si ces produits ne se faisaient pas rares face à une demande en progression.
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Un cyclone en Amérique ou un conflit au Moyen Orient suffiraient à porter le prix du carburant à un niveau insupportable pour nos économies. Ces risques existent. Je constate que beaucoup décrivent abondamment ces perspectives immédiates : les journaux soulignent le risque inflationniste, les bourses réagissent à la moindre évolution des cours, et le prix du pétrole est entré dans le rituel radiophonique quotidien. Cette effervescence à court-terme ne nous incite pas à prendre la mesure de la nouvelle donne qui s’installe sur la durée : vivre avec la rareté de l’alimentaire et de l’énergie. Le grand mérite du billet de Patrick Faivre (ci-dessous) est justement de regarder un peu plus loin que ces inconvénients immédiats...
Après les excès, les ruptures puis les ajustements pour un nouvel équilibre. C’est sans doute ce qui va caractériser les temps qui viennent. Ces ajustements ne se feront pas sans dégâts ni sans crises, un peu à l’image de la tectonique des plaques qui retrouve son équilibre après les tremblements de terre, ruptures nécessaires pour évacuer le trop plein de pressions accumulées.
Les excès de la finance ont conduit à la rupture que l’on connaît. Les ajustements qui vont suivre se traduiront par une remise en cause des modèles mathématiques qui n’ont pas suffisamment intégré les risques systémiques des marchés. Ils vont aussi conduire à un « down-sizing » des activités de marché pour certains acteurs, voire carrément à l’abandon de certains métiers ou de certaines implantations. Enfin de nouveaux dispositifs de contrôles et de nouvelles règles prudentielles verront sans doute le jour.
Dans un autre domaine, la folle envolée des cours du pétrole, des prix des matières premières et des produits agricoles ne peut que conduire également à des ruptures et à des ajustements que l’on peut souhaiter salutaires pour le bien-être de l’humanité. Il faudra bien, en effet, trouver des solutions équitables pour les neuf milliards d’individus qui vivront bientôt à la surface de la terre.
Ces ruptures, qu’il faut espérer pacifiques, conduiront sans doute à pousser les feux de la recherche pour mettre au point des solutions largement plus efficaces au plan énergétique mais également plus performantes dans le domaine de la production agroalimentaire.
On peut penser que ces ruptures favoriseront l’émergence d’une économie numérique prépondérante et facteur premier de la croissance économique des pays qui sauront y investir. Il a été observé que plus un pays est ouvert aux technologies de l’information et de la communication, plus son PIB par habitant est élevé. D’ores et déjà, on estime à 13% la part de l’économie numérique dans le PIB des Etats-Unis, deux fois plus que celle de la France qui affiche un taux de 6%.
Enfin l’uniformisation progressive des modes de vie conduira les populations des pays émergents à voir leur revenu croître et, par conséquent, les écarts de coûts de production entre pays industrialisés et pays émergents se réduiront. La manifestation récente des employés roumains des usines DACIA, fabriquant la LOGAN, en est un signe avant-coureur.
Des bouleversements importants pointent à l’horizon. Ils paraissent inéluctables tant sont grands les déséquilibres de tous ordres. Ils secoueront la planète entière, ils sont aussi porteurs d’espoirs d’un monde plus soucieux de développement durable pour l’homme et son environnement. Sur un ton un peu cynique, on pourrait dire : « Vous avez aimé les « subprimes », vous allez adorer les prochaines crises ».
De temps en temps, un écrivain prend un temps d’avance sur l’histoire et nous livre ce qui sera, dans une anticipation parfois troublante. Faute d'Houellebecq, je découvre Reinhardt, magistral dans le genre. Il signait en septembre «Cendrillon», roman où il explore non seulement les techniques des traders mais aussi leurs motivations, leur addiction au profit quotidien, les risques qu’ils font courir au monde. Ce qui est troublant dans ce qui se révèle aujourd’hui comme une belle anticipation, c’est qu’il pose comme acquis que le monde ne supportera pas indéfiniment ces acteurs dont le pouvoir exorbitant s’appuie sur une vision court-termiste du monde et sur le seul désir névrotique d’enrichissement personnel..
