UNION BANCAIRE

Classé dans ACTUALITES et HUMEURS, BANQUE et FINANCES par sur 16 décembre 2012 0 Commentaire

Il a fallu une nuit de négociations comme la tradition Bruxelloise nous y a habitués, pour que les ministres des Finances des 27 arrivent ce 13 décembre à un accord sur la supervision unique des banques de la zone euro. Elle sera confiée à la BCE et effective à partir de mars 2014. Ainsi devraient être mises sous surveillance directe de la BCE les banques dont le bilan est supérieur à 30 milliards d’euros ou dépasse 20% du PIB de leur Pays, soit environ 200 établissements sur les 6.000 que compte l’Union. L’accord laissera hors champ les banques régionales comme le demandaient les Allemands, mais il sera possible à la BCE d’intervenir au cas par cas comme le souhaitaient les Français sur les plus petits établissements et de superviser la recapitalisation directe d’une banque en difficulté par les fonds de sauvetage européens.

Comme toujours on a entendu s’exprimer des déceptions sur le périmètre de la nouvelle réglementation et sur ses délais de mise en œuvre. C’est vrai que cet accord introduit une flexibilité qui n’est pas conforme au premier projet, que sa date d’application a été une nouvelle fois retardée, qu’il reste à établir l’indispensable mécanisme de gestion des crises et de renflouement, bref, que nous sommes encore loin d’une Union bancaire complète, comme nous sommes encore loin d’ailleurs d’une Union fédérale. Mais l’accord n’était pas si simple à trouver au regard des positions divergentes entre Pays mais aussi de sa complexité technique.

Reste que la crise de l’Euro est en train de «forger une nouvelle Europe, moins par choix que par nécessité» selon l’expression du rédacteur en chef de la BBC. Cet accord montre au reste du monde que les Européens ont pris les dispositions pour solidariser leur système bancaire et restaurer la confiance dans leurs banques. Il constitue, à ce titre, une avancée majeure dans le traitement de la crise de l’Euro. Il faut d’ailleurs noter que c’est comme toujours dans l’adversité que les choses avancent. S’il n’y avait pas eu le traitement désastreux de la situation Grecque, s’il n’y avait pas eu la pression de l’Espagne aux abois face à l’ébranlement de son système bancaire, les choses n’auraient jamais été aussi vite et n’auraient sans doute pas été du tout. Il faut donc faire contre mauvaise fortune bon cœur, et puisque la crise est là, savoir parfois lui reconnaître quelques vertus…

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