@VOLUTION

Classé dans ACTUALITES et HUMEURS, INNOVATIONS par sur 15 janvier 2011 4 Commentaires

L’actualité tunisienne place brutalement le Web au rang des amis de la démocratie. Son utilité est reconnue pour s’informer, se parler, se soutenir, confronter les idées, se compter aussi. Parmi les manifestations de cette utilité, saluons aussi les succès de nos amis de Babyloan.org, acteur de la solidarité transfrontière de personne à personne. Pourtant, nous continuons d’entretenir avec Internet et les nouveaux outils relationnels une relation compliquée. Il y a d’un coté le développement manifeste du numérique, l’explosion des applications «portables», de la fréquentation des medias sociaux, et d’un autre, la critique persistante de l’outil dans les médias, dans les cercles familiaux, dans les entreprises. Si bien que Le Web est encore souvent considéré comme un phénomène invasif, incontrôlable, à ranger parmi les produits diaboliques de la mondialisation, auquel nous n’avons d’autre choix que de nous soumettre, à contrecœur…

Une équipe de Pyrénées Gascogne présentait il y quelques jours les services que nous déployons dans notre banque coopérative. Les sites des agences (il y en a déjà 24), les sites professionnels (pas moins de 11), la présence sur FaceBook, et sur Twitter, et le site «Coup de cœur, Coup de gueule» où les clients s’expriment librement. Eh bien, ce n’est pas le formidable amplificateur à «courte distance» que constituent ces outils pour échanger en transparence entre résidents d’un même territoire qui est venu au cœur des questions, mais le risque. Le risque d’être critiqués, le risque d’être mis en cause pour usage d’image non autorisée, le risque de nous voir opposer certains écrits ou celui que notre image soit affectée par des commentaires irrespectueux. Le risque, le risque, le risque…

Cette vision du «risque-partout» met notre pays en marge du nouveau monde. A force de dire et répéter que «le web fait mal», nous écartons les jeunes talents soit de France, soit de l’innovation. A force de chercher des raisons de ne pas faire, de mettre des contraintes, nous choisissons la position de suiveurs au moment où partout, dans le monde, les grands acteurs prennent position. Si notre choix est de devenir un pays touristique qui accueillera les créateurs étrangers ou expatriés amoureux de belles pierres et de bonnes bouteilles, alors, organisons notre excellence dans ce domaine. Mais si tel n’est pas notre choix, dépêchons-nous de changer, car entre les deux options, nous laissons la place à la peur stérile de l’avenir, ce que certains nomment le déclin…

Vous me direz que parmi les nouvelles générations dominent des utilisateurs agiles des outils relationnels. Qu’ils ont appris à se servir du Web en s’en méfiant sans excès, un peu comme ils ont appris à traverser les rues. Qu’ils ont tourné une page et que pour eux, la peur du Web n’existe pas. Sans doute. Mais quand vient le jour où ils veulent eux-mêmes créer, innover, entreprendre, concrétiser un projet, ne se trouvent-ils pas confrontés à leur tour à cette barrière de la peur ? Ne doivent-ils pas affronter de multiples interdits et méfiances ? Et n’abordent-ils pas la concurrence internationale avec un handicap persistant ? Alors, n’est-il pas urgent, pour eux, pour nous, de faire enfin tomber ce mur ?

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Commentaires (4)

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  1. Tweets that mention @VOLUTION -- Topsy.com | 15 janvier 2011
  1. Wiem Waouma Ayadi dit :

    Sur F.B.
    tunisienne et fiere de l’être tout ira bien
    c’est une évolution de tout les maniéres

  2. André G. dit :

    sur FB
    Je me méfie de cette soudaine adhésion aux vertus devenues cardinales du Web! D’autant plus que l’un des griefs contre Ben Ali était sa restriction draconienne du web et maintenant on nous chante que c’est grâce à lui!!!

  3. Emmanuel P.Steph. dit :

    Sur F.B.
    Prendre la parole en public ou sa plume dans un journal sous une dictature est impliquant et facile à réprimer par le pouvoir. S’exprimer sur Facebook ou Twitter a permis aux tunisiens de tester progressivement le pouvoir et de propager lentement mais sûrement les plaintes et les abus.

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