Louis Schweitzer fait irruption en page 472 du livre, et le romancier prête au grand patron d’industrie des propos passionnants : Et si toute organisation était une entreprise au service de ses partenaires actionnaires, clients, salariés, et non un investissement financier au seul bénéfice de ses actionnaires ? Et si l’éthique, qui peut se cacher à court-terme sous la couverture, était reconnue sur la durée comme condition d’efficacité ? Et si par contrepoids – forcément planétaire – nous instaurions un code pluridimensionnel en lieu et place du code anglo-saxon, unidimensionnel, qui fait de l’argent la mesure de toute chose ? Il aurait pu ajouter : « Et si nous devenions tous mutualistes ? »
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Après avoir tout construit sur leur puissance physique individuelle, puis sur leur force militaire collective, les hommes ne misent plus que sur leur puissance financière. Qu’est-ce qui nous fera retrouver le nécessaire compromis, l’équilibre? La réponse tombe, brutale : La peur! Oui, la peur! N'a-t-il pas fallu la grande peur née des conflits mondiaux pour faire perdre tout mérite à la «bonne guerre» adulée de nos anciens? N'a-t-il pas fallu la grande peur du coup de chaud de l’été 2003 pour attiser les aspirations à mieux protéger l’environnement (dès qu’il fait plus frais, on lève le pied !)? Alors, puisque la peur a été de tout temps la force la plus active de nos sociétés, ne va-t-elle pas rétablir les choses? La peur des autres, des chinois, des indiens, des pauvres… Vive la peur !
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Certains trouveront que cette conviction fait fi des vertus du bon sens et qu’une approche plus rationnelle, plus humaniste, serait plus constructive. D’autres y verront l’expression d’une grande lucidité et d’un regard objectif (fataliste ?) sur les moteurs humains. Il y a là en tous cas pour tout le monde matière à réflexion…
Avez-vous remarqué combien notre univers médiatique moderne est maintenant jalonné de "seuils symboliques" aussi nombreux qu’inattendus ? Ainsi, le baril de brut vient de franchir le "seuil symbolique" de 121 dollars ; le CAC 40 se rapproche du "seuil symbolique" des 5000 Euros, la côte de popularité du Président flirte avec le "seuil symbolique" des 42%… Or ces symboles dont on nous abreuve à longueur de journée ont quelque chose de commun : ils n’ont rien de symbolique du tout !
Mais voilà : un chiffre qui n’est qu’un chiffre ne présente pas assez d’intérêt pour le public que nous sommes… alors qu’un chiffre symbolique oui, car il est soudain imprégné de vertus magiques. Parce que le symbole parle à notre imaginaire, nous touche profond, nous rappelle nos promesses et nos repères essentiels et universels. .
Eh bien non ! Ces symboles-là, sont certainement racoleurs, mais n’ont pas la magie de donner de l’importance à des chiffres qui ne le méritent pas. Ainsi, le baril de brut a déjà franchi le "seuil symbolique" des 40 dollars, puis celui des 65, celui des 80, celui des 100, des 120… tout un symbole !
Ils bondissent de joie. Tout ne va pas très bien, certes, mais cela pourrait être pire… Pas de cataclysme monétaire, financier, économique ? Tout le monde est content. Wall Street vient de s’offrir un petit bond en ce premier mai. Les indicateurs économiques sont certes à la baisse, mais moins que ce qui était redouté. Le chômage augmente, oui, la construction baisse, d'accord, mais est-ce que la consommation ne résiste pas ? Tout va bien. Il est faux de dire qu’en période de doute, les marchés n’entendent que les mauvaises nouvelles. Ils sont aussi capables de n’entendre que les bonnes, et même d’appeler bonnes des nouvelles qui ne le sont pas vraiment. .
Au final, les marchés américains sont au même niveau qu’il y a un an, et les mille milliards de dollars de pertes diverses annoncées par le FMI ont été bien vite digérés. Je reste pourtant rangé parmi les sceptiques face à cet élan de bonne humeur. La crise n'est sans doute pas totalement finie, et ceux qui partagent cette conviction retourneront vers les marchés boursiers avec prudence et à pas modéré.
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Alors, que peut faire l’épargnant ? Le mieux est sans doute d'investir progressivement, peu à peu, sur la durée, et de ne pas bouder trop vite les placements sans risque. Il y a pour cela les livrets et les comptes à terme dont la rémunération bénéficie de la hausse des taux d'intérêt à court terme. Il y a l'assurance-vie, qui présente toujours une grande souplesse en plus de l’intérêt fiscal ; elle permet d’épargner en Euros, c'est-à-dire sans risque, ou en unités de comptes, c'est-à-dire en produits boursiers. Il y a aussi les produits garantis, qui permettent de profiter du meilleur de la bourse tout en limitant le risque de perte… Et puis le PEL qui n’a jamais démérité, productif en intérêts quand les taux baissent, ouvrant des droits à prêts à taux intéressant quand les taux montent : bref, toujours gagnant !
Le Conseil des Ministres vient d'adopter la réforme de la distribution du Livret A. C'est une réforme qui va simplifier la vie de tout le monde, chacun étant libre maintenant de choisir sa banque. C'est aussi une réforme efficace pour le logement social puisqu'il va bénéficier de la capacité de collecte de toutes les banques du pays et à un coût bien moindre, le premier effet de cette décision étant de réduire le taux de commission versée aux collecteurs..
Le logement social c'est aussi le métier du Crédit agricole. Partenaire des collectivités locales et des associations qui agissent dans ce secteur, il finance depuis 2006 chaque jour 15 logements sociaux, ce n'est pas rien... Ses 20 millions de clients, ses 5,5 millions de sociétaires, pourront dans quelques semaines se rendre dans leur agence pour y ouvrir ou y transferer leur livret A.
La semaine boursière s'annonce à haut risque. Plusieurs banques americaines vont donner leurs résultats du premier semestre, des statistiques importantes sur l'activité US vont être publiées... "Ces nouvelles sont déjà dans les cours"... peut-être oui, peut-être non, car si ces annonces sont planifiées depuis longtemps, le discours des financiers du G7 est lui nouveau. En substance, les ministres des finances réunis en fin de semaine ont exhorté les banques à dévoiler leur exposition au risque immobilier. Comme personne ne peut croire à l'effet de cette annonce sur des établissements qui ont déjà arrété leurs chiffres, force est de constater qu'elle s'adresse au public. Elle résonne un peu comme la phrase de Cocteau : "Puisque ces mystères me dépassent, feignons d'en être l'organisateur"...
Sous l’effet de la hausse des prix des produits agroalimentaires, les révoltes des plus démunis se multiplient à travers le monde et comme souvent, ce sont les populations des pays les plus pauvres, pour qui la part de l’alimentation dans le budget est la plus importante, qui sont les plus touchées.
Dans ses causes, le phénomène économique est assez similaire à celui constaté en matière de prix pétrolier. On assiste, là aussi, à un accroissement plus rapide de la demande que de l’offre, sous l’effet de l’élévation du niveau de vie et du changement d’habitudes alimentaires des populations des pays émergents les plus dynamiques. On observe également un phénomène spéculatif aggravant la hausse des prix. Enfin, on constate un mécanisme de vase communiquant entre prix des produits et la baisse du cours du dollar, monnaie de référence des échanges internationaux. Sporadiquement, quelques perturbations climatiques, détruisant ou réduisant fortement, ici ou là, les récoltes ne font qu’ajouter à la crise.
S’agit-il d’un phénomène conjoncturel ou structurel ? Le déséquilibre entre offre et demande est plutôt structurel car le rééquilibrage prendra du temps et nécessitera une véritable révolution verte, fondée sur un renforcement de la part des cultures vivrières dans les pays les plus pauvres au détriment des cultures d’exportation. Ce retour à l’équilibre passera également par un progrès significatif de la recherche dans le domaine des bio-technologies afin d’accroître les rendements des terres cultivables, voire de permettre l’exploitation de terres aujourd’hui incultes, et ce dans des conditions financières acceptables pour les pays les plus pauvres et avec des méthodes respectueuses de l’environnement et de la santé humaine. Bref, une sorte de quadrature du cercle dans l’état actuel des connaissances. D’autres facteurs expliquant cette envolée des prix sont plus conjoncturels : dans un contexte de marchés financiers en crise, la hausse continue des prix des produits agricoles a attiré quelques investisseurs en quête d’une nouvelle classe d’actifs sur laquelle dégager des profits ; de même, la chute continue du cours du dollar ne peut qu’avoir un effet inflationniste sur le prix des matières agricoles cotées sur les marchés mondiaux.
Au-delà de ces aspects économiques, les phénomènes sociologiques d’explosion démographique des pays du sud, d’urbanisation continue des populations, de l’aspiration à un mode de vie « occidentalisé » ne font que rajouter à la crise.
Alors, que faire ? Le Président de la Banque Mondiale a lancé récemment un appel pour un « New deal » alimentaire. La difficulté consiste bien sûr à trouver des solutions pérennes. Cela passe sans doute par une augmentation de l’offre en exploitant davantage les terres non cultivées. Des réserves foncières existent, notamment en Europe centrale et en Amérique latine. Il s’agit également de favoriser le développement dans les pays pauvres de cultures vivrières traditionnelles et d’inciter à un véritable « retour à la terre » des populations actuellement attirées par les « lumières de la ville » et entassées dans les bidonvilles. Plus que jamais, le modèle coopératif apparaît parfaitement adapté pour favoriser ce type développement. Il s’agit enfin de redoubler d’effort dans la recherche en bio-technologie et de savoir en faire bénéficier les pays du Sud. .
Utopie, direz-vous ? Peut-être. Regardons cependant attentivement l’expérience que conduit DANONE avec ses micro-laiteries visant à produire des yaourts vitaminés pour lutter contre les carences alimentaires des enfants du Bengladesh.
La France, par son excellence en agronomie, devrait jouer un rôle majeur dans les années à venir pour développer des solutions face à ces problématiques. Encore faut-il que les frilosités diverses, notamment en matière d’OGM, cessent d’entraver les progrès de la recherche.
La rareté fait un retour fracassant dans notre monde que nous croyions d’abondance.
Approvisionnés en capitaux surabondants, les américains n’ont rien vu d’anormal au jaillissement de grues et de résidences dans tout leur pays. L’emprunt était facile, même sans revenus, puisque les banques, sitôt prêté, cédaient leurs créances, puis re-prêtaient, puis re-cédaient. Les encours gonflaient mais personne ne voyait de bulle, seulement des «fondamentaux solides», comme en attestaient les indices de la construction... Alors survint la purge, l’effondrement de ce système basé sur la valorisation des biens. Les prix de l’immobilier chutent, les emprunteurs ne remboursent plus, le risque crédit explose. Les immeubles sont bradés. Du déjà vu dans la tourmente des années 70 qui a décimé les Caisses d’épargne US. Mais cette fois-ci, les créanciers sont partout, diffus et internationaux, garantis par des assureurs subitement fragilisés. Des pans entiers de l’industrie financière se lézardent. Les banques se demandent : «Qui d'entre nous est la plus touchée ?». Le marché interbancaire se fige...
Vient alors le temps des pertes. Des mots inconnus il y a encore un an hantent les esprits et les ondes. Nous sentons partout la présence menaçante des «subprimes» et des «monolines». Il faut bien constater les dégâts, arrêter les comptes… les calculettes n’en croient plus leurs mémoires. On voit s’afficher des chiffres à rallonge qui ne savent que grossir.
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Ce qui est frappant, c’est bien l’extrême prudence des économistes. De fait, ils maintiennent les politiques en état d’inconscience face aux dures réalités de cette crise d’exception. Philippe Dessertine, professeur à Paris X et directeur de l'Institut de haute finance, ose annoncer le pire : Les ménages américains, qui ont de plus en plus de mal à payer leurs prêts immobiliers, ne vont pas rembourser leurs prêts consommation ; donc, la consommation va ralentir, mettant en panne la croissance ; donc les distributeurs, producteurs, entreprises vont être touchés ; donc les banques, économes de liquidités, prudentes face aux risques, retiendront leurs crédits, donc les investissements, donc la croissance… scénario noir ! ..
A quels signes verrons-nous que ces prédictions se réalisent ? En avril, les banques afficheront des pertes substancielles sur les comptes du premier trimestre. En mai, la Banque Européenne se résignera à baisser les taux, constatant que la récession menace l’Europe plus que l’inflation. En août, nos dirigeants réviseront à la baisse la prévision de croissance pour 2008. Les pays émergents exprimeront alors leurs réticences à financer un Occident incertain. Les banques mondiales se montreront moins promptes à alimenter en capitaux les sociétés financières en difficulté... il faudra alors se rendre à l’évidence : notre époque sera entrée dans la grande histoire de l’économie mondiale. Ce n'est heureusement pas le seul scénario!
Bien sûr, le pire n’est jamais certain. Mais la mauvaise pente sur laquelle se trouve désormais l’économie mondiale semble difficile à inverser, du moins à court terme. Les chiffres se suivent et hélas se ressemblent : confiance des consommateurs, créations d’emploi, marché de l’immobilier, donnent tous, outre-atlantique, des signes d’essoufflement.
On a tout entendu ces derniers mois. Que la crise financière sur les crédits américains n’aurait pas obligatoirement de répercussion sur le reste de l’économie (!). Puis, que même si les Etats-Unis entraient en récession, le reste du monde n’en souffrirait pas forcément (!!)… Le fait est que la gravité de la crise économique que nous vivons a mis curieusement des mois – au moins six – pour entraîner un début de prise de conscience. Cela ressemble au bruit du tonnerre qui n’arrive à nos oreilles que longtemps après l’éclair, éclair que nous ne percevons lui-même que plusieurs secondes après que la foudre ait frappé…
John Thain, le nouveau patron de Merill Lynch, appelé au secours de la banque mise à mal par la crise des «subprimes», ne mâche pas ses mots : "Nous avons connu une longue période de taux d’intérêts bas qui a engendré un excès de crédit"..."La crise n’est pas terminée, elle s’étend aux crédits automobiles et aux crédits commerciaux, elle continue de se propager. Les défauts de paiement augmentent."..."Ce n’est plus seulement une crise du crédit, c’est une crise de confiance." Des propos qui datent de la semaine dernière (Le Figaro de samedi)...
D’un naturel optimiste, je vois assez facilement le bien quand la plupart doutent, et pas toujours le mal quand il les aveugle. C’est un penchant qui m’a plutôt servi dans la vie. S'il m'a fait souvent passer pour naïf, j’ai le sentiment, avec le recul, que les faits m'ont le plus souvent donné raison. Eh bien aujourd’hui, je ne comprends pas comment les pessimistes que je côtoie depuis des années peuvent faire preuve sur ce coup d’autant de légèreté, voire d’inconscience. Ce doit être que je vieillis !
Le monde va ainsi. D’un coté, nous rendons hommage au développement de la micro finance parce qu’elle permet l’accès au crédit à des personnes qui trouvent ainsi moyen de sortir de la grande pauvreté. De l’autre, nous regardons d’un œil sévère les prêts aux citoyens américains à faibles revenus, les fameux «subprime», parce que leur défaillance expose le monde à une crise financière majeure. Or, les uns sont-ils tellement différents des autres?
Non, si on considère que dans les deux cas il s’agit d’ouvrir l’emprunt à des personnes aux revenus trop faibles pour en bénéficier selon les critères classiques de la banque. Oui, si on veut bien observer que les motivations sont bien différentes dans les deux cas, tant du coté du préteur que de celui de l’emprunteur. Dans le micro crédit, il s’agit d’accompagner une volonté individuelle, de donner à l'emprunteur les moyens d’entreprendre ou au moins de gérer ses revenus sur la durée, de «garder la main sur son budget et son avenir». Dans le prêts hypothécaire, il s’agit plutôt de solliciter l’emprunteur potentiel et de compter sur l’appréciation de son acquisition immobilière pour le solvabiliser. Dans le premier cas, la confiance est donnée à un homme (et pour être précis, dans 90% des cas, à une femme) en comptant sur sa détermination pour qu’il relève la tête et sorte de la spirale de la pauvreté. Dans le second cas, l’homme est en quelque sorte le prétexte de la confiance faite au marché, à la croissance, à la mécanique des choses.
Je sais bien que, dans la balance, le non remboursement des emprunteurs américains pèse beaucoup plus que celui des Bengalis ou des maliens ; tout simplement parce que nous ne parlons pas des mêmes encours. Mais Il me semble important de bien mesurer cette différence de nature : elle nous questionne. Plaçons-nous notre confiance dans les institutions, les grands rouages économiques, le cours du temps, des denrées, du pétrole, des monnaies et des bourses ? Où la plaçons-nous en nous-même, en notre capacité à entreprendre, à inventer, à gérer, à réussir ? Sommes-nous résignés à être d'éternels «subprime» de la confiance ? Ou, au contraire, décidons-nous de prendre aujourd’hui notre crédit sur un avenir dont nous serons acteurs ? Je ne poserais pas cette question aussi radicalement si notre territoire ne manquait pas autant de porteurs de projet...
Le gouvernement britannique a annoncé la semaine dernière, la nationalisation temporaire de la banque Northern Rock afin de tenter une sortie de crise sans faillite et surtout aider la Banque d’Angleterre à recouvrer les quelques 25 milliards de livres avancés à cet établissement en pleine crise de liquidité. Le choix a donc été fait entre une faillite immédiate et le pari d’un retour à meilleure fortune lorsque l’environnement économique et financier se présentera sous de meilleurs auspices.
On se souvient en effet que cette banque avait défrayé la chronique en septembre 2007 lorsqu’elle avait été victime d’un véritable «bank run» (retrait massif et brutal par les clients de leur avoirs). Cette panique bancaire avait été provoquée par les craintes de graves difficultés financières consécutives à des investissements hasardeux impactés par la crise des « subprimes ».
Triste destin pour un banque qui jusqu’en 1997 était une « building society », c’est à dire une banque mutualiste de détail, spécialisée dans le crédit à l’habitat et financée par les dépôts de ses sociétaires. Transformée en société par actions et cotée au London Stock Exchange en octobre 1997, les sociétaires de l’époque ont été aveuglés par la manne financière constituée par l’émission d’actions gratuites représentant la capitalisation des réserves accumulées depuis la création de leur coopérative. Cet argument financier leur a masqué la transformation fondamentale de la gouvernance de la société et la substitution d’une gestion de long terme par une vision « court-termiste » de la rentabilité. Les valeurs mutualistes de proximité et de développement au service du territoire sont abandonnées : fermetures d’agences, licenciements, utilisation poussée à l’extrême des courtiers et refinancement aux trois quarts sur les marchés financiers, au détriment d’un développement équilibré entre collecte et crédit.
Devenue une usine à crédits, gérant des encours démesurés, en partie titrisés, au regard de ses fonds propres et de ses dépôts, elle a été victime des tensions extrêmes sur le coût de la liquidité, conséquence de la défiance liée à la crise des « subprimes ». On connaît la suite de l’histoire.
Dès lors, on peut s’interroger. Est-ce qu’en étant restée mutualiste, elle aurait connu le même sort ? Sans doute pas, car le mode de gouvernance et l’absence de contrainte de marché l’aurait sans doute laissée éloignée des sirènes des profits à court terme, facilement gagnés mais non exempts de risques. 70% des britanniques ont financé en tout ou partie leur logement grâce aux « building societies ». L’affaire Northern Rock laisse un goût amer aux sociétaires de ces anciennes coopératives et leur fait sans doute regretter la vague de « dé-mutualisation » de la fin des années 90.
Alors, vers une re-mutualisation des « building societies »?
Beaucoup de débats en ce début d’année tournent autour de la question de la place de la vie privée dans la sphère publique. Vous remarquerez que la question ne devrait jamais se poser puisque le propre du privé est justement de ne pas être public. Or voilà que beaucoup d’évènements émigrent du privé vers le public, le plus cocasse étant que ceux qui nuitamment assurent ce transfert, les médias, sont les premiers à nous demander à l’heure du petit déjeuner : « Est-ce bien raisonnable ? ».
Une des proies de nos monstres médiatiques s’appelle Jérome Kerviel. Il est devenu si célèbre en quelques jours que ne pas parler de lui ici aurait pu éveiller des soupçons. On cherche. Dans sa famille, ses amis, ses mels et ses appels téléphoniques, partout. On investigue, on met à nu, on expose. Pourquoi ? Parce qu’il faut bien montrer qu’on ne va pas laisser impunie une perte de 4 milliards d’Euros. Devant certains chiffres, nécessité fait loi.
Voilà pourquoi je veux ici saluer la performance de John Paulson. Lui aussi trader, disposant sans doute d’à peu près les mêmes bureau, écran, informations et téléphone. Lui aussi passe des ordres et prend des positions à nous faire frémir. Mais lui a anticipé la crise des prêts hypothécaires américains. De 7 milliards de dépôts qui lui ont été confiés début 2007 il en a fait 28 milliards en fin d’année. Et lui et son équipe se sont partagé plus de 3 milliards de bonus.
Deux remarques :
1 . Quand certains perdent d’autres gagnent. Rien ne se perd, rien ne se crée… en finances non plus.
2 . Pourquoi John Paulson n’est-il pas en photo sur nos journaux ? Est-ce seulement parce que, dans son cas, tout le monde sait qui a pris les 3 milliards ?
Tout cela mérite tout de même le temps de la réflexion…
Qu’est-ce qui est passé de 5 milliards en 2004 à 23 , 28, 39 milliards en 2007 ? Le déficit commercial français. Tout le monde s’entend pour mettre cette piètre performance sur le dos du dollar (son cours pénalise nos exportations) et celui du pétrole (son prix alourdit la facture des entreprises). Mais quel pays européen n’est pas confronté à ces deux mêmes réalités ? Et puisque l’Allemagne (toujours elle) affiche un excédent commercial, c’est qu’il faut accepter de regarder plus loin…
En grattant pas bien profond, on trouve, pas vraiment enfouies, pas encore enterrées, la question récurrente de la compétitivité de nos entreprises, mais aussi et surtout celle de la faiblesse de nos initiatives et de nos innovations. Innover, initier, soutenir, susciter : ces mots recèlent sans doute un énorme potentiel de croissance. Des mots capables de faire regagner à nos territoires, à notre pays, les parts de marché qui se dégradent d’année en année. .
Une chose me frappe, c’est l’écart dans la société, dans l’entreprise, entre l’expression des envies, des désirs, des projets et leur concrétisation, et la capacité à faire. Comme si, au moment d’agir, un bras d’acier retenait nos enthousiasmes, même quand tout nous dit qu’il faudrait faire.
Je vois des salariés, des administrateurs, des clients, des dirigeants, des politiques, des jeunes, des vieux…. tous dans l’antichambre de la réussite et du succès, plein d’idées et de bonnes intentions, mais à l’arrêt dans la file d’attente. Un peu comme ces touristes, entrepreneurs ou simples résidents qui à Paris attendent - et pourraient bien attendre encore longtemps - qu’un taxi vienne enfin les prendre pour aller là où, dans le fond, ils ont tellement envie d’aller...
Pour célébrer le 10° anniversaire de l’Euro (déjà !), les européens sont invités à choisir le dessin de la pièce de 2 euros qui commemorera l’évènement en 2009. Enfin une occasion de voter tous, citoyens des 27 pays membres de l’Union, pour dire ce que nous pensons sur un sujet délicat et essentiel, vous en conviendrez.
Vendredi, Madame Amelia Torres, porte parole de l’UE, a expliqué que citoyens et résidents européens peuvent voter jusqu'au 22 février pour leur dessin préféré. Ils doivent choisir 1 des 5 finalistes parmi les 42 soumis par les 15 pays utilisateurs de l'euro.
A ce jour, utilisent l’Euro : L’Allemagne, la France, l’Espagne, l’Italie, l’Irlande, la Belgique, les Pays-Bas, le Luxembourg, la Grèce, l’Autriche, le Portugal, la Finlande, mais aussi la Slovénie depuis 2007 et Malte et Chypre depuis un mois.
J’ai choisi celui en photo car il reprend étrangement le logo mutualiste de Pyrénées Gascogne, celui qui a accompagné notre colloque «Perspectives mutualistes» en 2006 ! Nos équipes avaient, une fois encore, un temps d'avance !
Alors, votons !
AVIS PROFESSIONNELS...
... l'assistance
Des imprévus, dans la vie, ça ne manque pas. Quand on achète, on regarde le prix, la couleur, le délai... Quand on a acheté, on n'y pense plus, on ne pense qu'à l'usage. Quand survient l'imprévu, la panne, la maladie, le "pépin" gros ou petit, là se posent des questions auxquelles par nature on n'avait pas pensé. C'est à ce moment là qu'on a besoin d'assistance. C'est à ce moment là qu'on a besoin d'un interlocuteur. C'est là qu'on a besoin d'un fournisseur qui tienne ses promesses, qui soit là depuis longtemps et pour longtemps, d'un conseiller qui vous écoute, qui vous comprenne, et qui trouve avec vous les solutions auxquelles personnes n'avait pensé. Celles qui vous vont bien parce qu'elles vous ressemblent et que le conseiller vous aide à trouver parce qu'il vous connaît.
... la succession
Pour que votre contrat d'assurance-vie ne se perde pas, vous pouvez en informer son bénéficiaire ou le déclarer par un acte notarié indiquant expressément le bénéficiaire… Mais sachez que si vous n'éparpillez pas vos avoirs et demandez à votre banquier de tenir vos placements, il s’occupera de votre succession et informera votre notaire et vos héritiers.
... le taux du prêt
Dans notre souci de tout simplifier, d'aller à l'essentiel, de caricaturer même, nous réduisons un crédit à son taux. Des banques d'ailleurs n'affichent plus que ça, et il faut de bonnes lunettes pour lire la durée... Faites-vous expliquer ce que couvre l'assurance, ce qui se passe si vous avez un pépin et ne pouvez plus rembourser, si vous voulez un jour modifier le montant de votre mensualité... Bref, assurez-vous que demain, dans 5 ans ou dans 10 ans, vous pourrez vous adresser à quelqu'un d'autre qu'à un contrat dûment signé et paraphé....
... la bourse
Il faut bien sûr y avancer avec la prudence du sioux. Tous les spécialistes vous diront qu'il n'y a pas meilleur placement à moyen et long terme, et ils vous le prouveront... Mais vous rencontrerez aussi des investisseurs malheureux non démunis d'arguments! Donc, pour investir malin, et profiter du meilleur des marchés d'actions, il faut le faire progressivement et en diversifiant les supports. L'imagination des banques a été remarquable ces dernières années, et la gamme des placements, très large, permet de bien mesurer et maîtriser le risque.
... les créances
Le recouvrement des créances, pour tout commerçant ou professionnel, est une opération lourde en temps et souvent en conséquences financières. Le constat a été fait que les délais de paiement et les impayés constituaient pour les entreprises françaises un vrai handicap. Pourtant, le recours à l'affacturage était encore très marginal jusqu'à ces derniers mois. Il connaît aujourd'hui une forte progression (+20%) ce qui est normal au regard des avantages qu'il présente. Les petites entreprises y ont cependant difficilement accès et surtout, il ne couvre pas la totalité de leurs besoins. Voilà pourquoi, Pyrénées Gascogne a inventé CREANCES SERVICES qui permet de donner à sa banque le soin de recouvrer ses factures et d'en simplifier ainsi le recouvrement. Simple et utile, ce service est développé avec EUROFACTOR...